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Tournée économique dans la vallée de Macky Sall : Dures doléances, Belles promesses

Publié le 21 novembre 2014 par Pape Mayoro Mamadou NDIAYE

Le président Macky Sall tient au Programme d’autosuffisance en riz à l’horizon 2017. Pour s’enquérir de l’état de la production, il a effectué une visite de terrain dans les zones de productions des régions de Saint Louis, de Matam et de Tambacounda. Au rythme de l’optimisme, des écueils et des promesses.

inq jours durant, le président Macky Sall a effectué une tournée économique à vocation agricole, dans les régions de Saint-Louis, Matam et Tambacounda, zones bénéficiaires du Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) à l’horizon 2017. La visite, au pas de course, a permis au chef de l’Etat de sonder le grenier du Sénégal. Il a jaugé l’état de production, sous l’œil des techniciens et des exploitants rizicoles.
Les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal ont profité de sa présence pour égrener les écueils susceptibles de plomber l’ambition d’autosuffisance alimentaire en riz. Il s’agit des difficultés d’accès au financement, de l’augmentation et de la mise en valeur des superficies aménagées, du manque de débouchés pour la commercialisation du riz, du manque de magasins de stockage, de l’absence de pistes de production, de la prolifération des oiseaux granivores, du manque et de la cherté du matériel agricole et des produits phytosanitaires, etc. A cela s’ajoutent les problèmes de drainage, de la subvention des intrants, de la fourniture de semences certifiées, sans compter le coût élevé des intrants et la cherté de l’électricité de pompage. Rien de nouveau, ces contraintes ont été soumises au ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck, il y a de cela six mois.

BOUNDOUM SOUS LA MENACE DE LA TYPHA, DE LA SALINITE…

Dans le Boundoum, département de Dagana, où le Président Sall a visité une exploitation rizicole de 32.000 hectares, au deuxième jour de sa tournée économique, plusieurs défis doivent être relevés pour permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance en riz. «Les défis sont de poursuivre les efforts dans les semences et les intrants, mais aussi de trouver des réponses à la problématique de la prolifération de végétaux aquatiques, la typha en particulier», a soutenu Ndiawar Diop, président de l’Union du Boundoum. Il a ajouté que le problème du système d’aménagement se pose également, de même que la salinité du sol. «C’est une zone extrêmement riche, mais la salinité est un obstacle», informe Cheikh Tidiane Sène, directeur du projet d’irrigation de Mca. Ndiawar Diop, un des grands exploitants rizicoles du Walo, soulève le problème de la commercialisation, qui est «la locomotive du secteur». Il ajoute qu’il faut que les commerçants achètent des rizeries qui font de la qualité pour promouvoir le riz de qualité. A Matam, on retrouve les mêmes doléances, Macky Sall invite à un retour à la culture du riz. L’Etat a promis les moyens nécessaires pour qu’à partir de 2017, le Sénégal n’importe plus de riz.

BAKEL, LE NAIN EN INFRASTRUCTURES AGRICOLES

Contrairement aux régions de Saint-Louis et de Matam, Bakel n’est pas au rendez-vous de l’autosuffisance en riz. Alors que son potentiel agricole est énorme, Bakel souffre du déficit d’aménagement. Lors du forum présidé par Macky Sall, ils ont listé les difficultés du département dans la culture de la riziculture. Kader Tandia, président de la Fédération des producteurs de Bakel, énumère leurs préoccupations qui portent essentiellement «sur l’accès des femmes à la terre, le coût élevé de l’électricité, lié au mode de facturation de la Senelec, la prime fixe, l’exonération de la Tva, l’application de tarifs préférentiels». Les producteurs bakellois ont déploré la vétusté de leurs installations comparées à celles des régions de Saint-Louis et de Matam, La «mauvaise qualité» des aménagements agricoles, un fait qu’a reconnu le président de la République dans son speech. Il constate que Bakel était le moins doté en infrastructures dans la Vallée du fleuve. Il déplore : «Bakel n’a pas été au centre des priorités. C’est le département le moins fourni en aménagement, en équipement et en infrastructures. Mais des mesures urgentes seront prises à partir de 2015 pour que Bakel soit au rendez-vous de l’autosuffisance en riz».

CHAPELET DE PROMESSES

Certes, plusieurs défis doivent être relevés pour permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance en riz, mais le président de la République demeure résolument optimiste. Il est convaincu que le Sénégal est dans une dynamique qui lui permettra d’assurer son autosuffisance en riz, en 2017. «Je suis rassuré que cette autosuffisance fixée par l’Etat du Sénégal de réaliser une production de 1.600.000 tonnes de riz paddy, en 2017 peut être bel et bien atteinte», a-t-il rassuré. C’est possible. La volonté politique existe, quid des terres cultivables, de l’eau et des ressources humaines de qualité ? Les producteurs sont dynamiques, déterminés et prêts à travailler. Macky Sall : «Je suis convaincu que le riz cultivé au Sénégal pourrait non seulement aider à atteindre l’autosuffisance, mais même faire l’objet d’une exportation, si on y met les moyens. Il suffit d’exploiter toutes ces potentialités, pour changer la physionomie agricole de notre pays».

Pour y parvenir, le président Sall a promis de doter la filière rizicole des moyens nécessaires pour qu’à partir de 2017, le Sénégal n’importe plus un kilogramme de riz. Les problèmes d’aménagement et de mécanisation font l’objet d’une attention particulière. «La mécanisation sera augmentée. Nous avons fait une commande de plus de 1.000 tracteurs qui seront subventionnés», a indiqué Macky Sall. Parlant du problème de l’électricité, il a déclaré dans le même sillage, qu’il va demander à la Senelec de lever la prime fixe. Pour une meilleure promotion du consommer local, le chef de l’Etat a demandé une suspension de la Tva sur le riz pour accompagner le développement de cette filière. Le président Macky Sall s’est dit convaincu que le riz produit dans la VFS (Vallée du fleuve Sénégal) est de meilleure qualité. C’est pourquoi il a ainsi déclaré que l’Etat va aider les producteurs de riz à écouler leurs récoltes à travers la mise en place d’un système de régulation en amont. «Il y aura une régulation en amont sur l’importation. C’est anormal de laisser l’importation de riz de moindre qualité rconcurrence la production locale. L’usinage du riz local se fait correctement, l’emballage aussi». Sur l’accès au crédit agricole des producteurs qui constitue un obstacle à l’atteinte de l’autosuffisance en riz, le Président Macky Sall a soutenu qu’il sera en première ligne avec les opérateurs qui ont été désignées par l’Etat. Il a également annoncé l’octroi de semences certifiées aux producteurs qui, de son avis, donnent plus de rendements, en reconstituant régulièrement le capital semencier, ainsi que l’augmentation et de la mise en valeur des superficies aménagées.

PROBLEMES D’ACCES AUX TERRES POUR LES FEMMES

Dans les départements de Dagana et de Bakel, les femmes ont particulièrement insisté pour avoir accès à la terre. «Il y a quatre groupements de femmes au niveau de cette cuvette. Ce qui prouve que nous nous sommes engagées à accompagner le Pnar. Mais, nous avons un obstacle majeur lié à l’accès à la terre», a dénoncé Sokhna Mbodj, une grande productrice du Boundoum. «Des hommes, dit-elle, détiennent des terres, alors qu’ils ne produisent pas. Les femmes productrices sont obligées d’aller louer ces terres à raison de 30 000 F CFA l’hectare». Le chef de l’Etat a estimé que leurs doléances sur l’accès à la terre sont justes. «Il n’y a pas de raison que les femmes n’aient pas accès à la terre. Les femmes doivent disposer de leur part. La question sera prise en charge par la réforme foncière», a promis le président Sall à Bakel. A suivre.

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