LUTTE CONTRE LA SURPECHE : D’éminents scientifiques exhortent Macky Sall à porter le flambeau

Seize (16) chercheurs scientifiques ouest africains et internationaux exhortent vivement le président Macky Sall d’agir auprès de ses homologues chefs d’Etat de la région, pour mettre fin à la surpêche. Devenue l’une des principales menaces de nos océans.

D’éminents chercheurs scientifiques ouest-africains et internationaux lancent un appel solennel au président de la République, Macky Sall, afin qu’il porte au niveau régional le plaidoyer pour une meilleure gouvernance des pêcheries en Afrique de l’Ouest. Le 30 avril 2012, le gouvernement du Sénégal a écrit une nouvelle page dans l’histoire de la lutte contre l’une des principales menaces qui pèsent sur nos océans : la surpêche. Une mauvaise pratique qui constitue un pillage systématique et un bradage extrêmement grave des ressources halieutiques sénégalaises. Le président Macky Sall a, en effet, retiré des autorisations de pêche accordées illégalement à des bateaux étrangers sous le magistère de Wade. Cette décision courageuse de mettre fin aux activités des chalutiers pélagiques étrangers a été un message très fort. Car, ayant permis la préservation  de milliers d’emplois et la sauvegarde de la sécurité alimentaire des populations locales. Les scientifiques au nombre de 16 issus de différents pays (Sénégal, Mauritanie, Belgique, Brésil, Canada, France, Gabon et Allemagne) avec le soutien de Greenpeace,  ont ainsi adressé au président Sall une lettre ouverte. En l’invitant à jouer un rôle de leader afin d’inciter ses homologues chefs d’Etat de la région  ouest africaine, à une meilleure gestion des ressources halieutiques, pour le bien-être des communautés et la santé des océans. Selon eux, la situation actuelle représente un gros problème et les choses doivent impérativement changer. «Etant donné le caractère partagé de ces ressources, les mesures que vous avez prises au Sénégal ne porteront réellement leurs fruits que lorsqu’une prise de conscience semblable sera établie au niveau régional», écrivent les scientifiques. Ils poursuivent : «Cette conscience est déjà partagée par les institutions régionales comme le Comité des pêches pour l’Atlantique centre-est (Copace), organe mis en place par la Fao et la Commission sous régionale des pêches (Csrp), dont les différentes recommandations concernant les petits pélagiques vont dans le sens de votre décision».

Selon ces experts, dans le domaine de la gouvernance des pêches, le Sénégal a toujours fait partie de l’avant-garde (…). Ainsi,  sollicitent-ils, le président de faire tout ce qui est en son pouvoir pour convaincre ses homologues de la région. Une requête motivée par la posture de Macky Sall dans la lutte contre la surpêche. Pour cela, les experts estiment que le président sénégalais peut porter le flambeau de cette croisade. «Il doit maintenir sa décision et aller vers les autres présidents de la sous-région, pour gérer de manière durable le peu de ressources qui restent dans nos eaux. Il faut qu’ils soient interpellés et conscientisés jusqu’à ce qu’elle devienne un succès dans la sous-région», ont exprimé les signataires de la lettre. «Toutes les connaissances actuellement disponibles attestent que les pêcheries du monde, en général, et celles de l’Afrique de l’Ouest, en particulier, se dirigent vers un effondrement sans précédent. Si rien n’est fait, les conséquences sociales, environnementales, sanitaires, économiques et politiques seront lourdes pour nos pays qui dépendent étroitement de ces ressources», a déclaré le Dr Alassane Samba, co-initiateur de cette lettre. «Nous invitons le président Sall à entendre ces voix indépendantes qui plaident pour des océans sains au service des générations actuelles et futures», a-t-il ajouté.

Gestion communautaire

L’exploitation des petits pélagiques (sardinelles, chinchards, maquereaux…) le long des côtes ouest africaines est une des nombreuses illustrations des défis que les Etats côtiers doivent relever en matière de gouvernance de la pêche. Les  experts sont d’avis que si rien n’est fait pour une gestion communautaire de ces ressources primordiales, fortement surexploitées, les conséquences seront énormes. «L’Afrique de l’Ouest a plus que jamais besoin d’un leader pour porter les questions relatives à la pêche au niveau décisionnel supérieur. Beaucoup d’espoirs reposent sur les épaules de Macky Sall pour entreprendre ce chantier», soutient Ahmed Diamé, chargé de campagne Océans à Greenpeace Afrique. L’organisation écologiste  invite le président Sall à écouter les voix de ces chercheurs scientifiques ayant une expertise avérée et agir auprès de ses pairs pour la mise en œuvre de politiques de pêche communautaires et durables dans la région afin de préserver la santé des océans et les moyens de subsistance des communautés locales. «Ces pélagiques constituent dans la sous-région une importante source de revenus et d’emplois. Leur transformation assure des revenus à des milliers de personnes, spécialement à certains groupes vulnérables et notamment les femmes», ont soutenu les chercheurs qui estiment que tous les stocks sont en train de baisser à cause des flottilles étrangères qui pêchent au niveau régional. «Non seulement elles n’ont pas d’autorisations en adéquation avec les lois sur la pêche, mais elles pêchent très mal. Ces vaisseaux font plus que la mer ne supporte, plus que ce qui est reproduit par la mer. Le stock disponible va s’effondrer et disparaître». Les conséquences sociales de cette surpêche sur les gens, sur le continent et les communautés locales, sont prévisibles.

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