Pincez tous vos Koras !

Une fois n’est pas coutume, l’actualité est revigorante. Et pour cause ! Le front politique semble moins agité que lors des semaines précédentes. En prélude au Sommet de laFrancophonie qui va lui rendre hommage, la presse fait un focus tonifiant sur les « mémoires » d’Abdou Diouf. Les Lions signent leur « renaissance ». Autant de raisons de se réjouir, en espérant démentir l’adage sur « le calme qui précède la tempête ». Car tout dépend, en fait, de notre commun désir de vivre ensemble.

Sur la scène politique, la clameur des mots « manifestation de l’opposition », qui étaient trop chargés de non-dits, s’est adoucie grâce à l’entregent de tous ceux qui, ouvertement ou dans l’ombre, ont pris leur bâton de pèlerin, pour jouer les bons offices entre les différentes parties. Par le génie sémantique de la langue française qui va faire converger sur Dakar les plus hautes autorités de 77 pays, on a passé de la marche (ordre militaire) au meeting (un anglicisme, certes), moins électrique parce que sans doute plus maîtrisable pour nos forces de l’ordre à qui il faut aussi rendre hommage. Car quoi qu’on dise, le Sénégal fait partie des pays les plus paisibles de son voisinage immédiat, voire du continent. Le seul pays où la ménagère va faire ses emplettes pour le petit déjeuner à 11 heures (inouï, non ?), après avoir bichonné, sustenté puis convoyé les enfants à l’école sans aucune escorte, ni crainte ; pour aller trouver de quoi faire bouillir la marmite et prodiguer nourriture à toute la famille qui rentrera, sans doute harassée, mais heureuse de pouvoir se reposer dans un foyer paisible. Cette sécurité-là, elle n’a pas de prix et les Sénégalais ne laisseront personne la menacer.

Le Président Abdou Diouf l’aurait plus ou moins dit : s’il avait gagné les élections en 2000, c‘était l’hécatombe. Donc, «la bonne solution a été de perdre les élections ». Quelle grandeur d’âme (forcée) chez celui-là qui, depuis lors, évite de se mêler des questions politiques dans le pays où il a été aux affaires pendant 34 ans dont 20 ans à la Présidence de la république. Que ses pairs du monde francophone nous aient fait l’honneur de se rendre dans son pays qui va abriter le Sommet de la Francophonie pour la seconde fois, voilà qui mériterait une communion nationale autour de l’essentiel. Le texte de l’ancien président, ses « confidences… » ou les bribes que la presse en a distillées, nous font sourire, parfois rire, de la vanité de certaines querelles, mais aussi rager devant les démons de la politique politicienne. Enfin… on a la politique que l’on mérite, dit-on.

Depuis une semaine déjà, le pays bruit des rencontres de haut niveau sur des thématiques ayant trait à l’économie. Parce que le monde entier est confronté à de sombres prévisions sur la situation alimentaire et nutritionnelle qui commande une production de plus en plus accrue. Même si le modèle de consommation effrénée (au Nord) et le gaspillage (au Sud) est davantage à condamner. A Dakar, nos invités parleront beaucoup de la francophonie économique qui se dessine. Mais n’oublions pas qu’elle a d’abord été culturelle, puis politique. Elle se veut donc plus pragmatique en adoptant une démarche holistique. N’oublions pas que ceux qui viendront en discuter ont laissé pour la plupart derrière eux des situations politiques et sociales compliquées, à l’image du monde contemporain. On viendra justement à ce XVème Sommet pour tenter d’esquisser des solutions. Heureusement que cette réflexion qui vise des schémas inclusifs, va se dérouler loin des trépidations de la capitale, bien qu’à la confluence des routes menant au cœur du pays réel. Un changement symbolique de cap, pour tenter de donner le bon départ à cette émergence qui n’est plus une question de choix, mais de survie…
Les « Lions » ont gagné et, qui plus est, du haut des pyramides de cette Egypte que nous a fait découvrir un digne fils du Sénégal, feu le Pr Cheikh Anta Diop. L’instant d’un tir (quelques secondes) et, de Matam au Cap Skiring, de Bargny à Fomgolombi (choix aléatoire) tous les cœurs ont été au diapason. N’est-ce pas beau, un peuple qui jubile à l’unisson ? N’avez-vous pas bombé le torse en apercevant le vert, jaune, rouge, en repensant aux paroles de l’hymne et à tout ce que le Président Senghor, un éminent fils du pays, nous a légué ? Moi si. Parce que c’est un bonheur irremplaçable et… gratuit. Et le peuple, dans son immense majorité, ne s’est pas privé d’en profiter.

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