Sous le magistère du Président Macky Sall, la politique étrangère, en plus de garder ses  traditionnelles prérogatives, se veut un important levier économique sur lequel le Sénégal peut s’appuyer pour tendre vers l’émergence.

Si la diplomatie est un domaine réservé du Chef de l’Etat, le choix porté sur les hommes qui mettent en œuvre une politique étrangère est essentiel dans la déclinaison d’une vision et d’une ambition pour un pays.

Sous ce chapitre, le Président Macky Sall ne pouvait faire un meilleur choix. D’abord avec Alioune Badara Cissé, personnage baroque, haut en couleurs et ex-numéro deux de l’Alliance Pour la République (APR) avec qui le divorce est intervenu au bout de 6 mois. Ensuite, arrive celui qui trône actuellement à la Place de l’indépendance : le secret et expérimenté Mankeur Ndiaye, diplomate de carrière, ancien Directeur de Cabinet pendant 10 ans de Cheikh Tidiane Gadio et ancien ambassadeur.

Au bilan du magistère de Macky Sall, après deux ans d’exercice, on peut inscrire au compteur l’obtention de l’organisation du prochain Sommet de la Francophonie en novembre 2014. Au-delà d’un juste retour aux sources pour un pays qui, avec Léopold Sédar Senghor, a été à l’avant-garde du combat francophone, ce sommet servira à célébrer la sortie de la scène internationale d’Abdou Diouf, Secrétaire général de l’OIF. Parallèlement, le Sénégal a aussi accueilli de nombreuses visites d’éminents leaders du monde. Ce qui ramène Dakar à sa véritable place pour en faire une étape importante dans la conduite des affaires du monde entier. Si Wade avait symbolisé jusqu’à la caricature les relations privilégiées avec l’Asie, notamment les monarchies pétrolières du Golfe et même la Corée du Nord, les tenants actuels du pouvoir semblent plus prudents concernant les interactions fréquentes et proches avec cette région.  Il y a eu, cependant, le rétablissement des relations avec le Liban et avec l’Iran après une rupture fracassante sur fond de livraison d’armes aux indépendantistes de la Casamance.

Déjà des retombées

Avant même l’ouverture de la réunion du Groupe consultatif de Paris, Macky Sall avait convenu avec ses partenaires chinois de financer ses plus grands projets en matière d’infrastructures ferroviaires et routières. Rien n’a été refusé au Sénégal. Macky Sall est rentré de Chine avec un jackpot de plus de 4,5 milliards de dollars, soit 2 200 milliards CFA. Bien plus que les 1 864 milliards de francs Cfa qui avaient été fixés comme objectif au Groupe consultatif de Paris. D’autre pays de la partie orientale du monde ont également reçu en visite officielle le Président Sall qui incorpore dans ses bagages, à chaque déplacement, le ministre Mankeur Ndiaye. Ainsi, le Qatar qui doit recevoir dans un futur proche plusieurs centaines de travailleurs sénégalais ; et Dubai, ont été visités par le Chef de l’Etat.

Macky Sall, il y a plus d’une année, a reçu Barack Obama ; avant d’être à son tour, l’hôte de la maison Blanche. Il convient de rappeler qu’Abdoulaye Wade avait couru des années durant derrière un tête-à-tête avec le Président américain. Il est également à noter une autre présence non moins importante, celle de François Hollande en terre sénégalaise.

Mais au-delà de la résurgence diplomatique indéniable, est-il certain que des résultats au plan économique seront tirés ? La question est pertinente, compte tenu de la faible compétence des diplomates sénégalais sur les questions économiques, celles liées à la promotion des investissements étrangers, la promotion touristique et la stimulation dans leurs pays d’accueil des exportations.

Gérer, protéger et promouvoir nos migrants

A côté de ses fonctions diplomatiques, le Maese s’attèle tant bien que mal à prendre en charge les préoccupations des nos concitoyens émigrés. C’est ainsi qu’un dispositif de gestion, de protection mais aussi de promotion a été mis en place par la Direction générale des Sénégalais de l’Extérieur (DGSE), placée sous la responsabilité de Sory Fanta Mady Kaba. C’est dans ce cadre, qu’avec l’appui de la Présidence de la République qu’un déploiement efficace a été entrepris lorsque le conflit a éclaté en Centrafrique pour rapatrier nos ressortissants. Au total 649 personnes sur un total de 750 (chiffre total des sénégalais qui vivaient en RCA, selon les statistiques du consulat honoraire) sont rentrés au pays. Il faut préciser que ces opérations ont nécessité une enveloppe hors-budget de 800 millions de FCFA, répartie entre les frais de rapatriement et  l’assistance. Mieux, le Fonds d’Appui à l’investissement des Sénégalais de l’Extérieur (FAISE) leur a dédié une ligne de financement de projets évaluée à 70 millions de FCFA. Aussi, le Président de la République a-t-il décidé d’inscrire dans le budget 2015 une ligne pour prendre des mesures urgentes humanitaires pour des cas similaires. Mieux, la Dgse pilote d’autres activités économiques liées aux financements de projets de migrants pour faciliter leur retour et leur insertion, en plus de favoriser la création d’emplois. Dans les pays d’accueil, une ligne de financement évaluée à 1,5 milliard CFA a été ouverte par le président de la République pour booster les initiatives de nos compatriotes (exclusivement les femmes) sur place en ces temps où la crise économique sévit partout dans le monde.