VASTE RASSEMBLEMENT ET CONSOLIDATION DE BBY : Macky brouille les lignes

La coalition Benno bokk yaakaar a, certes, de beaux jours devant elle. Mais personne ne sait ce que deviendra sa cohabitation avec le vaste rassemblement annoncé par Macky Sall.

Vivement que les jours s’écoulent et qu’arrivent le vaste rassemblement autour du camp présidentiel et la consolidation de la coalition Bennoo bokk yaakaar, comme l’a dit Macky Sall. Ainsi, on verra à quoi ressembleront politiquement ces deux entités annoncées par le président de la République, du haut de la tribune du 5è anniversaire de l’Alliance pour la République (Apr). Déjà, entre Benno bokk yaakaar (Bby) et Macky 2012, la tension et les querelles de voisinage troublent la tranquillité de Macky Sall. Certes, le patron de l’Apr a tracé les contours. Le futur cadre passe, annonce-t-il, par la mise en place d’une vaste politique de rassemblement qui implique toutes les forces sociales politiques et citoyennes, ainsi que toutes les personnalités qui ont en commun avec les apéristes les mêmes ambitions pour le Sénégal. Le meilleur se trouve dans ces propos : « J’ai toujours dit qu’il faut gagner ensemble et gouverner ensemble. Voilà un credo auquel je reste attaché. On ne peut gouverner sans un consensus fort, dans une République aux institutions fortes incarnées par des femmes et des hommes de valeur ». Belle confusion en perspective ! Mais en attendant, voyons ensemble, encore une fois, pourquoi Bby tiendra, au moins jusqu’à la Présidentielle.

La dislocation annoncée est plus qu’incertaine, voire utopique. Le Parti démocratique sénégalais (Pds), principal parti d’opposition, psalmodie les cantiques les plus maléfiques contre cette alliance. « Ça n’ira pas loin », « Ils ne pourront pas tenir», « Ils ne peuvent pas s’entendre ! ». Que n’a-t-on entendu au sujet de Bby ? Bientôt 21 mois depuis la chute de Wade, la coalition tient toujours. C’est très peu pour s’en glorifier. Mais, jusque-là, il n’y a aucun signe sérieux venant du seul maître à bord, Macky Sall, qui compromette l’affaire. Véritable tour en acier, cette coalition passe pour imprenable. Impossible de concasser les alliés. Non que les liens soient affectivement soudés entre les leaders ou les bases politiques, que l’amour soit platonique et qu’il y ait parfaite convergence de vues, mais parce que chaque composante y trouve son compte. Le premier à en être conscient est le chef de l’Etat, Macky Sall. Arrivé aux affaires par cette forte entente contre le pape du Sopi, Me Wade, Macky mesure bien les effets bénéfiques que lui procure cette tour. Le premier gagnant, c’est bien lui !
Engagé dans un vaste chantier, Macky préfère essuyer les critiques du Pds que d’avoir à répondre aux expérimentés comme l’Afp, le Ps, la Ld et le Pit.

A l’épreuve des
tensions sociales

Le « Yonu Yokkute » est prisonnier des seigneurs du marché. Impossible d’aller au-delà des barrières érigées par les commerçants. L’opposition, notamment les libéraux, s’en réjouit, mais a très peu de temps en raison de  la contraignante traque des biens mal acquis. Il y a la funeste perspective de l’insoluble équation des bacheliers non orientés et de l’augmentation des droits d’inscription aux universités. Qui peut prévoir de quoi l’année universitaire sera faite ? Personne, sans doute. Les alliés servis, Macky est sûr de se passer d’une opposition aguerrie et bien implantée sur le territoire national. Moustapha Niass est au perchoir, son parti a des députés et contrôle le Ministère du Commerce, l’Asepex. Le secrétaire général de l’Afp, plutôt contraint à être moins visible sur le terrain partisan, a la chance d’avoir El Hadj Malick Gakou. Démissionnaire du gouvernement, Gakou, libre, s’occupe en bon numéro 2 de la mobilisation de son parti. Même état d’esprit au Parti socialiste, l’autre grand allié de Bby.

Le Ps de Ousmane Tanor Dieng a deux ministres et des députés. Nombre de ses cadres sont placés dans des positions de privilège. Il en est ainsi de Mame Bounama Sall, Pca de la Sicap ; de Biram Ndeck Ndiaye, directeur du Centre régional des œuvres universitaires de l’université Gaston Berger de Saint-Louis. Tanor qui continue de sillonner le pays, a deux fers au feu. Serigne Mbaye Thiam, le ministre de l’Education et Aminata Mbengue Ndiaye, la ministre de l’Elevage, sont deux poulains du secrétaire général du Ps. Ils sont en train de se faire une nouvelle santé politique. En attendant l’inévitable bagarre pour la succession. Serigne Mbaye Thiam en est tellement conscient qu’il s’est gardé d’affronter les assauts apéristes conduits par Youssou Touré et Amet Suzanne Camara. Invité à une cérémonie à un établissement scolaire de Grand-Yoff, Thiam a refusé de répondre aux questions des journalistes, relatives à des attaques de Touré et Camara. Il a l’esprit ailleurs. Et les agressions de ses deux responsables de l’Apr ne valent pas qu’il ruine son agenda. Et la gauche dans tout cela ?  Aussi bien le Parti de l’indépendance et du travail (Pit) que la Ligue démocratique (Ld) tirent une bonne affaire de Bby. Même si le professeur Abdoulaye Bathily, aujourd’hui fonctionnaire de l’Onu, n’est pas encore remplacé de son poste de ministre d’Etat par un cacique de son parti, il reste que la Ld et le Pit sont dans une situation apte à consolider leurs formations politiques. Avec leurs ministres et leurs députés, le Pit et la Ld retrouvent une autre jeunesse.

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