Si FAR Limited reste discret sur ses intentions de faire capoter le deal de 430 millions de dollars US devant permettre l’entrée de Woodside Petroleum dans le champ de pétrole SNE au Sénégal, on sait désormais que l’explorateur australien refuse de laisser passer ce qu’il considère comme étant une belle occasion de devenir majoritaire dans le capital social de cette aventure qui promet monts et merveilles, au large des côtes sénégalaises.

 

Selon une déclaration faite ce mercredi par Cath Norman, la patronne de FAR, « il est désormais clair que le champ pétrolier SNE est un projet commercialement viable après la revue à la hausse des réserves pétrolières annoncées le 23 août dernier », le jour même où FAR a publiquement fait connaître, pour la première fois, son intention d’évoquer ses droits de préemption. Cet artifice qui bloque l’entrée de Woodside offre (à FAR) la possibilité d’acquérir les 35% de ConocoPhilips, si d’aventure cette société venait à vendre ses parts. Et l’on comprend désormais pourquoi Peter Coleman,  le patron de Woodside, déclarait : « FAR a vraiment besoin de tomber son masque afin qu’il dise à tous quelles sont ses véritables intentions’’.

Avec ses 15%, FAR Ltd, qui semble désormais avoir développé un appétit beaucoup plus gros sur les champs SNE, peut obtenir la moitié du capital social de ce champ pétrolier du bloc du Sangomar profond. C’est pourquoi la société en veut à ConocoPhilips de lui avoir sciemment préféré Woodside, en omettant de lui donner plus de temps pour présenter une contre-offre. Car dans cette histoire, le bruit court dans les milieux du pétrole coté à l’Australian stock exchange (ASX) que l’offre de 430 millions de dollars US acceptée par ConocoPhilips pour céder sa place à Woodside est en deçà de la valeur réelle de sa participation, compte tenu des nouvelles réévaluations des gisements renfermés par le champ SNE.

 

Il est néanmoins intéressant de noter que, malgré les termes de la joint-venture évoqués par FAR Ltd, ni Cairn ou encore moins l’Etat du Sénégal n’ont évoqué les droits de préemption lesquels, selon FAR, étaient conçus pour éviter qu’une société autre que celles ayant démarré l’affaire du champ pétrolifère SNE ne puissent acheter une partie du capital social. Pour sa part, ConocoPhilip continue de soutenir que depuis l’annonce, en juillet dernier, de son intention de céder sa participation à Woodside, FAR avait tout le temps codifié dans ses droits contractuels de préemption, sans jamais en tirer parti. Il va sans dire que les positions des autres parties de la joint-venture seront déterminantes dans l’issue de cette bataille où FAR met son va-tout. Mme Norman, la patronne de FAR qui se trouve d’ailleurs au Sénégal depuis deux jours, refuse de verser dans cette polémique partie pour devenir une affaire d’avocats, d’experts et du gouvernement du Sénégal.

 

Cela dit, FAR reste optimiste quant à sa capacité à pouvoir mettre la main sur la participation de ConocoPhilips. Preuve que la société de Cath Norman a l’intention d’aller au-delà de l’exploration, après avoir clairement établi que le champ pétrolier SNE est un projet commercialement viable, FAR envisage la mise en place d’une unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO) qui pourra recevoir les hydrocarbures pompées à partir des prochaines installations sur le champ SNE.

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