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EROSION COTIERE
Il faut sauver Gorée

mercredi 25 juillet 2012

La commune de Gorée a fêté ses 140 ans le week-end dernier sous le thème « 140 ans de commune, 10 ans de gestion citoyenne : perspective d’avenir ! ». L’occasion pour répertorier les multiples problèmes dont souffre l’île-mémoire : préservation du patrimoine historique, erosion côtière, vétusté des câbles électriques, gestion des ordures, manque d’eau et d’électricité…

Située à 3,5 km au large de Dakar Gorée est l’une des 19 communes d’arrondissement de la capitale sénégalaise. Classée patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979 par l’Unesco dans le but de développer une politique de sauvegarde pour la génération future, l’île de Gorée fait face à moult difficultés. « Gorée est confrontée au problème d’érosion côtière, à la sauvegarde de son patrimoine historique, à la gestion des ordures, au manque d’électricité dû à la vétusté des câbles électriques et au problème de canalisation », laisse entendre Augustin Senghor, maire de la commune de Gorée depuis 2002. Il poursuit avec véhémence : « il faut préserver notre patrimoine pour les générations futures parce qu’il y a eu un Gorée avant l’indépendance et un Gorée après l’indépendance ». L’érosion côtière pose problème à Gorée. Le rétrécissement des plages est une menace réelle selon le maire ajoutant que l’enclavement constitue un autre handicap pour Gorée, ainsi que l’arrivée massive des touristes sur l’île. La cause ? Un problème d’entretien et de nettoiement se pose avec acuité du fait de la masse importante de déchets laissés sur l’île. Outre le problème d’évacuation des ordures, Gorée est confrontée à des problèmes de fourniture correcte d’eau, d’électricité et d’accès au téléphone. « Les installations remontent à la période coloniale ou postindépendance. Tous les deux ou trois mois, le câble qui alimente cette île enclavée en courant électrique connait des problèmes », déplore le maire de la commune qui apprend que récemment Gorée est restée cinq jours sans électricité. Aussi Me Augustin Senghor lance-t-il un appel à l’Etat du Sénégal, à la communauté internationale et à l’UNESCO pour trouver une solution définitive à ce problème devenu récurrent.

Gorée c’est aussi de vieilles bâtisses en état de dégradation avancée et en quête de réhabilitation. Seulement la commune reste confrontée à un problème de moyens pour mettre en œuvre une politique de réhabilitation. Ce que déplore le ministre de la décentralisation et des collectivités locales. « Gérer un patrimoine est un lourd sacerdoce qui nécessite une expertise avérée et beaucoup de moyens », explique Cheikh Bamba Dièye. Pour lui, le phénomène lié à l’adaptation du changement climatique ne concerne pas uniquement la commune de Gorée. Ce sont des problèmes globaux et mondialisés. C’est justement la raison pour laquelle, dans le cadre de Rio+20, l’Etat du Sénégal et l’international se sont engagés à créer une alliance des villes côtières contre le changement climatique dont les villes de Saint Louis et de Rufisque confrontées aussi à l’érosion sont membres.

Comment sauver l’île

Pour sortir la commune du joug des ordures, Gorée amis en œuvre, un programme dénommé système de management environnemental décliné autour de neuf projets pour permettre à l’île de régler ses problèmes environnementaux tout en atteignant une satisfaction par rapport aux objectifs poursuivis par ce plan et d’avoir une certification Iso dédiée aux collectivités locales et administrations qui œuvrent dans le développement local et environnemental. D’après l’édile de l’île, ce projet a permis de régler beaucoup de problèmes au niveau du traitement et de la collecte des ordures. A l’heure actuelle, les habitants de Gorée sont en train de dérouler un système de recyclage d’ordures et de compostage espérant ainsi mettre fin à l’incinération et aux dépôts sauvage sd’ordures notamment dans les rues et les places publiques. Justement pour la célébration de ses 140 ans de commune, certaines de ces places porteront désormais le nom d’anciens maires de Gorée dont aucune place ou rue ne leur était dédiée. « C’est dommage de constater que les maires qui sont venus après l’indépendance ont été laissés en rade », déplore le maire de Gorée. En baptisant certaines places Augustin Eugène Ly (1969-1972), El Hadj Amadou Barry (1954-1959) et Urbain Alexandre Diagne (1996-2001) le maire et la population ont voulu honorer ces trois hommes qui ont fait l’île de Gorée postcoloniale.

Aminata DIENE
(stagiaire)

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