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Wade et les «fous»

Publié le 24 novembre 2014 par Pape Amadou Fall

Le Sénégal ne peut faire face au terrorisme. Aucun pays au monde n’a cette capacité. Les événements du 11 septembre aux Etats Unis le rappellent suffisamment. Le Sénégal ne peut qu’être dans une démarche préventive pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Il essaie de s’en donner les moyens avec l’appui de ses partenaires que sont la France et les Etats Unis en particulier. Les forces de sécurité sont au branle-bas de combat et rien n’est négligé pour éviter les frappes terroristes. C’est ainsi qu’il faut lire l’interdiction de manifester du gouverneur de Dakar, qui a été conforté par le président de la République. Au-delà du désir effréné du Parti Démocratique sénégalais et de ses alliés d’occuper la rue en drainant un million de braillards et de grognards désireux de signifier au nouveau régime leur mécontentement, il s’agit de ne laisser ouverte aucune fenêtre de tir pour les semeurs de troubles et notamment les terroristes.

La protection des 12 millions de sénégalais qui ne répondront pas à l’appel de l’ex président Abdoulaye Wade pour sa marche du 21 novembre 2014 en banlieue est plus importante que le désir d’un chef de parti opposant aigri, ancien président de la République, et chef de famille désabusé dont les tiers sont accusés ou soupçonnés d’avoir pillé les deniers de la République. Un homme qui n’est mû que par son désir de faire pression sur son successeur pour faire libérer son fils et, surtout, sauver le reste de sa famille de toutes poursuites judiciaires. Les Sénégalais ne sont pas dupes, ils connaissent les desseins de Abdoulaye Wade. Choisir la dernière décade du mois de novembre, à près d’une semaine de l’ouverture du Sommet de la Francophonie, pour faire une marche politique présentée comme « talatay nder », la fameuse et désespérée résistance, de pas être en phase avec la déclaration des Chefs d’Etat de la Francophonie en Suisse lors du sommet de Montreux en 2010. Abdoulaye Wade était à ce sommet en sa qualité de chef d’Etat du Sénégal. Il a été signataire de la déclaration contre le terrorisme. Abdoulaye Wade ne peut pas avoir oublié l’engagement du Sénégal qu’il a signé. A moins qu’il ne soit atteint de sénilité comme le disent certains observateurs. L’honnêteté aurait voulu que ses troupes le décillent sur l’incongruité d’un appel à l’organisation d’une marche en cette période de pré-sommet. Ceci est véritablement malvenu. Les contrecoups de cette manifestation pourraient être terribles pour le Sénégal. Malheureusement, Abdoulaye Wade la seule constante au PDS, même s’il mesure absolument les conséquences de son appel, va s’entêter à vouloir organiser cette marche, ce qui n’est guère raisonnable. Le gouverneur de Dakar a donc bien raison d’interdire toutes manifestations dans la région de Dakar du 10 novembre au 4 décembre. Cette mesure qualifiée d’anticonstitutionnelle doit-être comprise et acceptée au nom de l’intérêt supérieur de la nation et pour la protection des hôtes que Dakar va recevoir dans le cadre du Sommet de la Francophonie.
Le Sénégal ne vit pas en autarcie. Le Sénégal vit dans un monde globalisé. Un monde en pleine ébullition, sujet à toutes sortes de soubresauts et de manifestations qui génèrent des incertitudes. Il y a une face sombre du monde qui est une menace visible et très permanente, c’est le terrorisme. Aucun pays n’y échappe et chaque événement est aujourd’hui susceptible de devenir sanglant à cause des fous de toutes sortes qui sont mus par des idéaux souvent fort peu perceptibles par le commun des mortels. Les Chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage ont condamné le terrorisme depuis 2010 à Montreux, en Suisse, à l’occasion du 13ème Sommet de la Francophonie. C’est un combat sans relâche qui est lancé contre le terrorisme sous toutes ses formes, dans le respect du droit international.

La menace qui pèse sur le Sénégal est bien connue. Elle frappe à nos portes, si elle n’est pas en dormance à l’intérieur du pays. Les forces de sécurité sénégalaises sont en alerte permanente depuis quelques années. Depuis les événements survenus au Mali voire depuis plus longtemps au Sénégal, car au début des années 80 déjà, Le Sénégal était indexé comme étant un potentiel foyer de terroristes. La vigilance des forces de sécurité a jusqu’ici préservé le Sénégal d’une quelconque frappe des fous… de Dieu.

L’organisation du Sommet de la Francophonie est un moment de sublimation d’une communauté qui partage des idéaux et qui se retrouve tous les deux ans pour s’évaluer et fixer ses nouveaux enjeux. 77 délégations venant de différents coins du monde devraient être présentes à Dakar. Chacune d’elles est un enjeu sécuritaire. Chaque délégation est une menace potentielle car chaque pays a malheureusement ses fous et ceux-là ne connaissent pas les frontières.

En attendant, le Sénégal vit sous le joug d’un vieillard qui, depuis que son fils est entre les mains de la justice, cherche une kalachnikov pour rayer de la carte tous ceux qui ne sont pas en phase avec lui. Le gouverneur de Dakar doit être conforté et protégé pour son courage et sa clairvoyance. Avec ou sans la menace PDS, cette décision aurait été prise car « prudence est mère de sûreté ».

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