La communauté laobé est soucieuse d’opérer les ruptures profitables au développement socio-économique du Sénégal. Samba Wagne a réuni les membres de sa communauté autour du mouvement «And Diarigne Sa Rew/Jadigal Naforé». Un mouvement qui veut révéler les potentialités et atouts de ladite communauté. Le coordonnateur national présente les objectifs poursuivis en identifiant et en regroupant les membres de sa communauté essaimés à travers le territoire.

is sur fonts baptismaux, le mouvement «And Diarigne Sa Rew/Jadigal Naforé » qui signifie précisément «compagnonnage pour le bien» est dans une phase de massification. Samba Wagne, le coordinateur national, veut mettre à profit les atouts et potentialités de la communauté laobé du Sénégal. A l’image de l’ethnie léboue qui s’est organisée en communauté, des sérères qui se sont retrouvés autour de l’organisation «Ndef leng », des halpulaar avec «kawral», la communauté laobé s’est accordée à œuvrer en synergie autour du mouvement «And Diarigne Sa Rew/Jadigal Naforé » avec l’ambition de se positionner puisque conscient du rôle à jouer dans le développement socio-économique du Sénégal.

Depuis mars 2014, Samba Wagne exécute un travail de prospection, un travail de terrain qui lui permet d’identifier et de situer la communauté qui est, un peu essaimée à travers le terroir. Le coordonnateur national dudit mouvement a déjà exploré 30 des 45 départements que compte le Sénégal. «La communauté laobé étant très représentée au Sénégal et dans la diaspora est une communauté qui est implantée dans tous les coins et recoins du pays. C’est la seule communauté que vous retrouvez dans tous les départements du Sénégal» explique-t-il en admirant cette faculté des gens de la communauté laobé à s’installer un peu partout pour faire valoir leur compétence.

A travers «And Diarigne Sa Rew/Jadigal Naforé », Samba Wagne compte résorber cette dispersion, réorganiser la communauté et opérer une rupture par rapport aux considérations et aux pratiques attribuées à la communauté tel que le gaspillage et la dépigmentation. «Si nous devons œuvrer pour l’épanouissement de la communauté nous devons aussi voir les méfaits» a dit le coordonnateur national du mouvement. La communauté laobé est réputée travailleuse avec divers démembrement professionnel dans la sculpture du bois, le commerce, la culture et l’artisanat. «Nous avons senti la nécessité de nous regrouper, d’unir nos forces pour des projets porteurs parce que sans cette unité nous n’allons pas réussir notre ambition d’encadrer les jeunes, des femmes, des étudiants et élèves». Ce mouvement, comme le coordonnateur, aime à le rappeler va aider la communauté laobé à prendre conscience de sa partition dans le développement du Sénégal essentiellement dans le tourisme. Une volonté qui peine à se concrétiser faute d’encadrement suffisant qui aiderait l’éclosion de ces talents.

Samba Wagne, le coordonnateur national de «And Diarigne Sa Rew/Jadigal Naforé » ambitionne de mettre à la disposition des membres de sa communauté un centre de perfectionnement dans les métiers. D’autres projets sont en train d’être muri. Entre autres, un projet de transformation céréalière, de couture et de teinture pour les femmes, un groupement d’intérêt économique pour fédérer les artisans, les sculpteurs. La communauté contribuera également à légitimer sa partition dans le développement socio-économique par le biais de foire, de semaines culturelles et de fora. «Les gens ont le souci de rectifier quelque chose. Nous étions un peu en reste, il faut le reconnaitre, à l’image des autres communautés. Mais pour redresser cela, il faut voir les gens qui sont à même de pourvoir apporter des corrections à partir de la réflexion.

Maintenant nous avons la matière grise, nous avons des compétences dans tous les secteurs pour prendre en compte ses préoccupations-là» a assuré Samba Wagne. Cet engagement des membres de ce mouvement est une façon d’ «accompagner l’Etat dans sa volonté de faire du Sénégal un pays émergent, il faudrait que les entités suivent que les citoyens que nous sommes accompagnent l’Etat dans cette recherche d’émergence»
«And Diarigne Sa Rew/Jadigal Naforé » qui est encore dans une phase d’organisation et de massification va vers «un congrès à l’issue duquel nous allons opérer des ruptures par rapport à ce qui se faisait souvent». Samba Wagne se dit conscient de l’envergure du défi à relever. Les changements s’inscrivent, selon lui, dans la durée. «Nous savons que dans le court et le moyen terme nous parviendrons à réaliser ces objectifs qui sont un idéal» a-t-il confié. Après la phase de massification, le mouvement va passer à une autre phase opérationnelle qui consistera à regrouper la communauté par secteur d’activité afin d’œuvrer dans le tourisme par le biais d’innovations c’est-à-dire par des pratiques de la communauté jusque-là méconnues de la population sénégalaise.

Fatou Sagar DIOP