Situation 2014 et les perspectives 2015 : Des pistes pour l’émergence

23 000 emplois directs rien que dans le projet de parc industriel de Diamniadio. Et c’est parti pour que le PSE réponde aux promesses de campagne du candidat Macky Sall. Celui-ci a appelé le gouvernement à accélérer la mise en œuvre des projets du PSE, après la période test en 2014. Mais il faudra aussi l’engagement de tous les acteurs, comme y appelle Pierre Ndiaye, le DG de la DPPE (voir par ailleurs). 2015 démarrant donc sur les chapeaux de roues, avec un PIB projeté à 5,4%, il y a de quoi se réjouir. Si et seulement si…

D’un côté, il s’est agi de saluer le retour de la croissance. Puisque « pour la première fois depuis 2005, le Sénégal a atteint un taux de croissance du PIB de 4,5% » (discours de Nouvel An du Chef de l’Etat). Et les experts du MEFP l’ont montré en pointant chacun des trois secteurs, soutenus par les grands travaux au démarrage du PSE : parachèvement de l’aéroport international Blaise Diagne de Diasse (AIBD), de l’autoroute à péage, du Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), etc. malgré le retard de l’hivernage qui s’est révélé moins catastrophique que prévu. Pour dire, d’autre part, que le défi reste centré sur le renouveau urbain, l’habitat et l’énergie, le programme ambitieux incluant également le prolongement de l’autoroute vers Thiès et Diasse, puis vers Touba et ses multiples interconnexions (Dahra-Linguère-Matam et Kaél- Kaolack-Tamba).

Certes, la croissance du secteur primaire (l’agriculture, élevage et pêche) s’était ralentie de 0,8 % du fait de la situation pluviométrique, l’optimisme n’étant revenu qu’au mois de septembre, selon les experts qui saluent le bon comportement des cultures céréalières et de l’horticulture moins tributaire des pluies. D’où la question lancinante de la maîtrise de l’eau, tel que l’ont déploré les collègues de Malamine Camara, le coordonnateur de l’Unité de suivi des politiques économiques. Ils en concluent sur l’importance d’accélérer les programmes déterminants du PSE qui entend faire de l’agriculture le moteur de la croissance. L’élevage aura connu une progression limitée de 1,1 % et la pêche un essor de seulement 1,5 % du fait de « difficultés tenant à la raréfaction de la ressource ».

Le BTP, les matériaux de construction dopent l’industrie

Le secteur secondaire (Industries) a bien tenu en 2014, tiré par le bâtiment et les travaux publics (BTP) et devrait poursuivre son essor. Surtout après l’écoulement des stocks de sucre au niveau de la CSS, après les quotas importés indument en 2013. L’économie a également profité de la reprise de l’activité au Mali. Avec la recapitalisation des ICS, les industries chimiques ont également le vent en poupe pour un retour au niveau optimal de production, notamment d’acide phosphorique. Un repli a été constaté dans les industries extractives à cause de pannes techniques et d’une baisse de la production d’or qui a souffert des cours mondiaux défavorables. En tout état de cause, le Sénégal compte davantage en 2015 sur la bonne tenue des sous-secteurs tels que l’énergie, la construction impactant positivement celui des matériaux comme le ciment, et l’alimentaire (viande et poisson). Une relance est également attendue dans les huileries, les conserveries, la chimie et l’industrie céréalière.
Le dynamisme du secteur tertiaire (Services) devra également se maintenir à une hausse de 5% attendue, selon le MEFP qui cible les services financiers (accès au crédit), les postes et télécommunications (téléphonie et Internet mobile) et le tourisme qui devrait repartir après le marasme dû à la menace Ebola et à la situation délétère consécutive à la faillite de la Compagnie Air Sénégal international.

Rationalisation et stabilité macroéconomique

En 2015, l’inflation sera maîtrisée. La norme UEMOA étant de 3%, le Sénégal se projette d’un léger mieux, compte tenu de l’impact de la réforme des loyers et d’une baisse de 10 % des prix. La politique budgétaire sera renforcée, d’importantes recettes étant attendues de la poursuite de la présente modernisation de l’administration fiscale, alliée à la rationalisation des dépenses publiques par la maîtrise des dépenses de fonctionnement en faveur des dépenses d’investissement. « Le Sénégal n’a jamais été pris à défaut de paiement de sa dette », soutiennent les experts. Néanmoins, l’encours de la dette est passé de 46,7 % en 2013 à 49,3 %, en regard du plafond communautaire qui est de 70 % di Pib. Avec le démarrage effectif du PSE, l’objectif est de ramener le déficit budgétaire pour être beaucoup plus en phase avec la stabilité macroéconomique. Le déficit courant est encore à 9,6%, soit un léger mieux par rapport à 2013, grâce à une amélioration de la balance commerciale. En se basant sur le renforcement des transferts privés, la signature d’un accord avec les Indonésiens pour la relance des Ics, les premiers résultats du PNAR, ainsi que les découvertes récentes de gisements pétroliers Offshore, en 2015 les perspectives s’annoncent plutôt bonnes. En tout état de cause, le PIB réel est projeté à 5,4 %..

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