PARTI DEMOCRATIQUE SENEGALAIS - Wade et son cheval de Troie

Naturellement, c’est Wade le patron du Pds. Mais plus le temps avance, plus se précise un pourrissement interne de son parti avec la désignation d’un candidat aux allures de cheval de Troie.
Wade semble s’en faire une religion : quitter la scène la politique non pas auréolé de gloire à la Mandela, mais l’arme à la main. Une sorte de sort cornélien le poursuit. La parenthèse du pouvoir n’y fait rien. Juste un répit et le destin reprend son boulot en lui. Le pape du Sopi est sûr d’une chose, les succès politiques sont au bout d’affrontements musclés avec le pouvoir. Son parti, de contribution au départ, a radicalisé son discours et son déploiement sur le terrain donnant du fil à retordre à ses adversaires. Que Macky Sall ne s’en voile pas la face, le vieux quoique déclinant sous le poids de l’âge est sur le pied de guerre. Le pire est donc bien à craindre. Wade en a donné le signal fort. Sa retraite de Fann Résidence n’a pas figé sa pensée. Au contraire ! Ce confort fonctionne comme un laboratoire. Au bout de la chaîne, Karim Wade candidat du Pds en 2017 !
Tout le monde en convient : Wade se prépare à internationaliser son conflit avec le pouvoir. Ses 12 ans aux affaires lui ont appris que les batailles se gagnent par l’émotion suscitée auprès de pays comme les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne ou l’Allemagne, entre autres. Il s’agira alors de dire qu’un candidat à la Présidentielle est en prison au Sénégal. Opposant, les articles de son ami Jean Marc Kalflèche aujourd’hui disparu, alors journaliste au « Quotidien de Paris », multipliés à la pelle inondaient la rue. Même au pouvoir, Wade ne s’est jamais départi de cette tendance.
La carte Karim est en passe d’être la meilleure au Pds. Le fils de l’ancien président Wade dont la candidature à la présidentielle de 2017 est agitée depuis son incarcération est dans les habits d’un leader. Du moins, on cherche à les lui confectionner. Son père a même avancé que Macky Sall a peur de lui. Le 20 mars, il n’ya point de doute, le fils de l’ancien président sera plébiscité. Sa candidature fera jeu égal avec son quasi-certain emprisonnement. Le procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Cheikh Tidiane Mara a, comme on le sait, requis 7 ans de prison ferme contre l’ex-ministre Karim Meïssa Wade pour les délits d’enrichissement illicite et de corruption et une amende de 250 milliards de francs Cfa. Le représentant du ministère public a également sollicité de la Cour la confiscation de tous les biens présents du fils de l’ex-président de la République Abdoulaye Wade, ainsi que la privation totale de tous ses droits civiques prévus par l’article 34 du Code pénal. Une donne qui remet toutes les pièces du puzzle en l’état.

Karim, presque plébiscité

Quelques petits jours après la débâcle de mars 2012, le Pds était en congrès extraordinaire au Cices. Ce week-end-là, l’ancien président de la République très en verve avait raffermi chez ses militants l’espoir de le voir toujours aux commandes. « Le vieux ne partira pas ! », avait hurlé un « sopiste ». Au Cices plein comme un œuf, la chaleur d’étuve qui plombait l’air obligeait Wade à arracher mouchoir après mouchoir pour s’essuyer. Un climat d’enfer qui a été exacerbé par le discours de feu du pape du Sopi. Ruminant encore sa colère après sa « surprenante » défaite, il attaque les puissances occidentales qui à ses yeux devraient aller mettre de l’ordre dans leurs pays. Le geste raide, Wade martèle être capable de bloquer le pays pendant 10 ans. « Je ne le ferai pas. Je n’ai pas la culture bolchévique (sic) », rassure-t-il. Les militants, eux, commencent à se rendre à l’évidence : « Gorgui » a la poitrine en feu. Un militant qui tentait de l’interrompre par des propos du genre « Gorgui dolignou » s’est vu arrêter net par le vieux.

« Je reste à la barre du parti et je vais rester secrétaire général », avait dit Me Wade, fondateur d’un parti politique dont il a le gouvernail depuis 1974. « Je ne peux pas abandonner le navire libéral », renchérit-il. Pour respecter les formes, il a demandé à Oumar Sarr, le chargé des élections des libéraux d’en être le coordonnateur. C’est seulement après les Législatives que Me Wade promet de renouveler les bases de son parti. Depuis lors qu’y a-t-il à la tête du Pds ? Un Wade décidé à passer le gouvernail à son fils. Le temps que l’horizon s’éclaircisse, deux leaders sont en guerre latente. Oumar Sarr et Modou Diagne Fada.

L’idée d’un Fada patron du Pds est loin d’être ridicule. Car, c’est un militant de la première heure. Il a été à la tête de l’Ujtl, ce réceptacle qui a vu grandir la nouvelle génération incarnée par le jeune député El Hadj Wack Ly. Autre fait intéressant, débarqué du gouvernement, il est revenu aux affaires grâce à « Waar Wi », instrument qui lui a permis de défier Wade et d’être député en 2007. L’image de gaffeur qu’il a donnée au lendemain de l’Alternance l’a quitté. Seulement, redevenu député de l’opposition dans ce contexte explosif pour ses frères sous la menace certaine d’un embastillement, Fada perd le nord. Il retombe dans la fièvre des années de jeunesse Peu lui pardonnent sa subite perte de sérénité. Il pourra toujours se justifier en évoquant la volonté des apéristes de déglinguer leur parti. Son rival présumé, Oumar Sarr lui a visiblement abdiqué au profit de Karim.

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