L’esprit des sycophantes

Les veilles de campagne électorale et les renouvellements des instances sont toujours affligeants au Sénégal. Du Bds au Sfio en passant par l’Ups-PS - une affaire de socialistes - tout autant qu’avec le PDS qui leur a succédé au pouvoir et présentement avec l’Apr, les frères ou camarades de parti ont toujours mis entre parenthèses leur commune volonté de vivre ensemble, pour s’étriper. Les autres partis ne sont également pas exempts de reproches à l’approche de certaines échéances. Ce fut le cas de Rewmi de Idrissa Seck, la semaine dernière lors de son assemblée générale départementale à Thiès. L’Apr est dans l’œil du cyclone parce qu’elle est au centre de toutes les attentions. Il n’y a pas encore eu de mort dans les rangs du parti au pouvoir, miné par des querelles de positionnement ; mais au rythme où vont les choses, on redoute le pire. Les superviseurs chargés d’accompagner la confection des listes de ce parti en vue des élections locales craignent pour leur vie dans certaines localités. Cette situation délétère du parti au pouvoir ne surprend guère ceux qui ont suivi le cheminement de l’Apr confronté à la gestion du pouvoir. Bagarres par ci, coups de feu accompagnés d’invectives par là, une armée mexicaine en somme, telle est l’image que projette le parti qui a la prétention de diriger le pays. Macky Sall le président de la République et secrétaire général de l’Apr, a interpellé ses hommes, ses femmes et ses jeunes, le week-end dernier, en leur demandant d’arrêter de se donner en spectacle. Brandissant le gourdin, il a dit : « je vais sévir sans états d’âme ». Au-delà de cette option, il s’agit également d’inculquer la culture militante à des adhérents peu soucieux de l’intérêt général. Adhérer à un parti, c’est accepter un code d’honneur. C’est accepter une discipline. Il urge pour l’Apr, aujourd’hui, de bien activer son Ecole du parti ; pour que, demain, l’exemplarité soit de mise au sein de ses militants.

Sur un autre registre, les Sénégalais ont bien écouté Mme le Premier ministre Aminata Touré. Egratignée de tous bords par des responsables de l’Apr, Aminata Touré a essayé de dissiper tous les malentendus avec le président de la République. « Nos relations sont au beau fixe, ce sont des relations de travail intense». Une déclaration faite pour rassurer l’opinion publique, mais suffira-t-elle pour apaiser l’ardeur de ceux qui pensent qu’elle doit être limogée par le président Macky Sall parce qu’elle lorgnerait son fauteuil ? Les marchands de teinture d’iode, jargon connu chez les politiciens sénégalais, ne seront pas freinés par les déclarations de Mimi. Elle le sait. A elle donc de faire fi des propos des sycophantes pour se mettre dans l’urgence des options arrêtées par le président de la République. C’est peut-être la meilleure manière de sauver son fauteuil.

Les autorités de régulation sont-elles un frein au développement ? Le débat est posé aujourd’hui sur une relecture de la Régulation qui est un couteau à double tranchant, selon les propos du ministre du Budget. En les (autorités de Régulation) soumettant aux tests de performance -quelle bonne idée- on pourra apprécier l’impact de leur activité sur l’économie nationale. Les urgences signalées notamment dans le cadre de la mise en œuvre du PSE, et toutes les dénonciations concernant les marchés de gré à gré invitent à une approche qui doit rester rigoureuse de la Régulation. Un débat qui doit se faire dans la sérénité.

You may also like...

Add Comment Register



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>