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Pénurie d’eau dans la banlieue : Source de malheur

Publié le 06 octobre 2014 par Mamadou Wathy

Les coupures d’eau sont devenues monnaie courante dans la banlieue où certaines femmes sont obligées de monter la garde pour puiser le liquide précieux ou se rabattent sur les pompes «diambar».

ls sont inondés, mais assoiffés. Les habitants de la banlieue ont un rapport particulier avec l’eau. Source de tous leurs malheurs. Cela fait plusieurs mois qu’ils ne disposent plus assez d’eau courante pour satisfaire, leurs besoins élémentaires. Presque quotidiennement, la population fait face au manque d’eau. Obligeant les ménages à se lancer dans d’interminables corvées d’eau. A toutes les heures de la journée, femmes et enfants sont munis de bidons, arpentant les ruelles en quête du liquide précieux.
D’autres préfèrent monter la garde pour atteindre le retour de l’eau à des heures tardives. La nommée Bineta, ménagère à son état est contrainte de faire le guet toute la nuit, pour remplir les seaux et autres récipients. Mais, tous les ménages n’ont pas la chance de voir l’eau couler durant la nuit. Car la coupure peut durer plusieurs jours d’affilés. «Nous sommes tenues de faire la queue au niveau des pompes mécaniques dites pompes «diambar» pour disposer de quelques bassines d’une eau à potabilité douteuse», explique Fatou Ndiaye. Pourtant avant, les autorités sanitaires n’ont de cesse de mettre en garde les populations sur l’utilisation de cette source d’eau. Surtout avec le risque de contamination de la nappe phréatique par les eaux usées.

M. Tall enseignant dans l’élémentaire pense déjà à la rentrée et à ses mômes qui doivent disposer d’eau potable pour étancher leur soif. Il recommande d’ailleurs que les services compétents de l’Etat se penchent véritablement sur l’implantation des pompes qui sont sources de maladies surtout chez les enfants qui ne comprennent pas souvent que le liquide issu des pompes est impropre à la consommation.

Son collègue qui a requis l’anonymat souhaite que des prélèvements soient opérés au niveau des pompes aux fins d’un examen minutieux par les services techniques compétents. «C’est après avoir satisfait à cette exigence que l’on pourrait se faire une idée sur l’eau tirée de certains puits et de pompes surtout que certains apprenants peuvent être amenés à se désaltérer à partir de ces ouvrages», souligne l’enseignant.
En effet, la plupart des quartiers de la banlieue ne dispose pas de système d’assainissement adéquat. Les eaux usées mêlées à celles des fosses septiques peuvent contaminer la source. Nafy présidente d’une association de femmes dans la Commune de Djida Thiaroye Kao, condamne avec vigueur les manquements de la Société Des Eaux (SDE). «En dépit des coupures répétées, la SDE continue de nous délivrer des factures assez salées. Au moindre retard de paiement de l’abonné, la SDE procède à la coupure, avec en prime une taxe supplémentaire à supporter avant toute réouverture», déplore-t-elle.

«Mais le plus cocasse, c’est quand l’on incite la population à plus de propreté et d’hygiène publique et que l’eau continue à manquer de manière criarde», s’exclame, Modou Fall, un chauffeur de taxi. Il se désole que la société chargée de fournir ce service indispensable ne donne jamais des explications satisfaisantes. «Les ménages doivent pouvoir accéder sans grande difficulté à une eau potable faute de quoi, les maladies diarrhéiques vont persister dans certains quartiers où le niveau de vie reste encore très bas», ajoute-il.
Se prononçant sur les délestages et les coupures répétées d’eau dans la banlieue, Mme Diouf a affiché sa préférence pour le manque d’électricité. «S’il y a délestage, nous recourrons à la bougie ou à la lampe torche mais quand les robinets ferment il est difficile de disposer d’eau pour la cuisson, et puis si certains nantis peuvent se permettre d’acheter de l’eau minérale pour boire, le plus grand nombre de nos compatriotes ne peuvent pas se le permettre», déclare la dame.

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