Le chiffre qui fait sursauter, c’est la masse salariale de la Fonction Publique sénégalaise qui est passée de 170 milliards en 2000 à 457 milliards en 2012, avec une projection de 491 milliards aujourd’hui. Ceci, compte non tenu des 100 milliards de FCFA qui doivent permettre de régler la masse salariale des volontaires et contractuels. Un exercice de camouflage budgétaire dû aux contraintes l’UEMOA qui veut que tout pays membre de cette union ne dépasse pas les 35% de son budget. Un cadrage qui doit permettre de bien investir avec la confiance des partenaires. La vérité budgétaire rend le Sénégal hors-la-loi, car le cumul de sa masse salariale représente 42%. Cette situation ne saurait perdurer et l’on est en droit de se demander quand est-ce que le Sénégal atteindra seulement l’émergence économique avec une masse salariale  qui plombe son horizon ?

A la vérité, les nouvelles autorités auront beau dire et beau faire, si des mesures radicales ne sont pas prises, le bout du tunnel est fort embouché. Les fondements économiques vacillent au Sénégal, avaient averti certains économistes préoccupés par les engagements financiers du défunt régime de Abdoulaye Wade. Macky Sall qui bute sur une situation économique délétère, ne le démentira. Ce n’est pas la récupération hypothétique des milliards de la traque des biens mal acquis qui réglera les problèmes. Cela, les Sénégalais le savent avec le rapport publié par la Banque Mondiale il y a quelque temps, qui révèle le taux extrêmement faible de l’argent qui a été recouvré dans les pays qui se sont adonnés à cette pratique. Ce n’est donc pas en comptant sur le retour des milliards de FCFA pillés par les pirates de la République que le Sénégal émergera. La solution devrait venir d’une volonté affirmée des nouvelles autorités qui devront combattre toute forme de corruption et mettre les Sénégalais au travail. C’est du déjà entendu, certes, mais le discours ne sonne pas creux dans un pays qui n’a jamais su prendre en charge son Destin. Au-delà d’un débat stérile sur lequel doit conceptualiser le Plan Sénégal Emergent, les Sénégalais veulent des actes. Avec un taux de croissance qui tourne autour de 4 à 5 %, on ne peut penser développer un pays sur une échéance de 10 ans, la durée du magistère de Macky Sall s’il est réélu. Le ministre de l’Economie et des Finances en a fait l’aveu dernièrement ; mais à la vérité, on n’a pas besoin d’être un expert en économie pour le savoir. Par contre, tout citoyen sérieux sait que son épanouissement passe par le travail. Ce culte n’est malheureusement pas encore suffisamment  ancré chez la plupart des Sénégalais, qui ne veulent qu’un emploi de fonctionnaire. Ce n’est pas ainsi que se construira le Sénégal de demain.  Abdoulaye Wade, l’ex président de la République du Sénégal, avait son Sénégal Emergent 2015. Macky Sall propose à la nation son Plan Sénégal Emergent 2025. Avec comme soubassement de  « hisser le taux de croissance à 7% et le ‘’maintenir’’ à ce niveau sur au moins une décennie ». Pour atteindre cet objectif, ce sont les autorités qui sont fortement attendues pour que ce qui s’est passé par exemple avec le Fonds de Promotion Touristique, soit banni. On ne peut utiliser un fonds qui n’a pas été voté, pour soutenir une icône de la musique mondiale. C’est la porte ouverte à toutes les dérives.

Depuis près de 18 mois que le nouveau régime est en place, donc, le décollage tarde. Ce n’est que grâce à un sursaut national que les Sénégalais y arriveront. L’entrisme politique ou la transhumance que condamnent certains puristes sont de bons débats de salon ; mais à la vérité, ce qui doit véritablement préoccuper, c’est le culte du Travail. Il est vraiment l’heure, citoyens.