Sommet de la francophonie : Place de la culture dans le développement

Les acteurs culturels veulent un changement de paradigmes. Que la culture devienne une donne plus importante dans les stratégies de développement. Le ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye, souhaite mettre en place une Task Force qui réunira en son sein les anciens ministres de la Culture du Sénégal.

e rendez-vous culturel de Dakar, organisé en prélude au Sommet de la Francophonie a été l’occasion pour l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) de permettre un échange sur les atouts et les obstacles liés à l’intégration de la Culture dans les stratégies de développement, ainsi que la mise en œuvre des programmes qui lui sont dédiés. Le renforcement de la place et du rôle de la Culture dans les stratégies de développement a été particulièrement débattu ainsi que les partenariats pour le financement du volet culturel des stratégies nationales de croissance et de développement durable.
Pour Mbagnick Ndiaye le ministre de la Culture du Sénégal «La culture apparaît comme un secteur rentable et productif. Et il faut arriver à en faire un facteur de développement et d’épanouissement, dans ce monde en pleine mutation ». Les planificateurs du ministère de l’Economie et des Finances, eux, font la sourde oreille car la part allouée au budget de la Culture est incongrue. Elle n’atteint pas 1% du budget national.

« Assez parlé, il faut agir »`

Un constat affligeant qui a amené les acteurs culturels sénégalais à lancer un cri d’alarme : « Assez parlé, il faut agir ! » La politique culturelle est décriée depuis le départ de Léopold Sédar Senghor, le président poète, du pouvoir en 1981. Entre ajustement structurel et situation de crise, l’instabilité a été quasi permanente au ministère de la Culture, notamment sous l’ère des libéraux de 2000 à 2012 avec une valse de ministres qui ne permettait même pas de travailler sur le court terme, d’où une démarche très approximative dans la gestion de la chose culturelle. Et cela n’est pas seulement au niveau des cabinets, mais également des structures notamment au théâtre Daniel Sorano, au Grand théâtre ou à la direction des Arts. Chaque ministre vient avec ses hommes, bousculant ainsi les approches. Cette vision saccadée ne plaide évidemment pas pour une reconnaissance de la Culture au cœur des stratégies de développement.

Le bouillonnement culturel au Sénégal est une réalité avec des acteurs qui ont acquis une notoriété au plan international, mais qui bénéficient peu d’un accompagnement au plan interne, parce que le financement de la culture est un véritable casse-tête. Sans des partenaires tels que l’Union Européenne, l’Unesco ou autres, des manifestations d’envergure telles que le festival de jazz de Saint Louis, la biennale de Dakar qui sont des vitrines pour le Sénégal ne se tiendraient pas. Une entreprise culturelle telle que « Prince Arts » que dirige Ngoné Ndour Kouyaté n’a jamais bénéficié d’un soutien de l’Etat, selon la productrice alors que Youssou Ndour venu témoigner lors du panel consacré au thème « comment faciliter le financement du secteur culturel et renforcer les capacités des acteurs publics et privés » a mis l’accent sur la nécessité d’être entreprenant pour réussir. Chanteur et entrepreneur reconnu, il ambitionne de développer davantage sa société.

La rencontre de haut niveau de Dakar a été l’occasion d’une invite à un changement de paradigmes. L’ex-Premier ministre Mamadou Lamine Loum qui a modéré le panel consacré à «comment faciliter le financement du secteur culturel et renforcer les capacités des acteurs publics et privés », avec les interventions de Véra Songwé la directrice des opérations de la Banque Mondiale au Sénégal, de Youma Fall directrice de la diversité et du développement culturel à l’OIF et de Guiermo Alonso Cano de l’Unesco a relevé la nécessité pour les pays francophones africains d’avoir une planification qui tienne compte de la culture, car elle habite tous les secteurs de la vie.
La plupart des pays africains, dont le Sénégal, consacrent peu de ressources à la culture. L’empreinte du poète Léopold Sédar Senghor premier président de la République du Sénégal a été balayée par les réalités socio-économiques d’un pays pauvre. La culture représente moins d’1% dans le budget du Sénégal. Une situation que les acteurs culturels ne cessent de dénoncer. Le ministre de la Culture Mbagnick Ndiaye qui a clôturé les débats de la rencontre de haut niveau consacré à « la Culture dans les stratégies nationales de développement: expériences et perspectives » veut dupliquer l’expérience qui a réuni plusieurs experts venus des pays partageant la langue française au plan local. C’est ainsi qu’il a adressé une invitation à ses prédécesseurs les ministres Abdoulaye Elimane Kane et Serigne Modou Bousso Lèye à participer à la mise en place d’un task force qui va réfléchir sur Culture et Développement.

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