135 personnes ont répondu à l’appel du groupe Yavuz Selim Collège Bosphore. C’est l’effectif qui a pu bénéficier, en ce jour, des dons que le groupe scolaire a distribués au nom de ses partenaires internationaux, avec l’appui de ses collaborateurs nationaux.

C’est un autre décor qui s’offre à Yavuz Selim collège Bosphore. En cette matinée de vendredi, ensoleillée, les écoliers, collégiens et lycéens qui occupent d’habitude la cour de récréation de l’établissement sont restés invisibles. A la place du brouhaha de voix habituel, une cérémonie d’envergure. Le collège a dispensé un enseignement d’une portée pédagogique différente. Une bâche a été érigée, pour l’occasion, à gauche de l’entrée principale, pour protéger les occupants, du soleil déjà tapant à cette heure de la matinée. Sous la tente, les chaises bien disposées qui font face au bâtiment sont occupées par des hommes et des femmes de tous âges. Ils patientent en silence pour le démarrage de l’activité à laquelle ils ont été convoqués.

135 personnes ont répondu. Bien installés sous la tente, elles font face à l’édifice à l’entrée duquel sont rangées des bassines remplies de denrées. Cette année, les dons sont des packs constitués de 5 kg de riz, 4 kg d’oignons, 5 kg de pâtes (macaronis) ou des vermicelles, 1 Kg de sucre, un pot de tomate et 1 litre d’huile. Les 135 personnes ont été sélectionnées à l’aide des autorités locales et religieuses pour bénéficier de la remise de dons organisée par «Merci Universel». Une association d’aide sociale qui, avec l’appui de donateurs turcs, du Sénégal et de la diaspora, fournit ces prestations en ce mois béni de ramadan pour soutenir les familles sénégalaises défavorisées «en vue de les accompagner dans la gestion de leur quotidien».

Une remise de dons symbolique a marqué le début de la cérémonie présidée par Mariama Sarr, Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Entreprenariat féminin. Lors de la cérémonie officielle, la ministre a rappelé que «Merci Universel» a magnifié cette action de solidarité par laquelle Yavuz Selim confirme de nouveau «le renforcement du partenariat entre la Turquie et le Sénégal qui date de très longtemps». Mariama Sarr a profité de cet instant pour résumer la situation des familles vivant dans la précarité et des efforts déployés par le gouvernement pour lutter contre ce phénomène. Les bourses de sécurité familiales, la couverture maladie universelle, la carte d’égalité des chances réservée aux personnes vivant avec un handicap, passent dans le listing. Ces programmes visent à assurer une protection sociale aux couches défavorisées. «Le président de la république a mis ces éléments à la disposition des populations pour les appuyer par rapport à la prise en charge des questions relatives à la protection sociale. C’est dans cette dynamique que la Turquie appuie le Sénégal et ceci date de très longtemps», a témoigné Mariama Sarr qui se dit certaine que «cette action de la Turquie envers les populations du Sénégal n’est pas la première et ne sera pas la dernière».

Ce genre de donation, prévu tout au long du mois de ramadan, sera perpétué à la fête de l’Aid El Kebir. «La tradition est biannuelle», a fait savoir Oguz Aslan, le président de l’association d’action sociale «Merci universel». Toujours selon son éclairage, il apparait que des distributions de « Ndogou » et de denrées alimentaires se font également dans les différents quartiers de Dakar. Ainsi, 1000 kits ont été déjà distribués, et 4000 Ndogou servis avec le partenariat de «Les marmites du cœur», organisation sénégalaise dans les œuvres caritatives en période de ramadan principalement.

Oguz Aslan, qui a fait une présentation sommaire du circuit de la collecte des partenaires internationaux, fait part de la volonté des bienfaiteurs d’œuvrer pour l’Afrique et le Sénégal particulièrement. «Nous-mêmes (le groupe Yavuz Sélim, Ndlr) nous les appelons tout le temps pour faire des actions sociales. Nous vivons ici, donc nous connaissons les réalités du pays. C’est pour ça que nous essayons d’attirer leur attention pour qu’ils fassent des actions en envoyant leurs aides», informe-t-il. Par ailleurs, le président de l’association d’action sociale «Merci Universel» explique le groupe Yavuz Selim ne joue qu’un rôle d’intermédiaire. «Nos donateurs ont confiance en nous. Nous faisons les achats au nom des donateurs, nous organisons par la suite en ciblant les bénéficiaires en collaboration avec les autorités locales et religieuses pour aider les populations vulnérables».

C’est en collaboration avec des partenaires internationaux tels que «Kimse Yok Mu» de la Turquie et «Time to Help» de l’Europe, nationaux comme le groupe Yavuz Selim qui a abrité la cérémonie, le ministère de la femme et de la famille, la Fondation Servir le Sénégal, entre autres, que ces journées de remise de don ont pu avoir lieu.

De l’impact du mouvement Gülen

Invités en Allemagne au mois de mai dernier, nous avons eu l’occasion en compagnie du ministre de la Femme de la république de Guinée Conakry et du conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale du Mali de dialoguer avec les bénévoles turcs du Mouvement Gülen sur l’impact de la solidarité qu’ils développent en direction des populations africaines bénéficiaires de ce concours.

A cette occasion, les organisateurs se sont frottés les mains pour avoir récolté plus de 6000 euros à l’issue de la manifestation qui avait fait courir tous les membres de la communauté Ehmed (le mouvement Gülen) et ceux qui avaient envie de vivre un bel après-midi d’été dans la petite ville de Paderborn. Le festival des langues avait encore été une belle occasion de rencontres et de retrouvailles entre les enfants venus de différents coins du monde et qui magnifiaient à l’occasion le sens des relations humaines et permettaient d’apprécier la beauté de la langue turque. La manifestation est dupliquée dans plusieurs autres villes du monde et est l’occasion de revivifier les liens d’une communauté.

Elle est l’occasion également de faire une collecte de fonds destinée à aider les plus démunis, notamment ceux habitant les pays d’Afrique et d’ailleurs. C’est ainsi qu’après le séisme qui a frappé le Népal, une aide d’urgence a été envoyée d’un montant d’un million de dollars, ce qui n’est pas une première car une partie des populations pakistanaises qui avaient été frappées d’un cataclysme, il y a quelques années, se sont retrouvées dans une cité toute neuve érigée par l’Ong turque « Time to Help » (A l’heure des secours). 3500 familles ont été ainsi relogées.

Au nombre de 3 500 000 âmes, ces bénévoles subliment inlassablement l’art du partage grâce aux enseignements tirés de l’Islam de leur guide Mohamed Faithullah Gülen. Au Sénégal, ils ont réhabilité des daaras, creusé des puits, distribué des habits. Des actions multiformes pour soulager l’autre. Les périodes du Ramadan notamment et de la fête du mouton sont l’occasion pour ces bons samaritains de multiplier les gestes charitable à l’endroit de leur prochain.