LA VRAIE BAGARRE ENTRE IDY ET MACKY Transhumance

Ce n’est pas de gaieté de cœur que Macky Sall veut à tout prix légitimer la transhumance. Son rival le plus sérieux, Idrissa Seck, veut lui arracher les gros poissons libéraux avant 2017. Alors que tout indique la probabilité d’un dangereux rapprochement Pape Diop-Idy.

Idrissa a normalement retrouvé le sourire. Depuis quelque temps, tous les chemins semblent mener vers l’ancien Premier ministre. Une sorte de fatale convergence s’élabore petit à petit autour du leader de Rewmi. Même si la candidature de Wade en 2017 n’est pas à exclure, celle du maire de Thiès, elle, prend forme et déborde les causeries tenues dans les salons pour se retrouver carrément dans la rue. C’est clair, la carte Idy est bien dans les esprits des libéraux. L’éventualité n’est plus à écarter. En vérité, Idrissa Seck se préparait depuis longtemps à cette donne. C’est cette donne qui sème la frayeur dans le camp présidentiel qui n’a plus le choix.
Au palais de la République, une vraie course contre la montre a été lancée depuis belle lurette. Macky Sall sait bien que le ralliement des pontes libéraux n’a jamais été pour lui une bonne affaire dans l’opinion. Ses conseillers ont dû bagarrer ferme pour effacer des mémoires et des esprits le désastre né de l’enrôlement d’Awa Ndiaye à l’Alliance pour la République (Apr). Sitôt annoncée, la nouvelle avait eu les allures d’un poisson d’avril. D’abord pour sa proximité avec le début du mois d’avril, mais surtout pour l’énormité du « scandale ». Encore épargnée par la traque des biens mal acquis et même blanchie, le nom de l’ex-ministre d’Etat de Wade s’est négativement sédimenté dans les esprits. Il y a l’affaire des cuillères, mais aussi la bagarre ( ?) avec Aminata Tall aux couloirs du palais au temps de Wade. Le succès éclatant du Plan Sénégal émergent (Pse) au Club de Paris n’avait pu écraser l’indignation partie de l’arrivée d’Awa Ndiaye à l’Apr. Macky Sall avait-il vraiment le choix ? On peut en douter. Les bruits de bottes du maire de Thiès sont tellement terrifiants que le chef de l’Etat semble obligé de céder.

A qui ralliera le « bétail » politique

Macky veut, au plus vite, recruter les gros poissons libéraux avant la Présidentielle. Et prendre de l’avance sur son vrai adversaire, Idrissa Seck. La brutale saignée qui affecte le Parti démocratique sénégalais (Pds) est inspirée par cette ligne de conduite. Une « religion » qui découle de la volonté forcenée de Macky de mettre la main sur les grands électeurs libéraux. Peu importe l’indignation et l’émotion que les nouvelles recrues de l’Alliance pour la République (Apr) arrachent à l’opinion. C’est le temps de la politique, celle qui fait peu de place à la morale et déblaie le terrain pour la massification à 100 %. Ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre sous Wade, Macky Sall a suffisamment d’expérience pour savoir là où se jouent les tendances lourdes en période électorale. A-t-il conscience que sur le chemin, il y a quelques collines à gravir et quelques murailles à faire tomber avant de (re) monter sur le podium ? Il y en a qui commencent à s’en convaincre. Autrement, rien ne semble justifier l’arrivée à l’Apr de leaders à l’aura bien terne comme Awa Ndiaye, Innocence Ntap Ndiaye, Bécaye Diop, entre autres. Ces têtes de pont du Sopi continuent d’entretenir un groupe de fidèles. Et ils militent dans des villes emblématiques dont le contrôle est d’une solide confiance. Saint-Louis, Ziguinchor et Matam, une sorte de triangle de sécurité qui hante le pouvoir, décidé à les contrôler. Thiès et Dakar étant hautement aléatoires, Kolda, Kédougou et Tamba en proie à des dissensions mortelles, Macky sait de science quasi-certaine que 2017 se jouera dans le « bétail » prêt à transhumer. Il faut à tout prix une bonne avance sur l’opposition ankylosée par le succès du Pse au Club de Paris et les actes d’allégeance qui fusent des milieux maraboutiques. Pour le palais, le bonheur passe par une mainmise sur le Pds.

Pression

Le temps presse. Il faut engager une course contre la montre. Car, libre de tout lien avec la mouvance présidentielle, Idy va naturellement chercher à capter ce qui reste du Pds. Lui comme Macky Sall ont toujours rêvé de cueillir les fruits mûrs du Pds. D’ailleurs, Wade qui sait bien que les « restes » du Sopi aiguisent des appétits avait lancé une invite destinée à rassembler la famille libérale. Face à la presse à Paris, un certain 9 juillet, il a joué au blasé. « Les retrouvailles de la famille libérale ne sont pas une préoccupation », a-t-il réfréné. Puis d’ajouter être ouvert en direction des militants du Pds décidés à venir travailler avec lui « pour asseoir un processus de développement cohérent du Sénégal ». Le tout était, on s’en souvient, enrobé dans le concept de « compromis historique ». Une sorte de légitimation théorique de la transhumance qui précède la sortie catastrophique de Kaffrine. Au rythme où se développe la chronique de la traque des biens supposés mal acquis, notamment avec l’emprisonnement de Karim et de certains caciques, il y a très de peu de chances que l’Apr soit attractive pour les libéraux. Ces derniers entretiennent encore l’esprit de vengeance. Ils sont pressés d’en découdre avec Macky Sall et de lui donner la preuve électorale que l’option engagée n’est pas opératoire. Leur propre parti, le Pds n’est plus un foudre de guerre. Il leur faut à tout prix une bonne alliance pour faire mordre la poussière aux apéristes. En quoi donc Idy passe pour le sauveur chez les Sopistes.

Quand se profile une alliance Pape Diop-Idy

Une conjoncture politique qui commence d’ailleurs à faire l’affaire d’Idrissa Seck. La première alerte est donnée par Pape Diop, secrétaire général de l’Alliance Bokk Gis Gis.

Pape Diop-Idy ! Que n’a-t-on spéculé sur les deux hommes ? Durant quasiment tout le temps de la rupture entre Wade et Idy, une rumeur diffuse a été entretenue faisant de Pape Diop un proche du maire de Thiès. Les deux hommes ne se sont jamais accrochés au pire moment de l’affaire des Chantiers de Thiès. Au plus fort de cette affaire, l’ex-maire de Dakar et président de l’Assemblée nationale a essuyé nombre d’attaques voilées au sujet de son accointance supposée avec le maire de Thiès. A maintes reprises, Pape Diop a dû sortir de son mutisme pour démentir les accusations. Il a été, sans doute, contraint de réprimer indignation et révolte face aux « fous » de Wade décidés, alors, à le tirer de son silence coupable. Tout les rapproche donc. Et cette alliance politique pourrait faire mal. D’autant que l’ancien maire de Dakar a fait bonne mine aux dernières Législatives. Sa coalition a arraché quatre députés.

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