Mauvaise gestion a la SAR et au Port : Carmélo Sagna et Bara Sady écroués

Les anciens directeurs généraux du Port, Bara Sady et de la SAR, Carmélo Sagna, ont été inculpés le 28 novembre dernier par le Juge du premier Cabinet et placés sous mandat de dépôt. Ils ont été rattrapés par leurs fautes de gestion pistées par différents corps de contrôle dont l’Ige, la Cour des comptes et l’Armp.

L’ancien directeur général du Port autonome de Dakar (Pad), Bara Sady, a été placé sous mandat de dépôt, jeudi 28 novembre 2013. L’ex-patron du Port dont la gestion qualifiée de « calamiteuse » a été décriée aussi bien par des rapports de l’Ige que de la Cour des comptes, est poursuivi pour escroquerie de deniers publics et corruption active portant sur une somme de 48 milliards de FCfa. M. Sady est poursuivi pour escroquerie, détournement de deniers publics et corruption active. Plusieurs anomalies dans la gestion de l’ancien directeur du Port autonome de Dakar. Ces missions d’audit concernaient la mise en œuvre d’une revue indépendante pour la vérification, en référence au Code des marchés publics (Cmp), la transparence et les conditions de régularité des procédures d’élaboration, de passation et d’exécution des marchés publics, des avenants et des marchés complémentaires conclus au titre de l’exercice 2009. Pour en revenir à la concession accordée à Dubai Port World, traitée en exclusivité il y a de cela plusieurs mois, le concessionnaire, Dubaï Port World, selon les termes de l’accord signé avec le Sénégal, s’était engagé à s’acquitter d’une contrepartie financière de 54,6 milliards FCfa.

Celle-ci était décomposée en deux tranches dont une première en numéraires non remboursable de 30 milliards FCfa, payée une semaine après la date d’entrée en vigueur. Une deuxième tranche sous forme de participation du concédant (autorités portuaires) à hauteur de 10% au capital de la société d’exploitation, valorisée à 24,6 milliards de FCfa. C’est là que résidait tout le deal qui entourait le paiement du ticket d’entrée. Car, l’enveloppe de 24,6 milliards de francs Cfa, représentant la deuxième tranche, avait été tirée du capital de la société d’exploitation (Dp World investment FZE) appartenant à l’Etat du Sénégal (25% de parts) et à Dp World (75%). A y voir de plus près, on se rend compte que le montant de 54,6 milliards Cfa annoncé dans le contrat de concession ne reflétait pas la réalité des faits. Durant leurs investigations, la question des 75% souscrits par Dp World dans le capital et rétrocédés en bonne partie à des dignitaires de l’ancien régime avait intéressé les corps de contrôle tels l’Ige, l’Armp et la Cour des comptes. Si la moitié des 75% de parts appartiennent à Dp World, il restait à déterminer les encagoulés ayant profité de leurs positions de pouvoir pour faire main basse sur une partie du bien public.

La convention de concession dont la Gazette a publié en exclusivité une copie renseignait que Dp World s’est engagé à réaliser l’aménagement, l’équipement, l’exploitation, la gestion et la maintenance des terminaux à conteneurs (Tac) existant en zone nord du port de Dakar (Tac1, Tac2) et leurs dépendances, ainsi que le Tac3. Elle prévoyait également la conception, le financement, la réalisation, l’exploitation et la maintenance du Port du futur. Plus grave encore, cette infrastructure dont la mise en service, selon la convention de concession, devait intervenir en 2012, n’a jamais pris forme. Bara Sady hérite du même sort que Carmélo Sagna, ancien directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar), qui est, lui, incriminé dans le cadre de l’affaire du fuel dit « frelaté » ayant éclaboussé la gestion de son entreprise. M. Sagna a été envoyé à Rebeuss pour avoir effectué des manœuvres frauduleuses et des détournements de deniers publics. Cette cargaison, qui présentait la particularité de contenir une quantité considérable d’eau mélangée (à du pétrole brut), a été importée par la SAR dans des conditions marquées par bien des irrégularités, manquements et autres dysfonctionnements. Ainsi, Carmélo Sagna a été inculpé et placé sous mandat de dépôt par le Juge du premier Cabinet pour complicité de détournement de deniers publics, escroquerie, faux et usage de faux en écritures privées et corruption. En effet, selon un rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige), la cargaison «Olinda» ne transportait que 50% de la commande de fuel de la Senelec, le reste était alors compensé avec de l’eau.

 

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