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PRESIDENTIELLE DE 2017 : Idy franchit l’étape de Touba

Publié le 06 octobre 2014 par Baye Makébé Sarr

Quand Simone de Beauvoir a rencontré Nelson Algreen aux Etats-Unis, elle lui aurait écrit : «Je ne suis rien d’autre que ce brûlant désir de vous…» La suite coule de source. Car c’est là le point de départ d’une passion luciférienne. Idy a rencontré le vénéré Sidy Moctar Mbacké, khalife général des Mourides. La chronique raconte qu’il aurait fait allégeance au marabout. Et donc renoncé à son appartenance à la Tidjania. Lui-même n’a encore infirmé ou confirmé ce que lui prête le cancan. Mais, le talent qui a toujours épicé ses déclarations donne à croire qu’il s’est allé, face à son «nouveau» marabout, dans ces formules qui éblouissent l’interlocuteur. Idrissa Seck mouride ? C’est bien dans l’ordre normal… politique. Tout le monde sait que les rapports entre la hiérarchie mouride et le pouvoir sont loin d’être des meilleurs. Une «rupture» née du nouveau style que le locataire a imprimé à l’axe Roume-Touba. Wade a fait de ses rapports avec la hiérarchie mouride une affaire de générosité sans limite. Sitôt élu en 2000, Wade est allé à Touba renouveler son allégeance, laissant à la postériorité une image controversée, voire dégradante. Macky Sall, lui, arrive et s’ouvre avant même son élection au deuxième tour de la dernière Présidentielle une vaste polémique. Une opinion diffuse, mais coriace, en dépit des dénégations, lui prête, en effet, les propos faisant des marabouts «de simples citoyens». Vrai ou faux ? En tout cas, la rupture démarre avec l’affaire Cheikh Béthio Thioune. Le guide des Thiantacounes est placé sous mandat de dépôt le 26 avril 2012, suite à la mort des deux Thiantacounes, Bara Sow et Ababacar Diagne, tués à Médinatoul Salam et ensevelis sans autorisation. L’acte décisif qui a obéré les rapports entre Macky et Touba se trouvent, au regard de nombre d’observateurs, dans la rupture du «jus ». Contrairement à son prédécesseur, le chef de l’Etat fait dans la sobriété. Cette attitude lui vaut d’être brutalement sevré de l’aile protectrice de Touba.

En témoigne, la défaite de la liste unique du marabout, battue par les bulletins blancs. Tous les sanctuaires mourides tombent. Bambey, Diourbel, Mbacké échappent au contrôle du pouvoir. A quelques jours des Locales, deux maisons, la boulangerie et le véhicule du vice-président à l’Assemblée nationale, Moustapha Cissé Lô sont été incendiés. La victime, Cissé Lô, visiblement planté dans une autre planète annonçait que ses adversaires allaient mordre la poussière. Il avance un fossé de 10 000 voix entre Benno bokk yaakaar et l’opposition.
C’est bien le contraire qui s’est produit. Le remaniement survient. Le gouvernement mis en place n’a pas de ministre au profil diplomatique apte à resserrer les rapports entre le pouvoir et Touba. C’est cette maladresse suicidaire qui semble avoir décidé Idrissa Seck à resserrer ses rapports avec Touba. A l’évidence, Mara ne fait que perpétuer une vieille croyance : Touba faiseur de chef d’Etat ! Que de péripéties qui donnent au marabout la capacité de faire ou défaire les destins politiques. Et depuis l’époque coloniale !

«[Il faut] relever la gloire de l’islam !» Cet appel se trouve dans un tract diffusé par le candidat à la députation Galandou Diouf, musulman. Il faisait face au chrétien Blaise Diagne aux élections législatives de 1928. Derrière la confrontation entre les deux hommes, il y avait un duel qui se jouait à Touba. Le tout nouveau khalife général des Mourides, Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, fils et successeur de cheikh Ahmadou Bamba face à son oncle Cheikh Anta Mbacké. Les deux marabouts avaient un positionnement antagonique lors de ces Législatives, parti de «l’affaire Tallerie», du nom de cet administrateur chargé de la construction de la mosquée de Touba qui avait escroqué la confrérie. Le khalifat opposait également les deux marabouts. Car, Cheikh Anta Mbacké n’avait pas voulu se soumettre à l’autorité de son oncle. Le fait est en tout cas là. Chaque candidat a eu son marabout. C’était une première, relève l’historien Christian Coulon. Blaise Diagne, fort du soutien actif et financier du khalife, l’emporte haut la main. Arrive la décennie 1946-1958, avec un explosif duel Lamine Guèye et Léopold Sédar Senghor. Rebelote. Car, comme en 1928, un musulman fait face à un catholique. Les deux hommes s’affrontent par presse interposée. Démissionnaire de la Sfio, Senghor crée le Bds et déclare avoir choisi le vert comme emblème de son parti.

A l’arrivée, Senghor, comme Blaise Diagne dans le passé, l’emporte. Il avait le soutien de Cheikh Tidiane Sy, fils du Khalife des tidjanes, de Seydou Nourou Tall et du khalife de Touba, El Hadj Falilou Mbacké. Même scénario aux élections territoriales de 1952. Le couple Senghor-Dia écrase Lamine Guèye grâce à l’appui des khalifes généraux Ababacar Sy de Tivaouane et El Hadj Falilou Mbacké. Il triomphe de Lamine Guèye, soutenu par Cheikh Mbacké, neveu du khalife. C’est clair, le marabout notamment Touba ouvre la voie au palais. Reste seulement à savoir si Idy ne s’expose pas au drame du président autrichien Thomas Klestil. Son épouse l’a quitté en plein mandat succombant à la liaison coupable de son mari avec une diplomate. L’Autriche se rangea du côté de l’épouse. Idy n’encourt-il pas le même risque que Klestil ?

2 Commentaires pour cet article

  1. MATAR SECK Says:

    Idrissa seck a tout simplement compris que tout projet porteur ne peut s’écarter de Serigne touba?
    IL REVIENT AUX MORIDES DE PROMOUVOIR SON NOUVEAU STATUT DE MOURIDE FUT IL POLITIQUE;

  2. diamanka Says:

    je suis militant de mara seck.mais cette fois ci.il a fait une fausse route .car ni tidiane ni mouride ne peuvent elire un president .c’est le peuple qui elit un president.nous en casamance .il ne faut qu’il compte sur nous.on ne peut pas valser entre les tarihas et s’en sortir indeme.les marabouts n’ont qu’a nous enseigner le coran .je suis tres gener

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