Sénégal qualifié à la Can 2015 en Guinée Equatoriale : Retour au pays du fiasco

Bien heureux le Sénégal qui retourne en Guinée Equatoriale pour affronter les démons de 2012. Le destin poussera-t-il jusqu’à ramener le Sénégal à Bata où il fut humilié ? Le remplaçant du Maroc offre aux Lions, éliminés en Afrique du Sud 2013, une opportunité de se refaire un statut de grand d’Afrique.

oup de chance ou ironie de l’histoire. Le Sénégal a l’occasion de reprendre le courant de son histoire en Coupe d’Afrique, en Guinée Equatoriale. Traumatisés à Bata, les Lions reviennent sur les lieux du drame footballistique sénégalais : trois matches, trois défaites, zéro point et 15e africain pour le grand favori Sénégal, la chute fut brutale. L’échec emporte le coach Amara Traoré et quelques cadres dont Omar Daff, Souleymane Diawara, Guirane Ndao, Mamadou Niang, Souleymane Camara. Pour un retour en Afrique, le Sénégal devra conjurer les vieux démons de l’Afrique centrale. La Guinée Equatoriale, théâtre de la grosse désillusion du Sénégal en 2012, sera-t-elle une scène d’extase en 2015 ? Le tirage au sort de la Can 2015, prévu ce 6 décembre à Malabo édifiera. Trois ans après le fiasco de Bata, les Lions ont retenu les leçons. Ils ont appris de leur prétention et de leurs échecs successifs 2012 et 2013. Et la révolte du public de Dakar en octobre 2012 a donné un coup de pouce au vrai changement. La suspension du stade Léopold Sédar Senghor a formé et forgé la carapace des Lions. L’esprit a évolué après le trauma 2012. Mais des rescapés de Bata émargent encore chez les Lions, Moussa Sow, Papiss Cissé … Bouna Coundoul. Le gardien bande déjà les muscles et se met inutilement la pression avec cette déclaration surfaite. D’emblée, il établit la ligne de démarcation. Il rapporte un esprit différent de 2012 et étale ses certitudes. «Nous serons très différents de l’équipe de 2012». Soit, mais le chemin est encore long. Le passé récent l’a démontré. Parti en fanfare au début des éliminatoires de «Maroc 2015», les Lions ont pris un sacré coup d’égo en octobre, dans la double confrontation avec la Tunisie. Contraint au nul à Dakar (0-0) et défait (1-0) à Monastir, le Sénégal surfe sur le vent du changement avec le déménagement de la Can en Guinée Equatoriale et arrache la qualification au Caire devant les Pharaons.

Revoir les faiblesses de l’équipe : Si le Botswana a servi de revue de troupe des Lions. Alain Giresse, le sélectionneur national a aussi une motivation pour brandir le trophée africain. Ses ambitions se décuplent. Il a bétonné sa défense. Mais pour atteindre son objectif de départ : « faire gagner le Sénégal », il lui faut consolider son attaque, sa principale faiblesse. C’est seulement ainsi qu’il pourra mettre à jour son résultat de 2012. En 2012, il a connu meilleur destin que le Sénégal, arrivé 3e avec le Mali quand les Lions sombraient à Bata contre toutes attentes. En janvier 2013, il prend les commandes du Sénégal. Rate la Coupe du Monde faute de terrain aux normes internationales au Sénégal. Giresse et son équipe ont bourlingué entre Conakry, Casablanca, pour une qualification mais trébuche sur la dernière marche devant la Côte d’Ivoire. Mais sur les terres marocaines, l’équipe se construit un mental et se forge un caractère. Au Maroc nait en novembre 2013, une équipe conquérante et pas froid aux yeux.En septembre 2014, Dakar se réconcilie avec ses Lions. L’Egypte sert d’entrée copieuse aux Lions à Dakar. Entre ces deux rendez-vous egyptiens, le Sénégal a revu son image. Il a passé un octobre mitigé et s’est fait peur à Monastir. Les Lions cèdent la première place à la Tunisie, vainqueur des Lions à Monastir (1-0). Mais le Caire illumine la marche des Lions vers la Can 2015. Le Maroc s’éloigne sur une note d’espoir. Guinée Equatoriale 2015 fermera-t-il la page des déceptions à répétions des Lions. La génération 2012, conçue à Londres avec les Olympiques, la base de l’équipe a un coup à jouer.

Pour succéder à la Génération de 2000, le Sénégal doit prendre les devants sur le plan logistique et des moyens. Certes, le contrat de l’entraîneur ne souffre d’aucune fioriture, mais la question des primes doit être réglée avant janvier. Matar Bâ, ministre des Sports, a donné des assurances. Il a promis le paiement des adjoints, une meilleure prise en charge de l’Equipe. Il enchaîne dans les colonnes du journal sportif Stades : «On a un environnement qui nous permet de nous surpasser. Nous allons mobiliser les moyens et créer les conditions de compétitions. Nous irons en Coupe d’Afrique sachant qu’il ya possibilité d’avoir quelque chose là-bas».Eviter les erreurs de Bata doit être le crEdo dans la Tanière. Giresse doit gagner le défi de l’unité. Equilibrer son équipe, mettre les hommes qui remplissent les critères de performance. Mais, le premier pallier du succès, c’est de taire ce vent de contestation sur lequel a soufflé Issa Cissokho et Demba Bâ. Ils ont remis en cause les choix de Giresse et sa communication. Ainsi seulement, le destin accorderait une seconde chance au Sénégal. Va pour une nouvelle histoire équato-guinéenne.

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