PRESIDENTIELLE 2017 : Wade ouvre la voie aux libéraux

La réussite du meeting des libéraux et de leurs alliés est un pas important de la Wadie vers la Présidentielle de 2017. La machine devant faire face à Benno bokk yaakaar a fait son show le 21 novembre.

Wade est en campagne pour la présidentielle de 2017. L’immense foule qui a été au meeting du 21 novembre dernier lui a inspiré un nouvel agenda. Des élections anticipées. L’ancien chef de l’Etat sait bien que rien n’impose une telle urgence. Au fond, c’est une façon de mettre la pression sur les autorités et surtout de mettre en ordre de bataille sa « nouvelle » coalition. C’est clair, de tous les génies dont l’ancien président de la République se flatte au point d’en faire un ouvrage, un le met carrément hors du commun. Il s’agit de son incroyable talent à monter des coalitions politiques. Le 21 novembre dernier, Wade a de nouveau étaler toute sa classe à rassembler à son seul profit. Déjà, sitôt revenu de l’Hexagone, en mai dernier, Me Wade a rassemblé des ténors politiques de la trempe de Pape Diop (Convergence Bokk Gis Gis), Abdoulaye Baldé (Union des centristes du Sénégal) et, entre autres, Talla Sylla de Jëf Jël. Officiellement, le pape du Sopi échafaude avec ces leaders un large front d’opposition pour faire mordre la poussière à Benno Bokk Yaakaar (Bby) aux Locales du 29 juin. Si Mamadou Diop Decroix (Aj/Pads), Djibo Kâ (Urd) et Mamour Cissé (Psd/Jant-bi) ont répondu présents à l’appel de Wade, personne n’en est surpris. Ces trois hommes politiques ont été des alliés de l’ex-chef de l’Etat jusqu’à sa chute en 2012. Mamour Cissé, lui-même, avait la cagnotte de campagne à l’entre-deux-tours de la fatale Présidentielle. Mamadou Diop Decroix, lui, s’est accroché au Sopi jusqu’à l’implosion d’Aj originel et à la rupture d’une « amitié » de quarante ans avec Landing Savané. Par contre, que Talla Sylla, soit de nouveau aux côtés de Wade relève presque du miracle. Certes, en politique comme en amour, il ne faut jamais dire « jamais ». Un costume de chez Brioni (tailleur de James Bond) peut faire sombrer une « ex », la realpolitik, elle, peut vaincre les oppositions les radicales. Il a fallu, sans doute, davantage pour racheter la rancune née des coups de marteau qui ont failli emporter Talla Sylla. Le leader de Jëf Jël avait été un soir assommé de coups de marteau par des nervis visiblement proches de l’ex-pouvoir. Son tort ? Un cd qui tournait en dérision Wade, « au four et au moulin » de l’action gouvernementale. L’agression lui a valu bien des années d’éloignement de la scène politique. Et jusque-là, ses agresseurs ne sont pas identifiés, encore moins traduits en justice. D’ailleurs, comme par intuition, le « crime » est englouti par la loi Ezzan. Outre ce contentieux, Talla Sylla fait partie avec Mamadou Dia, aujourd’hui disparu, des hommes politiques qui se sont démarqués les premiers de Wade. Un fait peut expliquer le rapprochement du président de l’Alliance Jëf Jël au pape du Sopi : la vague de défections au sein de son parti. Nombre de cadres, alors encartés Alliance Jëf Jël sont aujourd’hui autour du président Macky Sall. Premier à partir, le téméraire Benoit Sambou, actuel ministre de la Jeunesse, ensuite Moussa Tine, redoutable sophiste, devenu leader de parti, s’ensuit l’impertinente Mously Diakhaté. Le plus dur des départs a été, sûrement, celui du jeune Ousmane Ndiaye, un fidèle parmi les fidèles. Talla Sylla veut-il alors écourter le bonheur de ses ex-compagnons et se venger contre Macky Sall ? Ce n’est, peut-être, pas à exclure. Mais, c’est clair, le flair de Wade a dû faire le reste. Lui qui passe depuis qu’il anime l’opposition au Sénégal pour un maître du montage des coalitions.

Sa première expérience est partie du lendemain des élections de 1983. Wade qui excelle dans le harcèlement attaque les résultats qui donnent Diouf vainqueur avec quelque 83 %. C’est un plébiscite pour le remplaçant de Senghor. Il refuse de se plier face à Diouf et la machine socialiste bien huilée. Wade crie donc à la fraude. Quelques jours après, il « lance » le cadre des «Onze», une coalition de 11 partis d’opposition et menace avec fracas de mettre en place un «Gouvernement parallèle». Naturellement ce type d’élections était loin d’être un modèle de transparence. L’isoloir n’était pas obligatoire tout comme la présentation de la pièce d’identité. Wade emballe nombre de leaders de la Gauche. Finalement, il ramollit son discours après avoir été reçu au palais de la République. Les alliés tombent des nues en découvrant le quotidien Le Soleil qui annonce la « bombe ». Un nouveau cadre arrive : l’Alliance démocratique sénégalaise (Ads). Wade est au centre. A peine née, l’Ads défie le pouvoir dans une marche contre l’apartheid. Des leaders comme Abdoulaye Bathily et Wade lui-même sont arrêtés.

1988, année électorale approche. Le Pit, la Ld/Mpt et Aj/Pads s’allient avec le Pds. Le cadre politique s’appelle « Alliance Sopi ». C’est la troisième Présidentielle de Wade. Landing Savané et Mamadou Dia se démarquent. Wade draine des foules immenses. Dans cette ambiance lourde d’incertitudes, Abdou Diouf «arrache» le Ndigël de Touba qui appelle, à la radio, à voter pour le président-candidat. Cheikh Tidiane Sy, actuel Khalife général des Tidjanes, prend également, fait et cause pour Diouf. Diouf gagne à nouveau. La violence s’enclenche dans le pays. Dakar accuse le coup. L’état d’urgence est décrété. Wade, Ousmane Ngom, Boubacar Sall sont arrêtés, puis les alliés Abdoulaye Bathily et Amath Dansokho. Le pape du Sopi est jugé puis libéré avec 6 mois d’emprisonnement assorti du sursis. Le tribunal l’avait reconnu coupable d’avoir organisé des attroupements sans autorisation.

Le jour de la Korité, Diouf prononce un discours de décrispation. L’état d’urgence est levé, une loi d’amnistie votée en faveur de Wade et Cie. Les deux hommes se rencontrent et tombent d’accord, selon Wade qui faisait face à la presse, sur l’organisation d’une table ronde. «Une nouvelle Constitution, une charte nationale organisant la Démocratie et ses conditions d’exercice (…).Un référendum suivi de nouvelles élections pourrait être proposé (…)», lance, euphorique, Me Wade. Le 4 juillet 1988, s’ouvre la « Table ronde » après deux reports.
On est en mars 1989, la Conférence nationale des chefs de parti de l’opposition (Conacpo) est née. En 1999, c’est au tour du Front pour la régularité et la transparence des élections (Frte). C’est cette coalition qui arrache la réforme du code électoral dont les travaux étaient dirigés par Kéba Mbaye. Le terrain est alors balisé. La gauche crée la Coalition pour l’alternance en 2000 (Cal 2000). Elle fait de Wade son candidat à la Présidentielle de 2000.

Wade, fatigué et ruiné par vingt-six ans d’opposition n’y croit plus. En France où il se trouve, le patron du Pds fait enfler le suspense sur sa candidature en 2000. Dans cette ambiance, le Ps fait circuler la rumeur de l’incapacité de Wade à s’engager à la Présidentielle. On le dit malade. Bathily fait le voyage dans l’Hexagone et supplie leur candidat à rentrer au pays. Il est âgé de 74 ans. Après vingt-six ans d’opposition mouvementée, il accède au pouvoir, au second tour face à Diouf. Dépossédé du pouvoir en 2012 par Macky Sall, appuyé par l’alliance Benno Bokk Yaakaar, Wade veut écourter le mandat de son successeur.
bégayer l’histoire.

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