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Wade-Aminata Tall
Comment leur « divorce » a privé Diourbel de 15 milliards

mercredi 25 juillet 2012

Les relations heurtées entre Aminata Tall, actuelle secrétaire générale de la Présidence de la République et Abdoulaye Wade l’ancien président de la République ont eu un impact négatif sur l’essor de la ville de Diourbel qui a été privé d’un financement de 15 milliards.

Macky fera-t-il mieux que Wade ? La question brûle les lèvres des diourbellois. Les promesses de l’ancien régime pour développer la ville de Diourbel dans le cadre du programme spéciale indépendance pour un montant de 15 milliards Fcfa alors que l’actuel président de la République était Premier ministre de Abdoulaye Wade n’ont jamais vu le jour. Dépitée par la « trahison » d’Abdoulaye Wade qui fit bloquer les travaux, Aminata Tall refuse de se présenter aux élections locales de 2009 que le parti au pouvoir perd.

En 2012, sa revanche n’en sera que plus éclatante avec la défaite de Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle. Un bras de fer dont Diourbel a été la principale victime car la capitale du Baol continue de traîner son image de capitale régionale rurale. La tenue prochaine d’un conseil interministériel et d’un conseil des ministres comme l’ont déjà abrités Saint Louis, Kaolack et Ziguinchor suscite un immense espoir auprès des populations diourbelloises qui rêvent de voir l’image de leur région changée. Ce ne serait qu’un juste retour à la normalité après les engagements du président sortant Abdoulaye Wade. C’est dans le cadre du programme spéciale indépendance 2007 que la ville de Diourbel et les communautés rurales de la région devaient être dotées d’infrastructures pour un montant total de 15 milliards. Ses réalisations étaient attendues comme une récompense de l’engagement d’Aminata Tall auprès du président Abdoulaye Wade. Compagnon des premières heures de l’ancien opposant, Aminata Tall avait été d’une rare fidélité avec Wade. Après avoir gagné de haute lutte la bataille pour la présidentielle de 2000 qui amènera Wade le pape du Sopi au pouvoir, enlevé les législatives et les locales, Aminata Tall dirigeait la ville de Diourbel. En 2004, Abdoulaye Wade s’invite à un conseil municipal spécial à Diourbel. Une première au Sénégal. La ville lui étale le tapis rouge et lui expose ses doléances. Le président de la République s’engage à faire de Diourbel, une ville belle et moderne. Les échos des engagements de Wade retentissent encore dans les oreilles des diourbellois. « Soutenez Aminata Tall et je vous soutiendrai », avait lancé le président de la République. Les populations le prirent au mot. En 2006, on annonce que Diourbel accueillera l’année suivante la fête de l’indépendance. Toutes les énergies se mobilisent et une foultitude de réunions sont organisées pour recueillir les besoins et les appréciations de tous les segments de la société diourbelloise. Ces rencontres furent couronnées par un forum et la synthèse de toutes les réflexions est remise au président de la République qui valide toutes les propositions. Diourbel avait produit un document de première main que sa maire Aminata Tall pouvait brandir comme document de référence. Le cas de l’hôtel Baobab est réglé par le président de la République qui déclare que l’infrastructure est cédée au franc symbolique à la commune. Seul bémol, aucun arrêté ne vient matérialiser cette rétrocession.

L’élection présidentielle de 2007 a été l’occasion pour Abdoulaye Wade de constater l’engagement des diourbellois à ses cotés. Le département et la commune réalisent des scores qui ressemblent à un plébiscite. Le président de la République réitère à Aminata Tall sa volonté de doter Diourbel d’infrastructures. Les promesses seront sans lendemain et les conséquences seront terribles pour Abdoulaye Wade et les libéraux. En effet, la maire de Diourbel mène seule un combat au plus haut sommet de l’Etat. Elle exige du président de la République l’accomplissement du programme spéciale indépendance. Abdoulaye Wade fait dans le dilatoire. Des appels d’offres sont faits certes, les entreprises choisies, des avances faites aux entreprises mais la machine se grippe. Les travaux phares qui devaient permettre à Aminata Tall de défendre son bilan de maire ne débutent pas. Le programme d’assainissement d’un montant de 4 milliards de FCFA qui est lancé ne satisfait pas madame le maire qui confie à ses proches : « cela ne donne pas de la visibilité à nos actions. » La ville est déçue, les populations aussi d’autant qu’entre défenestration et retour dans le gouvernement ou au palais, elles ne comprennent plus le combat que mène leur édile municipale. Aminata Tall est dans l’œil du cyclone. Elle quitte le gouvernement en décembre 2007. La traversée du désert dure jusqu’en octobre 2009. Arrivent les élections locales de 2009 durant lesquelles, elle refuse de se représenter et de figurer sur les listes de la coalition Sopi. « Je n’ai pas de bilan. Que vais-je dire aux diourbellois », avait elle confié à ses proches.

Diourbel capitale ruralisée

« Si Louis Legrand (le premier maire de Diourbel en 1962) se réveillait de son long sommeil, il n’aurait guère besoin de demander à qui que ce soit son chemin pour retourner chez lui. » La boutade est célèbre à Diourbel où c’est une manière de dire aux gens que, depuis l’indépendance, rien n’a changé dans la capitale du Baol. Les charrettes tirées par des chevaux ou des ânes déambulent sur les grandes artères de la ville et à chaque coin de rue on rencontre des nuées de talibés déguenillés. Le spectacle des malades mentaux ne choque plus les habitants de la ville. A Ndar gou ndaw, Keur Cheikh, Keur Yelli, Mboudaye et presque partout ailleurs rien de particulier ne frappe l’œil du visiteur. Ceux qui ont connu naguère la ville, peuvent être surpris par la présence des enseignes des banques sur l’artère principale. Un signe de croissance pour la ville ? Pas évident, la qualité des infrastructures routières et des bâtiments à usage d’habitation ne reflète guère des signes de prospérité. La ville n’a aucun bâtiment d’envergure. Pour trouver un restaurant de standing, il faut se rendre à Thiès. Ne parlons donc pas de réceptifs hôteliers. Le centre ville dénommé « quartier escale » a connu certes un embellissement mais ne dégage point une figure dynamique, expression d’une zone commerciale comme elle le fut naguère. C’était le temps de la splendeur du fait de la présence des Libano-syriens qui donnait un cachet particulier à cette partie de la ville. Il reste quelques familles libano-syriennes qui, avec nostalgie, évoquent la grande épopée du commerce dans le Baol. Les autres se sont enfuis vers des cieux plus cléments voire plus sonnants et trébuchants. Diourbel n’a jamais été une ville attractive pour les autorités gouvernementales qui ont toujours centré leurs préoccupations sur Touba, la capitale du mouride. Une lecture que les populations de la région de Diourbel ont encouragée car le rêve de tout mouride est d’abord de servir Touba. Le Statut particulier de Touba vaudra d’ailleurs un document que le comité scientifique préparatoire du conseil interministériel présentera au Premier ministre. Pour leur part, les diourbellois espèrent que leur capitale régionale bénéficiera d’un financement conséquent qui lui permettra de présenter ultérieurement l’image d’une ville moderne.

Pape Amadou FALL

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