Les Lions au Havre le 28 Mars - MATCH TEST-du «technicien» Aliou Cissé

Sénégal-Ghana ouvre l’ère Cissé au Havre en France. Alors, quelle rédemption après l’échec de la Can 2015 ? Le Havre sert de test au nouveau coach des Lions, Aliou Cissé. Il effectue sa rentrée le 28 face au Ghana, le 31, il enchaîne avec le club éponyme. Mais avant, faisons connaissance avec Aliou Cissé, le coach.

La présentation ne se fait pas face à face. Une haie de caméra et de techniciens encombre la vision. C’est le mur de séparation entre des journalistes et Aliou Cissé. Alors, pas facile de voir ou lire ses sensations, ses craintes, ses peurs, ses joies. Rien que des voix nous arrivent. Mais, à la fin du speech de Senghor, un petit couloir se dégage. On aperçoit un Aliou Cissé, presque timide. Il cherche des forces intérieures. Pendant que les uns s’affairaient autour de la table à réinstaller les micros et dictaphone, il retire ses lunettes, s’humecte le visage avec sa main gauche, remet ses montures et enchaîne par les salutations d’usage, félicite la performance des juniors, finaliste du Chan U20. Remercie le peuple et à la Fédé de la confiance placée en lui. A la presse, il jure d’être «un partenaire», convie au «respect» et brosse une partie de son projet avec les Lions.

Cissé qui a pour mission d’engager le Sénégal dans les voies de la victoire, des trophées invite à la rétrospection et à de nouvelles valeurs. «Je décline le projet, mais c’est aux joueurs d’en faire un projet personnel. C’est important que les garçons adhèrent à ce projet. Au-delà de nos qualités techniques, il nous faudra d’autres valeurs. Savoir qui nous sommes. Quelle est notre identité ? La façon dont on veut jouer, notre style de jeu. Qu’est-ce qu’on vient faire en Equipe nationale ? Est-ce que ces garçons sont ambitieux ou ont-ils vraiment envie de réaliser quelque chose ?».

Les grandes lignes de son plan quadriennal ainsi dcliné, le Havre servira de test. Les premières réponses sont attendues de ses premiers rendez-vous. Le 28, les Lions jouent contre le Ghana, finaliste de la Can 2015 et le 31 face au club de la ville. Pour écrire l’histoire, Cissé opte pour la continuité. Il s’appuie sur le groupe de janvier. Ne dit-on pas que les succès naissent des échecs ?

Pour sa première chez les A, Aliou Cissé a rappelé Demba Bâ et fait entrer quatre nouveaux : Abdoulaye Diallo, gardien du Havre, Diawandou Diagne (Barcelone), Babacar Khouma (Fiorentina), Cheikh Ndoye (Créteil). Ses anciens olympiques déclassés, le successeur d’Alain Giresse justifie ses choix. Il élargit sa base et ouvre la Tanière à toux. «Tous les bons joueurs ont leur place dans l’équipe. » et d’entonner une sérénade pour Demba Bâ. «Le choix de Demba, ce n’est pas un cadeau. Il a de l’expérience, c’est une suite logique de faire revenir les meilleurs joueurs de l’équipe.» Me Senghor renchérit :«Notre rôle est de rassembler l’ensemble de la famille du football.» Fair-play.

Le début de Cissé en Equipe A se fera sans Papiss Cissé, en rééducation à Paris et Diafra Sakho, non sélectionné. Le sociétaire de West Ham paie son manque de motivation et d’engagement à rejoindre les Lions en janvier dernier. Il était supposé indisponible six semaines, mais en pleine Can, il a rejoué avec son club et signé un but en Cup. Mais Cissé ne ferma pas la porte définitivement. Il rassure: «Il n’y est pas aujourd’hui, mais il y sera un autre jour.» Senghor apporte des précisions :«La porte n’est pas fermée, mais nous avons besoin de gage, de l’envie du joueur. On peut laisser passer des états d’âme (Demba Bâ) mais pas un manque d’engagement pour le maillot national.»

Ni Pep (Gardiola) ni Mourinho, je vais faire du Aliou Cissé

Après un début d’année en grimaces, des regrets et de changement, Cissé symbolise l’espoir d’un renouveau. D’un Sénégal qui gagne. Capitaine des Lions en 2002, meilleur performeur de l’Equipe nationale du football, finaliste à la Can et quart de finaliste mondial, Cissé est crédité d’un caractère de meneur d’homme, un aboyeur. «Je ne suis pas que cela, je suis aussi un technicien. Il poursuit : «On a montré plus les cris et rigueur. J’ai été choisi pour faire grandir l’équipe, pour la faire gagner.» Pour ce faire, il s’appuiera, dit-il sur «la solidarité d’équipe».

L’ex capitaine pressé de montrer sa technicité, lève le voile de sa marque. «Je ne suis ni Pep, ni Mourinho, je vais faire du Aliou Cissé.» Les Sénégalais ont quatre ans pour apprécier le style. La durée du bail dont les objectifs et missions consiste à «maintenir le Sénégal dans le Top 10 du ranking africain et d’être présent dans les compétitions africaines (Can 2017) et mondiale (2018)», précise Me Senghor, le président de la Fédération sénégalaise de football (Fsf).

La fédé veut des solutions pérennes pour faire briller le Sénégal en Afrique. Et enfin répondre à ses espoirs de 2009 quand renaissait la Fédération après la normalisation. Des ruptures sont annoncées pour la direction technique pour sortir de ce cycle infernal de désillusions durable. Senghor a déjà promis «plus de pouvoir à la Dtn». Avec de nouveau pouvoir, Mayacine Mar, le Dtn va sortir le Sénégal de son inconstance. C’est dans la stabilité que les équipes naissent, grandissent et gagnent, le cas de l’Allemagne est illustratif. Joachim Löw est sur le banc depuis 2002, d’abord adjoint de Jürgen Klinsmann, finaliste au Japon, puis comme titulaire, il essuya et encaissa des revers en 2006, 2010 avant d’être sacré champion du monde en 2014 au Brésil.

Mar a vécu le drame équato-guinéen par deux fois, en 2012 en temps que coach adjoint, puis comme directeur technique en 2015. Le technicien sénégalais a le vécu et a décelé les failles. Il reste à redéfinir le programme du football sénégalais enlisé dans des mauvais résultats au plan international. Depuis Japon 2002, les Lions peinent à se sublimer, à hisser le drapeau national. De 2006 à 2015, le Sénégal s’enlise dans la reconstruction. Le foot sénégalais peine à décoller malgré les efforts consentis dans l’organisation et l’environnement des Lions. Rêves brisés et illusions perdus constituent le lot des Sénégalais. Pourtant, les équipes ne manquent pas d’allure. Les Lions ont le potentiel, la jeunesse, la valeur et la classe. Demie finaliste en 2006, puis c’est les éliminations répétitives au premier tour, en 2008. En 2012 et 2015, la Guinée Equatoriale à coup sur coup a freiné le rêve de grandeur des coéquipiers de Bouna Coundoul. Malabo va peut-être enterrée les échecs répétitifs. Pour ce faire, Aliou Cissé doit arrêter l’hémorragie du banc. En 10 ans, les Lions ont avalé six coaches (Abdoulaye Sarr, Henry Kasperszack, Lamine Ndiaye, Amara Traoré, Joseph Koto et Giresse), dont trois entre 2011 et 2015, Traoré, Koto et Giresse. Des joueurs aussi ont été sacrifiés sur l’autel des déroutes. Des projets sont tordus ou laissé en rade.

Le second mandat de Senghor sera-t-il plus fructueux que le premier. Cissé résistera-t-il là où Amara avait échoué ? En début du premier mandat, Augustin et Amara font un projet de quatre ans, qui va de la reconstruction, à la consolidation, de 2012 à-2014 pour finir par la conquête du titre à l’horizon 2015-2017. Ils réussissent la première phase, les Lions retrouvent la scène africaine après les échecs de 2008 et l’absence du Sénégal en 201O en Angola et en Afrique du Sud, en se qualifiant à Gabon-Guinée Equatoriale avec brio. Mais, le fiasco de Bata fait escamoter les plans de relance. Le projet est mis sur le carreau, on a recommencé à zéro. Aujourd’hui, le même module est proposé à Aliou Cissé. Sera-t-il au bout de son quadriennat ?

Liste des 28 joueurs :

Bouna Coundoul (Platinium Stars FC, Afrique du Sud), Pape Demba Camara (Sochaux, France), Lys Gomis (Trapani, Italie), Abdoulaye Diallo (Le Havre, France), Zargo Touré (Le Havre, France),Lamine Gassama (Lorient, France), Papy Djilobodji (Nantes, France), Lamine Sané (Bordeaux, France), Cheikh Mbengue (Rennes, France), Boukhary Dramé (Atlanta Bergame, Italie), Pape Ndiaye Souaré (Crystal Palace, Angleterre), Ibrahima Mbaye (Bologne, Italie), Diawandou Diagne (FC Barcelone, Espagne), Kara Mbodj (Genk, Belgique), Cheikh Kouyaté (West Ham, Angleterre), Demba Bâ (Besiktas, Turquie), Pape Kouly Diop (Levante, Espagne), Idrissa Gana Guèye (Lille, France), Stéphane Badji (Istanbul BB, Turquie), Alfred Ndiaye (Betis Séville, Espagne), Salif Sané (Hanovre, Allemagne), Sadio Mané (Southampton, Angleterre), Babacar Khouma (Fiorentina, Italie), Mame Birame Diouf (Stoke City, Angleterre), Moussa Sow (Fenerbahce, Turquie), Dame Ndoye (Hull City, Angleterre), Cheikh Ndoye (Créteil, France), Moussa Konaté (FC Sion, Suisse )

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