«POLICIERS» TORTIONNAIRES CONDAMNES : A bas l’impunité

Petit à petit la rupture s’opère dans la justice. Policiers, gendarmes et matons deviennent, dans les faits, justiciables. A Touba, à  Dakar et Kolda…, ils se retrouvent derrière les barreaux pour cause de tortures.

A  bas les brimades et tortures. «L’égalité juridique» comme indiqué dans le décret  n° 2008-1047 du 15 septembre 2008 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des droits de la femme, fait ses premiers pas. Si entre 2000 et 2013, 15 civils ont perdu la vie dans les commissariats de police et les casernes de gendarmerie pour tortures, 28 cas d’actes de sévices et tortures ont été répertoriés par le secrétaire exécutif d’Amnesty international-section Sénégal, Seydi Gassama, entre 2007 et 2013. Dont 4 cas de bavures policières sous le régime de Macky Sall. Mais ces cas ont tous été réprimandés par la Justice.

Dame justice, en 2013, tente de retrouver de sa splendeur. Elle restaure son image en livrant et sanctionnant ses fils, coupables de bavures policières. A Sédhiou, le 14 décembre dernier, deux policiers qui ont blessé quatre élèves du collège de Djirédji, ont été «relevés et ramenés à la base par mesure conservatoire», en attendant de situer toutes les responsabilités et de faire la lumière sur ces incidents, a informé la Direction générale de la police nationale, à l’APS

La justice a revêtu sa tenue d’ange. Elle refuse que son auréole soit souillée par des actes de violence. Quid de ses serviteurs ? En 2013, force reste à la loi. Elle a déshérité tous ses fils qui se sont laissés griser par leur statut.  Jamais les forces de l’ordre n’ont été aussi surveillées et sanctionnées. L’Etat a mis fin à l’impunité grandissante qui prévalait ces dernières années. Me Sidiki Kaba, garde des Sceaux, s’exprimant à Bruxelles, réitère ainsi cet engagement : «Je vous assure que les brebis galeuses de la gendarmerie et de la police seront poursuivies et condamnées en cas de torture avérée. Le gouvernement du Sénégal s’est engagé à protéger les populations et il le fera sans ménagement».

En 2013, les cas de tortures par des policiers tortionnaires ont tous été sanctionnés. Le dernier acte perpétré sur Cheikh Mawlany  Sané, le 30 novembre 2013, retrouvé mort à la prison de Rebeuss, à la suite d’une «asphyxie mécanique par strangulation dans un contexte de coups et blessures par objet contondant» en est une illustration. Deux gardes pénitentiaires, Thomas Faye et Pape Mor Diané, sont  mis sous mandat de dépôt pour acte de barbarie et tortures sur le défunt détenu, sur lequel on a retrouvé «des traces de menottes sur les mains du prisonnier au moment de sa mort».

Le 18 novembre, les 4 policiers accusés du meurtre d’Ibrahima Samb, jeune apprenti chauffeur à Mbacké, ont été déférés au Parquet de Diourbel. Ils ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt pour meurtre avec barbarie et actes de tortures.

Le 26 juin 2013, Aboul Niang Bâ, impliqué dans la mort du jeune étudiant Ousseynou Seck, est reconnu coupable des faits et condamné à 2 ans ferme. Il est inculpé pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. En mission de sécurisation dans le quartier de Grand-Yoff, il avait pris en filature l’étudiant Ousseynou Seck, présumé dealer et s’en était pris à lui. Occasionnant au susnommé un cou cassé et des douleurs corporelles. Ces blessures entraîneront la mort de l’étudiant. Le condamné devra également payer la somme de 10 millions de francs Cfa à la famille de la victime, à sa sortie de prison.

Par ces actes, l’Etat veut restaurer l’image de la police nationale dont la mission première est d’assurer la sécurité des citoyens sur toute l’étendue du territoire. Il est invité à accroître la sensibilisation des agents  pour le respect des droits humains, notamment lors des stages de formation. Il subsiste encore des poches d’abus de pouvoir dans les coursives de représentations de la loi et ce jusqu’au plus haut niveau de fonctionnaires. Le meurtre de Chérif Ndao, 36 ans, caporal du Groupement national des Sapeurs pompiers mort, le 6 décembre 2013, des suites de sévices corporels infligés lors de manœuvres militaires dans un centre de formation à Thiès, est encore non élucidé. Le certificat de genre de mort le représente sous une version naturelle. La vigilance doit rester de mise. Même si l’on note une avancée significative dans le respect des droits humains.

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