Le Sénégal vaut bien une amnistie

Qu’apporterait une amnistie fiscale au Trésor public sénégalais ? La réponse est fort difficile, mais l’entreprise serait fort intéressante. De l’argent liquide à gogo comme on ne pourrait en rêver si l’appel des autorités est bien entendu. Une réponse citoyenne très attendue qui signifierait une belle prise de conscience pour construire une nation très forte. Cet effort national sera déterminant. C’est une question de dignité. Il y a des Sénégalais riches, très riches, qui ont gagné leur argent fort honnêtement, mais qui ont choisi de garder leur pécule très loin du pays où il ne sera pas profitable à leur société. Or, rapatrié, cet argent serait fiscalisé. De l’argent qui pourra être investi à bon escient pour donner un nouveau souffle à l’économie nationale. C’est un rapport de confiance qui mérite toutes les attentions.

Le royaume du Maroc qui a lancé une opération d’amnistie fiscale en 2014, a engrangé près de 12 milliards de dinars (plus de 600 milliards de FCFA) qui vont lui permettre de développer ses projets infrastructurels. Une démarche intéressante qui lui permet d’éviter les lourdeurs et les pénalités du marché financier. Cette mesure prise par le gouvernement chérifien est une réponse au manque de liquidité dont souffrait l’économie marocaine. C’est pour faire face à l’urgence que l’option a été déroulée. Des dispositions particulières ont été mises en place pour encadrer l’amnistie fiscale au Maroc. C’est ainsi que ceux qui s’engagent à rapatrier leur argent au pays ont l’obligation, entre autres, que leur argent soit changé en dinar à hauteur de 75%.

Le Sénégal a besoin d’argent frais. Il lui en faut pour dérouler le Plan Sénégal Emergent qui est la matrice de toutes les ambitions du nouveau régime. L’objectif Emergence en 2035 peut être atteint si toutes les synergies sont réalisées. Aussi, en ce mois béni de Maouloud, moment de célébration de la naissance du prophète Mohamed (PSL) quelques jours après l’anniversaire de Jésus Marie et la célébration du Nouvel An, une amnistie fiscale ne saurait être saugrenue. Gouvernant d’une terre de grâces et de pardon, mais aussi d’un pays désargenté, le président Macky Sall a bien besoin d’argent pour mener à bien ses projets. Les messages du Maouloud pourraient lui inspirer des décisions très intéressantes comme l’amnistie fiscale.

Mais cette démarche va faire grogner dans certaines sphères. Elle doit pourtant être envisagée parce que c’est une opportunité pour booster l’économie nationale. De l’argent, on en trouve partout aujourd’hui à travers le monde. Il suffit même de se pencher pour en ramasser à la pelle. Fort heureusement, les experts du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) qui encadrent les gouvernements de la zone CEDEAO veillent, même si c’est difficilement, sur le caractère licite de l’argent injecté dans nos économies. C’est une fierté nationale de pouvoir compter sur soi. Le port du futur, le projet des aéroports régionaux et d’autres doivent se faire avec l’expertise nationale. Nos entrepreneurs qui revendiquent leur part dans ses chantiers ont raison de réclamer leur part. Mais leur revendication achoppe sur leurs possibilités financières. L’amnistie fiscale devrait être une belle opportunité pour que la préférence nationale soit une réalité.

Certes, dans le contexte d’un Sénégal taraudé par la traque des biens mal acquis et la mise en branle de l’OFNAC, l’idée d’une amnistie fiscale semble fort saugrenue. Ce n’est pas plus mal que la transaction financière agitée il y a quelques mois dans le cadre de la traque des biens mal acquis. Cette amnistie fiscale présente l’avantage d’avoir un champ plus vaste car pouvant s’étaler de l’indépendance jusqu’à nos jours. Des dispositions seront à prendre pour encadrer cette option. .

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