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Macky, maître du jeu

mercredi 25 juillet 2012

Il y a ceux qui s’indignent de la transhumance, qui veulent que l’on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Ce se sont pour la plupart, ceux qui se sont battus pour mettre un terme au pouvoir de Wade et qui ne peuvent comprendre que le PDS puisse nourrir l’espoir de goûter à nouveau au pouvoir quelques semaines seulement après sa déchéance par le jeu des alliances. Non pas parce que les libéraux ont une forte emprise sur le jeu politique mais plutôt parce qu’ils peuvent être utiles au tenant du pouvoir Macky Sall, le seul maître du jeu. Cependant, ballotté dans une coalition (Bennoo Bokk Yaakaar) qui lui a donné les rênes du pays au 2è tour avec plus de 65% des voix, alors qu’il n’avait engrangé que 25 % au premier tour, Macky n’a pas les coudées franches. C’est du moins la conviction de certains qui se disent que dans sa volonté de consolider son pouvoir, le nouveau président de la République va s’allier avec qui le voudra en l’occurrence le PDS que l’on assimile au diable. Macky Sall n’a jamais manifesté son désir de lancer une opa sur le PDS son ancien parti, mais il ne s’est pas montré rétif à l’offre de service que lui a faite Abdoulaye Wade. Les manœuvres opérées ces dernières semaines par ce dernier -décidé à être très présent dans l’espace politique pour mener le jeu- ont crée un véritable malaise et entraînent même une certaine défiance de la conduite des affaires par Macky Sall. C’était l’une des grilles de lecture qu’Abdoulaye Wade a recherchée. Wade surfe sur sa roublardise pour donner du fil à retordre aux alliés de Macky Sall, à travers une offre de service qui doit lui permettre d’avoir une bonne base de négociations à l’heure des audits. « Je t’offre mon parti, tu ne touches pas à mes gens. A ma famille pour être plus précis. » Telle pourrait être la proposition faite par l’ancien président à son ex-Premier ministre qui l’a déchu du pouvoir. Une proposition qui mérite certes réflexion mais à la vérité qui n’est que du vent car Macky Sall a aujourd’hui tous les atouts en main pour inviter qui il veut à ses côtés sans tenir compte des inflexions d’Abdoulaye Wade.

L’ancien président déchu a déclaré qu’il sera encore là pour s’opposer. Depuis lors, il accumule les erreurs et affaiblit son camp. La débâcle des libéraux aux Législatives le prouve à souhait. Dans le camp libéral, on se méfie de plus en plus des positions d’Abdoulaye Wade que l’on considère comme un homme usé et fini. Une bête politique certes mais qui a perdu ses crocs et que l’on commence à ravaler au passé. Macky Sall a certes besoin de manœuvrer pour travailler avec les libéraux pour l’intérêt de la Nation si nécessaire, mais pas sous les injonctions de Abdoulaye Wade. Quid alors de la prise de pouvoir au PDS qui pourrait opposer Macky Sall à Idrissa Seck, le fils putatif d’Abdoulaye Wade qui se considère encore comme l’héritier naturel d’un père qui n’a pas caché tout au long de ses dernières années, sa volonté de le détruire ? Embastillé, humilié, Idrissa Seck aveuglé par son désir de prendre le pouvoir des mains de Wade en s’adossant au PDS a connu les pires désillusions mais se considère toujours comme l’« actionnaire majoritaire du Pds ». Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle lui ont permis de se compter et de constater qu’il n’est pas dans le cœur de la majorité des libéraux encore moins de la plupart des Sénégalais. Bousculé dans le camp libéral où la diversification des pôles (Bokk Gis Gis qui va éclater, le PDS, les clans à venir de Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye et autres) ne peut que desservir son dessein. Idrissa Seck rangera difficilement néanmoins ses ambitions mais il lui faudra la patience de la tortue. Avec des conséquences certaines pour la coalition Benno Bokk Yaakaar. 

« La patrie avant le parti » a avancé le président Macky Sall, en clair, seul le Sénégal qui gagne l’intéresse. Un gouvernement fédérant toutes les énergies positives pourrait donc couronner la vision de Macky Sall après l’installation de l’Assemblée nationale. L’idée n’est pas saugrenue car le Sénégal a besoin de capitaliser tous ses atouts pour vaincre les obstacles qui s’opposent à son développement. A Macky de déterminer les contours de cette démarche, il est le seul maître du jeu.

Pape Amadou FALL

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