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La semaine économique : AFRIQUE : la classe moyenne a grossi, selon la BAD

Publié le 24 novembre 2014 par Fara SAMB

L’Afrique est à la croisée des chemins et tout le monde dit qu’elle se réveillera bientôt. En tout cas, la Bad apporte de l’eau au moulin des afro-optimistes, alors qu’au Sénégal le débat sur « la tyrannie du riz » devient de plus en plus passionné, avec une sortie argumentée du ministre Abdoulaye Seck.

70 millions de personnes, soit 34 % de la population africaine estimée à 1,1 milliard, appartiennent aujourd’hui à la classe moyenne. C’est ce que révèle une étude de la Banque africaine de développement (BAD). Particulièrement intéressante pour les afro-optimistes, l’enquête qui a porté sur 20 ans et couvert 800 000 foyers de 37 pays africains a montré en effet que « plus d’un Africain sur trois appartient à la classe moyenne ». Selon le site Afriik.com du 28 octobre, qui donne l’information, « ce chiffre devrait atteindre 42% d’ici 46 ans », L’étude de la BAD, dévoilée à Johannesburg ajoute que les prévisions du FMI donnent un taux de croissance de « 5,1% cette année, contre 4,7% en 2013, et jusqu’à 5,8% l’an prochain, grâce à une hausse des investissements dans les ressources naturelles et les infrastructures ». Mais… outre cet impératif pour le développement du continent, allié à l’importance d’un secteur privé fort, facteurs inégalement pris en compte sur le continent, le bémol vient des considérations relatives à la définition de la classe moyenne. L’étude s’est en fait basée sur une norme « africaine » de revenus compris entre 2,2 et 20 dollars par jour. L’étendue de cette fourchette en dit long sur l’élasticité de ladite classe moyenne. Car avec 1 500 francs CFA pour des ménages dont souvent seul le chef de famille travaille, ce n’est pas le Pérou. Et comme les auteurs ajoutent qu’outre le revenu, « l’appartenance à la classe moyenne africaine dépend de la possession de certains biens (téléviseur, voiture, réfrigérateur), du type de revêtement du sol et de toilettes dans l’habitation, de l’accès à l’électricité et à l’eau potable, à quelques encablures du terme fixé pour la réalisation des OMD (2015), on est encore loin du compte dans bien des cas. En outre le classement par sous-région est intéressant à noter : « l’Afrique du Nord est 1ère de la classe, avec 77% de sa population ; suivie par l’Afrique Centrale (36% -un résultat surprenant, selon le journaliste); ensuite arrive l’Afrique australe (34% ) entraînée par l’Afrique du Sud, première économie du continent ; mais presque à égalité avec l’Afrique de l’Ouest ; en queue de peloton figure l’’Afrique de l’Est (un quart à peine de la population).

SENEGAL : L’autosuffisance en riz, une question de survie

ace à différentes sorties dans la presse remettant en cause l’objectif de réalisation de l’autosuffisance en riz à l’horizon 2017, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Abdoulaye Seck est monté au créneau pour fustiger « ceux qui parlent alors qu’ils ne savent pas ». Son argumentaire contre «ceux qui aiment mal leur pays »revient sur cette condamnation jugée gratuite et qui, selon lui, dit simplement que c’est impossible parce que le Sénégal doit, pour y arriver, « faire un bond important avec un coefficient multiplicateur de 4 », selon le compte rendu du Pop N° 4487 du 10 novembre. Le plus important étant sans doute que l’ancien Directeur d’AfricaRice prédit « une crise rizicole profonde à partir de 2020 ». Et ce n’est nullement jouer les Cassandre puisque l’attention est attirée depuis longtemps sur les risques inhérents à l’augmentation des besoins en Asie même, mais également en Afrique centrale où les populations traditionnellement consommatrices de tubercules se tournent de plus en plus vers cette céréale qui a fini de gagner les cuisines des pays les plus peuplés de la planète. Une sombre prévision qui justifie (au-delà du réalisme économique) que nombre de pays africains aient leur propre « Programme autosuffisance en riz » avec des objectifs et des délais de production propres. Ainsi de la Côte d’Ivoire (1,9 million de tonnes de riz blanc d’ici 2016, soit un coefficient de 4,25 et 2,1 millions de tonnes de riz blanc à l’horizon 2020), de la Gambie qui vise zéro importations dès 2015, avec un objectif d’autosuffisance pour 2016 (par un coefficient de 7,72). De même, le Nigéria s’y inscrit pour 2017-2018, par un coefficient de 4 ; idem au Rwanda (coefficient de 1,55 en 2015) et à Madagascar (coefficient 3). Ainsi Dr Abdoulaye Seck, qui dit avoir prédit la crise rizicole de 2008, reproche-t-il à ces pourfendeurs de l’action gouvernementale de « sous-estimer les intelligences des Sénégalais ». Il faut toutefois reconnaître qu’il a de lourdes conditions à remplir, notamment dans le second bras du département : l’équipement. Sans oublier l’engagement des acteurs sur qui pèsent tout, en fait. Autant dire que la sortie du ministre est surtout un appel au patriotisme. A tous les niveaux…

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