PME/PMI : Les maillons faibles de la chaîne

Les Petites et moyennes entreprises (Pme), base du tissu économique du Sénégal, constituent un puissant levier de lutte contre la pauvreté, la précarité, le chômage et le sous-emploi. Elles occupent plus de 60 % de la population active, dont l’impact en matière de développement économique et social n’est plus à démontrer. Mais, malgré l’importance de leur rôle, des contraintes majeures freinent leur développement.

Les Petites et moyennes entreprises (Pme), secteur constituant la base du tissu économique du Sénégal, en raison de son apport à l’économie nationale, continuent de s’enfoncer dans les difficultés. Durant les deux ans du Président Macky Sall, ce secteur qui occupe une place importante dans le développement économique et social du Sénégal, n’a guère connu d’avancées.  Pourtant, différentes études ont souligné le dynamisme de ce secteur qui occupe plus de 60 % de la population active. Elles sont un facteur déterminant de croissance économique et constituent un puissant levier de lutte contre la pauvreté, la précarité, le chômage et le sous-emploi. Comme dans de nombreux pays africains, elles sont non seulement le moteur de la croissance, mais également un levier puissant du secteur privé dont l’impact en matière de développement n’est plus à démontrer. Cependant, si les PME représentent près de 90% des entreprises privées au Sénégal, elles ne réalisent qu’environ 20% de la valeur ajoutée nationale, 25% du chiffre d’affaires, 20% au Pib et 30% des emplois, d’après la Direction de l’appui au secteur privé (Dasp). D’autre part, malgré l’importance de leur rôle, des contraintes majeures freinent leur développement. Des efforts importants restent à faire pour améliorer les performances globales des Pme/Pmi. Leur développement continue de faire face à des contraintes et défis majeurs ; notamment la difficulté d’accès au financement bancaire, le problème de site d’accueil, un fort taux de mortalité précoce des entreprises.

 Problème d’accès au financement (au crédit)

Il y a également la difficulté d’accès au financement bancaire adapté aux Pme. Une étude réalisée en 2007 par la Direction des Pme (Dpme) évaluait les besoins en financement des Pme non couverts à environ 400 milliards de FCfa. Elle faisait suite à celle organisée en 2003. Malgré le dynamisme du secteur financier national, des Pme sénégalaises continuent de se mouvoir dans des difficultés d’accès à des ressources pour financer leur développement. Le gouvernement n’a pas permis de lever l’obstacle du financement de ce secteur. Les Pme sont soucieuses de trouver les nouvelles approches destinées à l’accès au financement. L’Etat se doit de favoriser l’accès de ces entreprises au financement par une simplification des différentes procédures y relatives, ceci en accord avec les institutions bancaires et financières, parties prenantes. Il doit appuyer les PME dans l’application de sa politique en liaison avec les institutions bancaires et financières ainsi que les partenaires au développement, des prêts à taux bonifiés.

L’Inde qui était confrontée au même type de problème a réussi à faire émerger son secteur. Dans ce pays où ce modèle a été appliqué, selon Ibrahima Diouf, directeur des Pme, «18 banques avaient adhéré à ce modèle ; mais quelques mois plus tard, elles ont atteint le chiffre de 52». Le Sénégal avait émis l’intention de s’inspirer de l’expertise de ce pays, ainsi que le Maroc ou le Brésil, entre autres, pour arriver à proposer des solutions pérennes au financement de ses Pme, que le système bancaire national ne finance pas, à cause notamment de leur problème de gouvernance interne. Les banques réclament à l’Etat la réduction du risque des Pme. Laquelle passerait par la mise en place d’un fonds de garantie et l’acceptation par ces dernières de la notation. Car, un dispositif peut atténuer ce risque. Dans ce contexte de mondialisation, il est important d’accélérer le processus de compétitivité des Pme.

Pour remédier à ce problème de financement, un ensemble de mécanismes est mis en place, notamment le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) et le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip)». Dans son discours à la Nation, à l’occasion du Nouvel An, le chef de l’Etat avait mentionné que ces mécanismes vont contribuer au renforcement aux Petites et moyennes entreprises, ainsi qu’aux artisans et exploitants agricoles. Cela, afin de générer à terme «30 000 emplois directs par an». Mais, jusqu’à aujourd’hui, ces Pme attendent beaucoup du Fonsis, du Fongip et de l’Agence de développement et d’encadrement des Petites et moyennes entreprises (Adepme) dont la principale mission est de densifier le tissu des PME et d’améliorer leur compétitivité. Et même la Banque nationale pour le développement économique (Bnde) qui vient d’ouvrir ses portes à Dakar. Cette structure qui a remplacé le Fonds de promotion économique (Fpe) a pour mission, à en croire le directeur général, Thierno Seydou Nourou Sy, «de relever les défis de facilitation de l’accès des Petites et moyennes entreprises (Pme) au crédit».  Selon lui, les Pme voient 80 % de leurs demandes de financement rejetées par les banques.   Il s’agit de faire en sorte que la Bnde soit l’instrument qui permettra de répondre aux attentes des Sénégalais par le biais d’une vision innovante dans le financement de l’économie. «Cette mission exaltante ne pourrait être satisfaite sans l’apport et l’accompagnement de l’Etat», avait précisé M. Sy.

Problème fiscal

La quasi-totalité des Pme posent le problème fiscal. Ainsi, il faut une bonne vocation de contribuer à l’amélioration de la gouvernance financière afin de trouver une solution à la fiscalité qui étouffe les entreprises. La Direction générale des Impôt et Domaines, à travers le Projet d’appui à la promotion du secteur privé (Papsp), avait élaboré un guide fiscal à l’intention des Pme. Ce manuel au langage fiscal simplifié est conçu pour faciliter aux petites et moyennes entreprises la compréhension et la mise en œuvre de leurs droits et de leurs obligations vis-à-vis des impôts et taxes professionnels auxquels elles sont assujetties. Un dispositif fiscal plus adapté aux besoins des Pme. L’une des causes des difficultés auxquelles les Pme font face est la faiblesse de leurs capacités. En guise d’illustration et pour justifier la pertinence de l’élaboration de ce document, «80% d’entre elles ont cité la fiscalité comme problème rencontré», lors d’un recensement des entreprises en difficulté mené par la Direction de l’appui au secteur privé (Dasp).

Mortalité précoce des Pme

Ce qui ne manque pas de provoquer une mortalité précoce de ces entreprises. En effet, le taux de mortalité des Pme a atteint 65 % au Sénégal. Et, d’après les experts de la Dasp, environ 60% des Pme disparaissent durant la première année de leur création. Ce qui est un taux très élevé par rapport à tant de pays. Le soutien au développement du secteur privé est considéré comme un outil permettant de réaliser une croissance économique durable réduisant ainsi la pauvreté. Fort de cette vision, l’Etat doit s’engager sur tous les fronts pour répondre à un besoin exprimé par ces entreprises en difficulté.

Cette disparition prématurée des Pme est également liée à tant de facteurs. Il s’agit, entre autres, de leur côté informel, de la non maîtrise de l’activité par le promoteur, de l’environnement fiscal qui est un peu contraignant, avec une fiscalité assez lourde qui ne fait pas de différence entre la Pme et la grande entreprise, et de la lancinante question de l’accès au financement.

Le gouvernement a l’obligation de mettre en place toutes les synergies pour accompagner les Petites et moyennes entreprises (Pme), afin d’accélérer leur compétitivité. Ce développement ne peut s’effectuer sans un soutien cohérent et structuré des pouvoirs publics, incluant la notion de mise à niveau des PME par rapport à la concurrence internationale.

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