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Semaine économique : Monde : 805 millions de personne ont faim

Publié le 17 novembre 2014 par Fara SAMB

La conjoncture économique est morose. Autant au niveau international avec la publication du rapport de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) faisant l’état de la persistance de la faim sévère dans le monde à un an du terme des OMD, qu’à l’échelon national où Ebola est venu aggraver le marasme dans le secteur touristique.

ntitulé « le défi de la faim déguisée », à savoir un focus sur la qualité de l’alimentation, l’index de la faim dans le monde présente la particularité en 2014 de se pencher particulièrement sur le degré de sévérité de la malnutrition dans les pays en développement (PED). En soulignant dès la préface que le faim touche 805 millions de personnes selon la FAO, l’IFPRI tire la sonnette sur une situation qui « ne peut plus perdurer ». Parce qu’à une année de la date butoir de 2015 fixée aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les auteurs se disent convaincus « qu’il est possible d’éradiquer la pauvreté, à condition de lutter efficacement contre la faim ». Le rapport indique en effet une amélioration de 39 % de l’état de la faim dans les PED. Alors que les régions les plus touchées sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud.

L’autonomisation des femmes préconisée

Publié à la veille de la Journée internationale de l’alimentation le 18 octobre, le rapport 2014 indique qu’une forme invisible de la faim persiste. Il s’agit de la carence en énergie ou en micronutriments qui affecte quelque 2 milliards de personnes à travers la planète. Or, indiquent les auteurs, la carence en vitamines et minéraux essentiels peut avoir des effets à long terme irréversibles ainsi que des incidences socioéconomiques susceptibles d’hypothéquer le bien-être et le plein épanouissement des populations. De sorte que leur productivité réduite impactera négativement sur l’économie. Facteur sournois, cette « faim déguisée » peut se cacher derrière un régime alimentaire adéquatement ou même excessivement riche en micronutriments, y compris derrière le surpoids ou l’obésité. Quant à ses causes, elles vont des carences alimentaires à la maladie, en passant par la mauvaise ingestion et l’augmentation des besoins à certains stades comme la grossesse, la lactation et l’enfance. En termes de solutions, les auteurs suggèrent des actions sur le régime alimentaire telles que la diversification (cultures vivrières et jardins familiaux), l’enrichissement des aliments industriels comme les farines, et la sélection de cultures renforcées en micronutriments. De telles actions doivent être conduites sur le long terme et être accompagnées de campagnes de communication pour sensibiliser les populations sur la santé et l’hygiène, ainsi que de politiques d’autonomisation des femmes en général. La volonté politique constitue évidement un élément central.

Sénégal : Le réquisitoire des professionnels du tourisme

Le ministre du Tourisme Abdoulaye Diouf Sarr peut se réjouir de la participation prochaine du Sénégal au salon du tourisme en terre irlandaise. Un nouveau marché pour le Sénégal qui peut sembler prometteur dans la grisaille actuelle. Mais ce n’est qu’une amorce dans les mesures drastiques proposées par les professionnels pour la relance d’un secteur où le mal est si profond que se montrer pessimiste n’est pas jouer les Cassandres. En effet, suite aux effets du seul cas d’Ebola enregistré au Sénégal, le marasme persistant aurait été aggravé au niveau des structures hôtelières comme le King Fahd Palace et le Terrou-bi qui auraient perdu respectivement 500 et 200 millions de FCFA, suite à des annulations de réservations (l’Observateur du 16 octobre 201). Rien que sur la Petite Côte, elles auraient atteint 50 % des recettes prévues, selon le Président Racine Sy. Réunis en conclave extraordinaire de partage lundi 13 octobre, ils ont diagnostiqué le mal et évalué les pertes à des milliards de FCFA. Selon eux, la promotion de la destination Sénégal qui a toujours été présentée comme le talon d’Achille du secteur devra être privilégiée à travers la mise en place de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT) annoncée depuis belle lurette par le président Sall, mais qui n’a connu qu’un début d’application avec la nomination de son DG. Les professionnels demandent ainsi une gestion paritaire au niveau de son Conseil de surveillance. Parmi les mesures concrètes de relance préconisées figure en bonne place l’exemption du visa d’entrée pour les touristes, qui vient s’ajouter aux taxes aéroportuaires, jugées également excessives, rendant la destination beaucoup plus chère que chez les concurrents. L’érosion côtière qui affecte particulièrement la vocation balnéaire de la Petite côte devra aussi faire l’objet de mesures de restauration des plages, en impliquant les hôteliers concernés. La mise en œuvre d’un plan de communication à destination des partenaires stratégiques des pays émetteurs est également à l’ordre du jour. Sans oublier un ensemble de mesures d’accompagnement, essentiellement au double plan social et fiscal. Les douze travaux d’Hercule, en quelque sorte !

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