PS-Benno et la présidentielle 2017 LA POLITIQUE FACE À LA MORALE

On s’accorde à dire qu’en politique, il n’y a point de morale, mais ce qui fait débat dans notre espace public renvoie inexorablement à la vertu. Le Ps encore aux affaires alors que la présidentielle de 2017, Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Pm libéral, se sépare de Wade, lui-même Wade, ancien chef d’Etat, affirmant être capable d’être à la tête d’un mouvement armé ou le débat sur un renoncement à un mandat de 5 ans sont autant de sujets à tonalité hautement morale.

a sent, à nouveau, l’indécence dans l’espace politique. Comme dans ce divorce opéré par l’ex-Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye avec le Parti démocratique sénégalais (Pds) et les piques de son ancien patron, Me Wade. Le débat moral est là lorsque Wade, ancien chef d’Etat fort de deux mandats, appelle du pied l’armée et agite l’idée de rébellion. C’est la même controverse morale qui empoisonne le pays avec cette volonté de certains caciques de l’Alliance pour la République (Apr) de tordre la main à Macky Sall qui s’est engagé à écourter son mandat par le biais d’un référendum. Même climat avec le Parti socialiste décidé à rester encore aux affaires ! Alors que tout l’invite à sortir du gouvernement. N’eût été, en effet, le débat à l’emporte-pièce né de l’affaire de la réduction du mandat du chef de l’Etat, tous les regards seraient rivés vers Colobane, siège du Ps. Non pour guetter une nouvelle rébellion du genre Malick Noël Seck, mais surtout pour voir comment le vieux mammouth démêlera l’équation de sa présence dans le gouvernement.

LE PS ET SON CANDIDAT

La présidentielle approche à grands pas, le Ps membre du gouvernement depuis 2012 a claironné sur tous les toits qu’il briguerait les suffrages des Sénégalais, rose en main. Du moins certains caciques. La question agace même quelqu’un comme l’honorable député Barthélémy Dias. « Que tout le monde le sache, notre objectif est de conquérir et d’exercer le pouvoir. Nous sommes en train de préparer la présidentielle de 2017 », avait déclaré le député socialiste dans les colonnes du quotidien L’Observateur. Moins ferme, mais même agacement noté chez le secrétaire général du Ps. Accroché à Tivaouane où il était parti rendre visite à un camarde endeuillé, Ousmane Tanor Dieng s’est fait offensif contre les attaques répétitives comme celles proférées par le ministre d’État, Mbaye Ndiaye. Une étonnante bourrasque, partie de l’Alliance pour la République (Apr), avait soumis la coalition au pouvoir à rude épreuve. Au centre de la querelle : la légitimité pour les alliés, encore aux affaires, de présenter un candidat. L’argument puise dans le registre de la morale : continuer à jouir des bienfaits du pouvoir pour, ensuite, se retourner contre lui en 2017. Des ténors de l’Apr comme l’ex-Premier ministre Aminata Touré, Mahmouth Saleh et Moustapha Cissé Lô portent cette offensive à visage découvert. Tous demandent au Ps, en particulier, de clarifier sa position, voire d’envisager de quitter l’attelage gouvernemental si sa volonté est de faire face à Macky Sall en 2017. Le Ps avait, évidemment, réagi violemment contre cette position. « L’objectif étant et restant la reconquête du pouvoir», selonTanor.

LE CHOIX DE NIASS

Aminata Mbengue Ndiaye lance que le Ps «n’a qu’un seul interlocuteur : le Président Macky Sall et non Mahmouth Saleh». Sa conclusion est encore plus amère : «Si on veut aller aux élections, personne ne peut nous en empêcher». Seulement, Tanor Dieng est loin d’être tranché sur la question.

« Nous sommes des partenaires, nous avons signé un partenariat avec le président Macky Sall et nous pensons que lorsque les choses viendront de lui, nous allons réagir, mais tant que les attaques ne viennent que de militants de l’Apr, nous n’interviendrons pas », avait-il martelé. Quand diront-ils à Macky Sall ce qu’ils ont à lui dire ? Là réside le clair-obscur. « Le moment venu, nous discuterons avec les alliés de la coalition, ensuite avec le Parti», lance-t-il montrant ainsi que le Ps n’est pas prêt à quitter tout de suite le gouvernement ou à rompre l’alliance avec l’APR. Ousmane Tanor Dieng parle aussi de l’impérieuse nécessité de restructurer la Coalition « Benno Bokk Yakaar ». Pourtant, les socialistes finiront, tôt ou tard, par s’en aller, s’ils tiennent à s’engager à la Présidentielle de 2017, la rose à la main, comme ils l’ont si fortement martelé au cours de la session inaugurale de leur comité central. Qui ne se rappelle, en effet, les départs de Wade du gouvernement de majorité élargie sous Abdou Diouf ? Alors qu’à en croire son Premier ministre de l’époque, Habib Thiam, l’expérience marchait bien. Wade a claqué la porte alors qu’on négociait en douce la création d’un poste de vice-président à lui confier.

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