Macky Sall est-il trop généreux ? Est-il un homme sans nuance, quelqu’un qui avance beaucoup trop à visage découvert ? Un homme certes déterminé mais qui est très loin de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, qui savait jouer finement de ses relations pour désarçonner ses adversaires. Après deux années de gestion du pouvoir, le président de la République dégage le profil d’un sentimentaliste, soucieux de respecter sa parole et très volontaire dans sa démarche consistant à servir ceux qui l’ont élu. Ce ne sont pas les Sénégalais qui s’en plaindront si cela perdure. Ce retour aux valeurs peut valoir son pesant d’or.

Certains analystes politiques diraient qu’un politique ne saurait être un homme de parole. Les Sénégalais rompus à l’exercice du compagnonnage avec la parole politicienne, sont devenus, eux, de bons adeptes de Saint Thomas. Celui-là qui exigeait de voir pour croire. C’est une bonne lecture de la sociologie de la société sénégalaise qui permet aujourd’hui au président de la République de ne pas faire de promesses mirobolantes. Le désenchantement est si proche chez certains qui ont vécu des lendemains peu amènes avec l’ancien régime, que revivre certaines situations pourrait mettre le pays en péril. La marge de manœuvre du président de la République est donc très ténue et invite à une approche véridique avec le peuple.

Deux ans après son accession au pouvoir, le président Macky Sall requinque le peuple et reconditionne «Goorgulu». Les actes posés sont, en effet, de nature à vivifier l’espoir placé en lui. Ce n’est pas une lecture béate de jalons bien implantés et constituant des étapes ayant même rendu certains euphoriques. Il s’agit en effet d’une volonté bien affirmée d’aller de l’avant pour servir le peuple, en traçant les sillons du futur.

La Gazette va consacrer lors de sa prochaine parution, une édition spéciale à l’an II de Macky Sall. Ce rendez-vous avec nos lecteurs, comme nous l’avons fait l’année dernière, sera l’occasion de nous arrêter sur un bilan qui, nécessairement, présente des forces et des faiblesses. Mais en attendant, la vie de la Nation continue. Et le Président vend du rêve.

La visite du chef de l’Etat en Casamance, la semaine dernière, a été bien saluée et l’occasion a été saisie par Mamadou Berthé, le Secrétaire général du Rassemblement des écologistes du Sénégal (RES), pour lancer un appel pour la mise en œuvre d’un Plan Marshall à la sénégalaise dans cette zone du pays. Il s’agit également de faire de la Casamance, un 7ème pôle de développement.

Cette option hardie mérite d’être creusée pour concrétiser le rêve du grand visionnaire, le Maodo Mamadou Dia, qui voulait faire de la Casamance «la locomotive du développement économique et social du Sénégal». La zone était un havre de paix, à l’époque. Aujourd’hui, l’espoir renaît après plus de trente années de tourmentes. Aussi, au-delà du programme de 23 milliards de FCA -une goutte dans l’immense chantier de la Casamance- il urge de s’atteler à doter la zone sud de tous les moyens possibles dans une démarche résolument optimiste, prouvant qu’une «autre Casamance est possible». Tout le monde doit y croire et travailler autour d’un consensus fort et irréversible. L’émergence de la Casamance impactera durablement sur le Sénégal, tous les experts en économie en conviennent. Il s’agit alors d’y mettre le prix. Le président de la République est attendu à ce niveau.