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Tabaski-calvaire

Publié le 17 octobre 2014 par Pape Amadou Fall

a Tabaski n’est pas une fête au Sénégal. C’est un calvaire que vivent les pères de famille pour perpétuer le geste du prophète Abraham à un coût économique et financier tel, que des interrogations fusent à propos de la manière de célébrer l’événement dans notre pays. On dépense sans compter, au dessus des possibilités de la classe moyenne. Le coût pour l’économie nationale est terrible car la célébration est étalée sur deux ou trois jours aux frais de la princesse. Chômés et payés. Une mauvaise pratique que personne ne sanctionne. Un laxisme coupable de la part des autorités.

Célébrer la fête du mouton n’est pas une obligation. Le Coran, livre de référence des croyants musulmans, est sans ambigüité à ce propos. Tout musulman qui n’en a pas les moyens est exempté de sacrifier un mouton et il s’ensuit une litanie de recommandations. En tout état de cause, Dieu n’impose à personne de faire ce qui est au dessus de ses possibilités. L’Aïd el-Kebir est l’une des fêtes les plus importantes de l’Islam. La fête du sacrifice marque chaque année, en effet, la fin du pèlerinage à la Mecque. Elle a lieu après la station sur le Mont Arafat. Une indication très claire, sans ambigüité, qui devrait permettre à tous les musulmans de célébrer la Tabaski sans aucun doute.

Ce ne sera pas le cas cette année encore au Sénégal. La Tabaski sera fêtée dans la division. Et l’économie sénégalaise va en souffrir. La fixation de la date de la célébration devrait être faite par le ministère de l’Intérieur. Tout comme pour la Korité, d’ailleurs. On ne peut laisser un pays otage de la volonté de groupes d’individus. Un modus vivendi doit être trouvé pour l’intérêt supérieur de la Nation. Des autorités religieuses sous la houlette du Khalife général des mourides ont déjà donné le ton en se concertant pour que Tabaski ou Korité soit célébrée dans l’union des cœurs. Il faut que l’Etat les accompagne davantage car, au-delà de leur bonne entente qui lifte l’image d’une société en phase, il s’agit également d’éviter de mettre à mal l’économie nationale. La liberté de culte est sacrée au Sénégal et c’est tant mieux ; mais que chacun soit conscient aussi qu’en pratiquant, il a des devoirs à respecter.
Seuls les musulmans ont des problèmes à ce niveau. Ils doivent se recentrer pour ne pas être stigmatisés comme étant les fossoyeurs de l’économie nationale. Les ruptures attendues vont également dans cette dynamique-là. Notre volonté de changer participera à créer un nouvel environnement pour notre économie nationale.

C’est cela qui nous permettra de viser un objectif de croissance à 2 chiffres. Ceci n’est pas une utopie. Les peuples ne font la différence que grâce à leur détermination et à leur constance. Après avoir réussi deux alternances politiques, les Sénégalais doivent résolument s’engager vers l’Alternance économique. Ce sont de nouveaux choix de société : se mettre résolument au travail, arrêter les compromissions, éviter les gaspillages. Le développement a un coût, il faut le payer. C’est le prix de la sueur et de la bonne gouvernance.

La Banque Mondiale, au sortir de sa dernière revue, a accordé son satisfecit au Sénégal en indiquant que le Plan Sénégal Emergent est porteur. Cette lecture est un réconfort dans la grisaille que vit un pays dont le taux de croissance va tourner autour de 4,5%. Un indicateur que les économistes doivent davantage décortiquer en mettant l’accent sur les pesanteurs, afin que chacun comprenne sa part de responsabilité. De nos mauvais choix au plan politique à l’inertie d’un peuple qui n’a pas le culte du travail.

Demain, les peuples de la CEDEAO vont vivre à l’heure de la monnaie communautaire. Cet outil ne sera pas une panacée. Seuls ceux qui travaillent feront des avancées leur permettant de goûter à l’émergence ou d’atteindre le développement. Il est temps que nous nous y préparions, pour ne pas faire partie des derniers wagons de la locomotive. Notre sort est entre nos mains. Il nous faut le comprendre car personne ne viendra nous le dire.

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