100 millions US$ par an, soit environ 388,5 milliards FCFA sur la période 2010-2015,  le programme bilatéral entre le Sénégal et les Etats-Unis se porte bien. La révélation faite par l’ex ministre délégué chargé du Budget, Mouhamadou Makhtar Cissé, a permis de remonter l’horloge sur une coopération exemplaire et étendue à des domaines aussi divers que la santé (44%), l’éducation, la croissance économique (41%) et la promotion de la Démocratie, de la Bonne Gouvernance et de la paix. «Le programme bilatéral a débuté en 1961 et s’est intensifié au fil des années pour atteindre environ 1 031 milliards de FCFA en 2013», a dit par ailleurs Makhtar Cissé lors de la revue annuelle conjointe. Au chapitre économique, l’assistance américaine aura eu une portée immense sur «la promotion de l’initiative privée et la commercialisation des produits agricoles et naturels, le partenariat public-privé, l’amélioration de la productivité agricole et la nutrition, l’accroissement des revenus des acteurs de l’économie agro-alimentaire en milieu agricole, l’installation et la réhabilitation des infrastructures hydrauliques, la conservation de la biodiversité et les services d’appui-conseil aux entreprises». Ce faisant, elle     a bénéficié à 17.300 PME agricoles et permis de former 98.330 personnes pour l’amélioration de la productivité agricole et la sécurité alimentaire.
Mieux, en vue de la réalisation de la vision du président Macky Sall pour atteindre l’émergence en 2035, le ministre s’est réjoui de l’accompagnement  américain au groupe consultatif des 24 et 25 février 2014 à Paris, ainsi que de la contribution des Etats-Unis au Plan Sénégal émergent (PSE), d’un montant de 262,5 milliards de FCFA. Une occasion pour saluer également le Millenium Challenge Corporation (MCC) qui investit massivement dans les infrastructures de transports et l’agriculture, ainsi que les deux programmes destinés à l’accès à l’emploi pour les jeunes, que sont «Jeunes agriculteurs» et «Leadership de la jeunesse africaine et innovation sociale». Pour autant, le Sénégal demeure conscient qu’il a des efforts à faire pour «l’atteinte des OMD, réduire la mortalité infantile et post-infantile, améliorer la santé maternelle et combattre le VIH/sida, le paludisme.» Il l’est ainsi de la nécessité de Scénario pour la transformation économique renforcer le programme de Couverture maladie universelle (CMU).

Scénario pour la transformation économique

3-4% de croissance.
Dr. Abdourahmane Sarr  et l’Equipe du Centre d’Etudes pour Le Financement du Développement Local (CEFDEL), ont dessiné les alternatives pour faire avancer l’économie sénégalaise. Dans une étude intitulée «Sénégal, performances et perspectives macroéconomiques», publiée en juin 2014, ils partent pourtant de constats alarmants,  comme quoi la contribution du secteur agricole continuera d’être faible, ainsi que celle du secteur secondaire, du fait de la persistance des problèmes de compétitivité». Ces auteurs estiment en effet que « la croissance viendra essentiellement des services». De fait, ils projettent un contexte macroéconomique ainsi libellé : «une croissance à moyen terme qui va se stabiliser autour de 3-4 %, sous une inflation également stable autour de 2 %». Sur cette base, convaincus qu’une situation similaire a été vécue au Sénégal après la dévaluation de 1994, les experts du CEFDEL recommandent un scénario de transformation de l’économie reposant sur trois tendances lourdes.

1er atout : l’urbanisation. A mesure que la part de l’agriculture va continuer à baisser, l’attractivité pour les villes sera renforcée. Or l’urbanisation aura contribué d’autant à la réduction de la pauvreté. Sans préjuger d’un quelconque lien de causalité, les auteurs estiment que «la  leçon principale à retenir est qu’accompagner une tendance qui réduit la pauvreté pour en faire une réussite est une opportunité ». Celle-ci suit une logique simple selon laquelle, « L’urbanisation et la concentration géographique de marché qui l’accompagne pourraient faciliter le développement en concentrant les interventions publiques et les investissements privés ».

2ème atout : la relance industrielle : Il faudrait inverser la tendance au déclin industriel. Puisque trois facteurs ont déteint négativement sur le secteur des biens échangeables : l’appréciation du taux de change, des niveaux de salaires élevés et la centralité de l‘Etat. Lesquels sont aggravés par les coûts énergétiques élevés et la mauvaise qualité des infrastructures d’interconnexion sous-régionale.  Solutions : Renforcer la substitution des importations pour pallier la faiblesse des capacités de production exportable et satisfaire les besoins croissants des marchés urbains ; rendre le régime de change plus flexible ; améliorer la compétitivité des salaires.

3ème atout : les services. «L’importance des services dans l’économie sénégalaise renforce le besoin d’améliorer l’environnement des affaires, l’efficacité et l’efficience de l’économie. Identifier les faiblesses structurelles et les corriger devrait constituer une priorité, notamment en améliorant la fourniture d’électricité et réduisant son coût. L’efficience et l’efficacité dans les services publics devraient également être améliorées à travers une politique réussie de décentralisation et de réduction du champ des compétences de l’Etat central. Sans oublier l’amélioration des services urbains et des infrastructures de transports interrégionaux, en mettant à contribution les petits investisseurs privés pour la satisfaction des marchés locaux».