KARIM WADE CANDIDAT EN 2017 ? - Wade sème une « graine » dans le désert

Les libéraux ont fini par investir Karim Wade pour 2017. Mais, un travail de titan les attend : repeupler le sopi au plus vite.

Comme il avait lancé la Goana, Wade vient de placer son fils sur la ligne de départ de la Présidentielle de 2017. Une forte crise alimentaire doublée d’une flambée du prix du baril de pétrole sort des méninges de Wade la Goana (Grande offensive pour l’alimentation nationale et l’agriculture). L’idée est fumeuse. Le monde entier s’émeut de la trouvaille, réplique du Sud, sans le Nord, à une situation aux allures dévastatrices pour les pays pauvres. Il a fallu l’engagement perspicace d’un père huilé par des nuits de méditation à Fann Résidence pour faire de Karim, ce taciturne toujours accroché aux basques du secrétaire général du Pds une célébrité et un top model…politique. Les libéraux, comme subjugués par une force mystique inouïe, se lancent dans la nature, s’arrachent des milliers d’hectares.

C’est quasiment le même résultat que le Pape du Sopi a obtenu le samedi 22 mars à la permanence Omar Lamine Badji. Les ténors du Parti démocratique sénégalais (Pds) qui ont traversé la galère et joui de l’alternance 2000-2012 abdiquent. Le choix de Wade est le leur. Il y en a qui jubilent tant le score de Karim Meïssa Wade (257 voix sur 268 votants) est écrasant. Un plébiscite comme en rêve le soir d’une Présidentielle. Déjà fleurissent des idées du genre « c’est l’entourage » comme pour dire que Wade a été induit en erreur par des va-t-en guerre embusqués qui ont fini de mordre jusqu’au sang l’oreille du vieux. Cette thèse est celle du maire de Bambey Aïda Mbodj. Courageuse, Mme Mbodj refuse la quasi-coïncidence du « sacre » de Karim avec le verdict de la Crei. « Battons pour libérer les détenus », défend Aïda Mbodj. Son cri se perd dans les vastes champs de Goana que les ténors ont commencé à défricher. Wade sait de science certaine que le lien entre la candidature de son fils et le verdict de la Crei est une sorte de cocktail molotov. Ça fera mal ! Inutile de sombrer dans les imprécations, Wade a trouvé le mot mobilisateur. Le soir du verdict, les ouailles du Pape du Sopi vont entonner un tube qui devrait huiler leur hargne dans les combats de rue avec les forces de sécurité. L’école politique de Wade, c’est cela : la bagarre, le harcèlement et les propos fracassants. Et le seul résultat qui compte c’est la libération de Karim. Au Pds, personne n’est dupe pour croire que le fils de l’ancien chef de l’Etat est en mesure de gagner la prochaine Présidentielle. Les libéraux se livrent, en vérité, un jeu de poker. Ils espèrent sans doute pouvoir contraindre Macky Sall à céder à la pression de la rue au plus vite. Après quoi, la vraie bagarre pour la candidature à la Présidentielle de 2017 commence. Une chose reste presque certaine, Karim ou un autre candidat libéral devront s’armer du talent des grands séducteurs politiques pour gagner le cœur des Sénégalais et occuper le palais en 2017. Car au Pds, il ne reste plus grand’chose. La machine libérale est exsangue partout dans le pays. Il ne reste plus que quelques poches où Karim Wade ne peut espérer faire germer son ambition présidentielle.

A Thiès, en dehors de Mamadou Lamine Massaly, on cherche comme dans une botte de foin des responsables du Pds encore debout. Massaly qui attend son procès contre la gendarmerie nationale, entretient avec des armes peu conventionnelles, la flamme libérale. Inutile de dire que ses méthodes où s’encombrent invectives et imprécations lui valent la répugnance de bon nombre de ses compatriotes. A Diourbel, région naturelle du mouridisme, l’axe Bambey, Touba, Mbacké résiste encore. Mais pour combien de temps ? Car le khalife général des mourides visiblement outré par le positionnement des jeunes chefs religieux les a appelés à retourner dans les daaras, les mosquées et à se taire. A Ziguinchor, le seul pan libéral qui restait est passé dans le camp de Macky Sall. Innocence Ntap Ndiaye, ancienne ministre, a fini par quitter Wade. Le maire de la ville, Abdoulaye Baldé, lui, a créé l’Union des centristes du Sénégal (Ucs). Candidat comme Karim à la prochaine Présidentielle, Baldé a lui-même accusé une forte saignée dans ses rangs. Des maires l’ont quitté lors de la dernière économique du chef de l’Etat dans la Casamance naturelle. A Sédhiou, il n’ya plus rien qui rappelle les années de gloire. Des rumeurs persistantes annoncent, à tort ou à raison, que l’ex-président du conseil régional Mamadou Lamine Dramé s’apprêtent à rompre avec la famille libérale. A Kolda, c’est la catastrophe. Macky Sall a cueilli des fruits mûrs. Bécaye Diop, ancien ministre des Forces armées a été reçu par le chef de l’Etat. L’ex-président du conseil régional Fabouly Gaye dit être à la disposition du président de l’Alliance pour la République. Autre ville ? Saint-Louis. L’opposition incarnée par Ameth Fall Braya n’est pas acquise au fils du chef de l’Etat. Fall qui a donné du fils à retordre à l’actuel maire de Saint-Louis, Mansour Faye, n’est pas de ceux qui ont applaudi au plébiscite de Karim. Ousmane Ngom lui essuie depuis quelque temps les attaques de jeunes libéraux qui lui reprochent sa subite discrétion.

A Tambacounda, il n’ya quasiment rien à signaler. Depuis le retour de Khouraïchi au Pds après un atterrissage raté à l’Apr, les libéraux gardent un profil bas. Dans la capitale de Mbossé, Kaolack, « le Pds est en lambeaux », lâche un journaliste correspondant. Même ambiance de déliquescence à Mbour et à Louga.

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