C’est le 28 septembre 1960, quelques mois après son indépendance, que le Sénégal adhère à l’Organisation des Nations unies. L’engagement est de  remplir les obligations de la Charte en vue de la promotion et de la consolidation de la paix internationale. Avec plus de 33 000 soldats déployés depuis lors sur le terrain, le Sénégal est classé 14ème sur les 115 pays contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. Le Sénégal a participé à plus de vingt missions des Nations unies avec près de 25 000 militaires (sur les quelque 33 000 déployés au total dans le cadre de missions de paix), ce qui lui confère une certaine expérience en matière d’opération de paix.

Outre la sollicitation des troupes, l’ONU procède régulièrement à la nomination de personnalités militaires et civiles sénégalaises pour diriger les missions de la paix. C’est ainsi que Moustapha Niasse (ancien ministre des Affaires étrangères) fut nommé en 1999 représentant de l’ONU dans les Grands Lacs en République Démocratique du Congo. Le Général Mountaga Diallo fut, quant à lui, commandant des forces de la Mission de l’ONU au Congo (MONUC) de mars 2000 à décembre 2003 et le Général Babacar Gaye, nommé en 2013 Représentant Spécial et chef du bureau intégré de l’ONU en Centrafrique (BINUCA), a accumulé une longue expérience au sein de diverses missions onusiennes. Le Général Abdoulaye Faye a, lui aussi, occupé le poste de commandant des Forces de l’ONU dans le cadre de l’ONUCI, en Côte d’Ivoire. Le professeur Abdoulaye Bathily, représentant spécial adjoint de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a été nommé l’année dernière.

Extrait d’entretien avec Mark Doyle, journaliste à la BBC

Je ne serais pas présomptueux de dire qu’il était mon ami. … J’ai appris à le connaître un peu, parce que je vivais au Sénégal avant. Je peux dire quelques mots de wolof, qui est leur langue. Donc j’avais l’habitude de lui dire « Bonjour’’ « en wolof, ce qu’il trouvait amusant. Je ne savais pas à l’époque ce qu’il faisait. C’est après sa mort que j’ai appris qu’il avait sauvé beaucoup de personnes. Il était une personne très dynamique et il était très franc. Il était toujours à la bourre avec des cartes sous le bras. Son travail officiel, je crois, était la liaison avec l’armée gouvernementale, de sorte qu’il voyait régulièrement le général Dallaire, le commandant de l’ONU, qui voulait obtenir un cessez-le feu. Capitaine Mbaye Diagne était là pour permettre à un convoi d’aide de passer, ou permettre à la Croix-Rouge d’aller secourir quelques personnes. J’ai par la suite appris qu’il avait sauvé la famille du Premier ministre et avait abrité les enfants dans sa propre maison. Il a également sauvé beaucoup d’autres personnes en parcourant la ligne de front, cachant les gens dans sa voiture, les conduisant à travers les tirs de part et d’autre. Je me souviens qu’il se méfiait des médias. Je veux dire que la plupart des soldats se méfie essentiellement des médias jusqu’à ce qu’ils arrivent à un niveau très élevé. Je me souviens qu’il m’a dit : « Pourquoi dites-vous que les gens de la milice sont en train de tuer les Tutsis ? ». J’ai répondu : « Eh bien, parce qu’ils le font ». « Il a repris :  « Mais si vous continuez à le dire, cela va rendre notre travail plus difficile ». Je n’étais pas d’accord avec lui. Je pense que nous devrions faire notre travail de journalistes. (…). Mbaye  a été très en colère contre moi, un jour, en fait, mais nous avons continué à parler et sommes resté amis. Comment faisait-il pour passer à travers ces points de contrôle avec les personnes qu’il s’évertuait à sauver ? Certaines armées africaines sont très bonnes. L’armée sénégalaise est relativement assez bonne. Elle n’a rien à envier aux armées des grandes nations au plan mondial, en termes techniques. Mbaye était extrêmement compétent en négociations …  Je me souviens qu’une fois j’étais dans sa voiture, nous allions voir un orphelinat. Nous avons été arrêtés par la milice gouvernementale. Le milicien se pencha par la fenêtre avec une grenade à la main et commença à l’agiter devant moi parce qu’il pensait que j’étais belge ; car à l’époque les Belges étaient perçus par le gouvernement comme des pro- rebelles. Le capitaine a brisé la tension en disant que c’est lui le Belge noir. Il a ajouté : « En fait, regardez, ce mec est de la BBC. Voici son badge. C’est un journaliste de la BBC, il est britannique et il n’a rien à voir avec la Belgique ». Je me demande si un soldat canadien ou un soldat français aurait pu le faire. Il m’a sauvé la vie ainsi qu’à tous les autres qui auraient pu être tués par cette grenade (…).