Nouveau type de JEUNESSE - LA Révolution non violente

L’expérience des derniers jours au pays de Joseph Kabila a-t-elle stoppé l’ardeur de « Y’en a marre » et autre « Balais blindé » dans leur engagement et militantisme pour une Afrique ancrée aux valeurs de la démocratie et de la bonne gouvernance ? Il y a peu de chances, parce que simplement les idées ont des jambes et qu’on ne tue pas l’élan d’une jeunesse consciente qu’elle joue son avenir. La virée en RDC a été certes diversement appréciée, comme le serait toute initiative trop osée et inattendue. A l’image des révolutions. Forts de leurs histoires politiques récentes, jeunes Sénégalais et Burkinabés ont osé ce que de nombreux Africains souhaitent devant les trop nombreux tripatouillages auxquels se livrent encore malheureusement des chefs d’Etat oublieux qu’ils doivent être au service et à l’écoute des populations qui les ont élus et non à celui de leur égo souvent surdimensionné. Comme lors d’un fameux 23 juin au Sénégal, quand il a fallu faire barrière contre une tentative d’annihiler les acquis démocratiques de plusieurs décennies par la volonté d’un homme qui avait estimé que seul son ADN était valable pour diriger. Tel, plus récemment encore, quand au pays des hommes intègres, ils ont dit « non » à la prolongation voulue par Blaise Compaoré. Car la mégalomanie qui affecte les dirigeants africains est la pire des gangrènes affectant ces jeunes démocraties où celui qui a la force publique (comme le conseillait imprudemment Wade au fils d’Eyadéma) pense devoir rester au pouvoir ad vita aeternam, même après avoir atteint ses limites en tant que chef.

Il est heureux dans cette histoire de la RDC qu’on ait su raison garder. Car on se souvient de l’appréciation portée par Fadel Barro, le coordonnateur du mouvement «Y en a marre», sur l’an I de l’actuel gouvernement, il y a un an, presque jouir pour jour, comme quoi : «les raisons de notre indignation d’hier sont toujours d’actualité». Le même Macky Sall a été sollicité pour intervenir auprès de Joseph Kabila. Ce qu’il n’a pas hésité à faire, comme l’y appelle sa mission de chef de l’Etat sénégalais. Car tout aîné doit, à l’image de cette Sénégalaise interrogée au retour du groupe, leur reconnaître « le courage d’assumer leurs idées en risquant leur vie à la place de toute la jeunesse d’Afrique ». Pendant que certains dénoncent des relents mercantilistes, d’autres applaudissent en demandant «si nous, jeunes d’Afrique ne luttons pas contre l’injustice qui le ferait à notre place?» C’est dans ce sens qu’il faut lire l’action de la virée sénégalo-burkinabé au Congo. De fil en aiguille, c’est sans doute un exemple qui fera tache d’huile et bientôt se muera en marée jeunes partout où un Blaise Compaoré en herbe essayera de s’accrocher au pouvoir. C’est un premier jalon vers le développement. Pourvu que soit toujours privilégiée l’action non-violente.

La Rédaction

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