Un secteur minier en expansion - LA DECHE DANS LES ZONES D’EXPLOITATION

Une expansion remarquable du secteur minier explique aujourd’hui la mobilisation importante de capitaux dans la recherche et l’exploitation semi industrielle et industrielle dans les régions de Kédougou et Tambacounda. Malgré le dynamisme de ce secteur, on note encore une timide prise en charge de la demande sociale dans les zones d’exploitation.

Dans les régions de Kédougou et Tambacounda, les populations autochtones souffrent de l’insuffisance des services sociaux de base, comme l’éducation, la santé, l’emploi, l’eau potable et l’électricité. Un casse-tête que dénoncent les élus de la zone minière de Kédougou, de concert avec lumière Oxfam et Safefod (Société africaine d’éducation et de formation pour le développement). Un vrai casse-tête pour les élus confrontés à l’insuffisance des revenus au sein de la population, à la faible prise en charge des besoins des femmes en termes d’équipements pour l’allègement des travaux, entre autres difficultés. C’est ce qui est ressorti de la journée de lancement du projet de promotion de la collecte et de la gestion transparente des budgets des collectivités locales de la région minière de Kédougou initié par l’ONG La Lumière et Safefod qui viennent de bénéficier du soutien d’Oxfam.

Il est question, dans ces collectivités locales, de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, la lutte contre l’analphabétisme, l’ignorance et la sous-information des populations. Les élus ont aussi mis en lumière la faiblesse des productions agricoles très peu diversifiées malgré l’importance des potentialités et des ressources de leurs terroirs. Ils ont souligné également l’avancée du front minier entraînant une réduction drastique des surfaces cultivables et, enfin, l’enclavement encore très important qui limite la mise en valeur des ressources et potentialités variées.

Pour le secrétaire exécutif de La Lumière, Ibrahima Sory Diallo, « tout ceci se déroule dans un environnement marqué par la faiblesse des capacités techniques et financières des collectivités locales et leurs difficultés de mobilisation des fonds, entravant du coup la bonne exécution des lignes d’actions identifiées dans les documents locaux de planification ».

Un patrimoine géologique enviable

La région de Kédougou recèle un énorme potentiel minier localisé essentiellement dans le socle ancien qui couvre environ 31.000 km2. Les différentes réserves de minerais sont estimées à près de 800 millions de tonnes pour le fer de bonne qualité, 50 tonnes pour l’or à Sabodala, et pour le marbre 348 545 tonnes prouvées et 1 million 67 148 tonnes estimées à Ibel, Ndébou et Bandafassi. Alors que certaines de ces importantes ressources minières sont en cours d’exploitation, les travaux de prospection minière et de cartographie géologique effectués ont permis de mettre en évidence différents indices de minerais métalliques et non métalliques suivants : nickel, platine, chrome, argent, étain, diamant, cuivre, uranium, manganèse, phosphates, wolfram, colombite, tantale, molybdénite, argiles industrielles, barytine, pierres ornementales et des matériaux de construction. Par ailleurs, des gisements de fer ont été découverts en 1933 et les études approfondies réalisées à partir de 1974 ont révélé que les 3 principaux massifs de Koudékourou, Kouroudiako et Kharakhèné sont économiquement rentables. Le marbre qui est disponible à ciel ouvert dans le département de Kédougou, est réparti en 3 gisements celui d’Ibel, de Bandafassi et de Ndébou. A ce niveau, six variétés de marbre de haute qualité ornementale ont pu être identifiées. Enfin, le sous-sol aurifère du Sénégal oriental couvre la zone qui va de Mako au Nord, à Toubacouta au sud, Tiaramalé à l’Ouest jusqu’au pays Bassari à l’Est. Par ailleurs, toutes les terrasses attenantes à la Falémé sont aurifères, ainsi que presque tous les cours d’eau. L’or alluvionnaire a toujours été exploité artisanalement par les populations autochtones. Cette activité occupe plus de 200 000 personnes et offre une production annuelle au moins égale à 500 kg. La présence de cet or a été confirmée par les études analytiques suite aux nombreuses recherches et prospections dont les estimations sont les suivantes : 20 tonnes pour les terrasses, 10 tonnes pour les affluents, avec une teneur gravière moyenne de 229 gr/km3. Ces données ont encouragé de
nombreuses autres recherches, lesquelles sont abouti à la découverte de plusieurs autres sites aurifères filoniens que sont Sabodala, Massawa et Kérékounda. Le secteur minier connaît aujourd’hui une expansion remarquable par la mobilisation importante de capitaux dans la recherche et l’exploitation semi-industrielle et industrielle dans les régions de
Kédougou et Tambacounda. Ces efforts sont marqués par la présence d’un certain nombre de multinationales et de compagnies et/ou sociétés juniors sénégalaises. Malgré le dynamisme de ce secteur, on note encore une timide prise en charge de la demande sociale dans les zones
d’exploitation.

Sidy diallo

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