Parlementaires de l’Afrique francophone - ERADIQUER LE TERRORISME ET LA PAUVRETE DE L’AFRIQUE

Après le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la francophonie de novembre 2014, Dakar a abrité, du 9 au 11 avril, la 7ème conférence des présidents d’assemblées et de sections Afrique de l’Assemblée des parlementaires francophones. Un moment d’échanges et de réflexions pour que des résolutions soient prises afin d’éradiquer le terrorisme et la pauvreté du continent.

ne minute de silence, en l’honneur des victimes du terrorisme, a ponctué la cérémonie d’ouverture de la 7ème conférence des présidents d’Assemblées et de sections de la région Afrique de l’assemblée parlementaire francophone. Les parlementaires issus de 28 pays d’Afrique se sont solidarisés avec les hommes, femmes et enfants «victimes de la barbarie de ces extrémistes» notamment la dernière exaction en date qui a eu lieu à Garissa au Kenya.

Le terrorisme, phénomène qui gagne de plus en plus de l’ampleur dans le monde, a été au cœur des échanges de cette septième rencontre des parlementaires francophones. En conclave du 9 au 11 avril à Dakar, ils ont tenté de mettre à profit les synergies capables d’éliminer les actions terroristes initiées par Aqmi, Boko Haram ou les Shebab et autres groupes terroristes qui ont plongé certaines régions du continent dans l’instabilité.

«L’expérience qui se déroule actuellement au Mali, et dans les pays comme le Niger, le Nigéria, le Cameroun et le Tchad, menace aussi l’ensemble des pays africains jusqu’en Afrique australe. Des moyens doivent être mis en œuvre par les idées, les expériences et les actes que nous devons poser solidairement pour trouver les ressources nécessaires et suffisantes pour lutter contre le terrorisme», a déclaré le président de l’Assemblée Nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, qui analyse par la même occasion la pertinence de cette rencontre internationale.

Epousant la même logique, les présidents d’Assemblées et de sections de la région Afrique de l’assemblée parlementaire francophone ont aussi salué, unanimement, les efforts déployés par les pays du bassin du Lac Tchad qui ont uni leurs forces pour combattre Boko Haram. Loin de se limiter aux constats, les parlementaires ont pris des résolutions afin de contribuer au renforcement de cette synergie. Dans cette perspective, ils ont appelé à assister « la ligne de front dans la prise en charge des victimes du terrorisme et des dégâts économiques collatéraux de la guerre contre les groupes armés terroristes».

OUTILS LEGISLATIFS

La réflexion a aussi porté sur la République du Mali, secouée par l’action des groupes djihadistes. Evoqués lors de cette septième conférence des parlementaires francophones, les attentats meurtriers perpétrés au nord du Mali, particulièrement à Kidal et à Gao, et la destruction des biens précieux déclarés patrimoine de l’Unesco ont été dénoncés. Les présidents d’assemblées et de sections ont soutenu, de fait, la politique de règlement de la crise par le dialogue tel qu’initié par le gouvernement malien. Ils ont ainsi appelé les groupes armés toujours réfractaires à «signer sans tarder les accords d’Alger» inachevés depuis le 1er mars dernier.

Au regard de ces défis et enjeux, le terrorisme sera au centre des débats lors de la 23ème Assemblée régionale des pays francophones qui se tiendra au mois de mai 2015 en Côte d’Ivoire. Il sera question d’approfondir «la réflexion et d’adopter une recommandation forte pour une grande mobilisation des moyens et davantage de synergie entre les principaux acteurs internationaux». «L’Assemblée régionale de Yamoussoukro, de façon plus claire, plus incisive, va formuler des résolutions qui permettront à la communauté internationale de pouvoir agir en toute synergie avec cohérence pour aider l’Afrique à éradiquer le terrorisme», a indiqué le vice-président de l’assemblée parlementaire de la francophonie, Aubin Minaku Ndalandjoko, par ailleurs président de l’assemblée Nationale de la République Démocratique du Congo. En outre, Aubin Minaku Ndalandjoko sollicite l’engagement de ces pairs pour la mise en place d’outils législatifs au sein de l’espace francophone permettant de lutter contre le terrorisme sous toutes ces formes.

RESOLUTIONS ECONOMIQUES

Au-delà des questions sécuritaires, la conférence s’est aussi penchée sur la lutte contre la pauvreté en Afrique francophone. Experts et techniciens ayant déjà échangé sur la question, «des documents ont été préparés sous forme de propositions». Les présidents des assemblées nationales et des sections nationales ont étudié les propositions pour «adopter des résolutions, tracer des pistes et définir un programme d’action». Selon Moustapha Niasse, les résolutions vont porter sur les questions économiques, particulièrement les accords des pays africains avec les partenaires extérieures, notamment les pays du nord. «Ces résolutions vont aussi porter sur la mise en synergie des ressources naturelles des pays africains qui de plus en plus, nous le souhaitons, vont faire l’objet d’une transformation sur place pour créer des emplois pour les jeunes, diffuser de la formation et distribuer la maitrise des données scientifiques qui permettent aux pays du nord de nous vendre leur technologie», a informé le président de l’Assemblée nationale du Sénégal. S’entretenir de la croissance économique et de la lutte contre la pauvreté en Afrique francophone autorise également à parler de l’intégration régionale, plus précisément entre l’Afrique de l’ouest, du centre, de l’est, du nord et l’Afrique australe.

Jean Max Rakotomanmontojy, Président de l’Assemblée nationale de Madagascar
« Tant qu’il y aura ce problème de terrorisme, nos peuples ne pourront pas vivre en paix »

l y a un effort conjugué des participants à cette conférence à trouver des solutions adéquates en ce qui concerne tous ces problèmes, notamment le terrorisme qui est un fléau qui touche certains pays de l’Afrique. La mise en place d’une coalition pour attaquer ensemble ces terroristes est une bonne réponse parce que tant qu’il y aura ce problème de terrorisme, nos peuples ne pourront pas vivre en paix et les questions de développement ne pourront être prioritaires. Sans la sécurité, on ne peut œuvrer pour le développement d’un pays. Cette question a été primordiale au cours de la conférence et on va encore la creuser un peu plus quant à ce qui concerne la stratégie à adopter. Il faudrait mettre en commun les moyens et des stratégies pour faire face à ce fléau et, je pense qu’au bout du compte, on arrivera à l’éliminer. Le combat est d’éradiquer la pauvreté en Afrique et l’Afrique en a les moyens car elle dispose de potentialités naturelles que ce soit sur le continent ou bien autour des îles. Nous avons les ressources humaines, naturelles, en sous-sol et les autres ressources stratégiques. C’est cela qui expose l’Afrique à une convoitise dans le monde.

Cependant, les enfants du continent sont conscients de cette réalité et ils sont prêts à prendre le problème à bras le corps pour que justement ces ressources puissent bénéficier aux peuples. Cela ne pourra se faire qu’avec une politique de gestion durable des ressources. Chaque gouvernement devra davantage investir dans le domaine de la recherche scientifique et la mise en place des outils techniques.

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