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Cent premiers jours du système sanitaire
Secteur en convalescence

mercredi 25 juillet 2012

Gratuité de la dialyse, actions de prévention contre le paludisme, couverture maladie universelle à l’horizon…, le secteur de la santé se remet peu à peu.

Symbolique et salvatrice ! La gratuité de la dialyse décrétée par l’actuel gouvernement a été la bonne nouvelle de ce début de quinquennat. Cette mesure à haute portée sociale, marque sans nul doute le début d’une nouvelle ère dans le secteur sanitaire sénégalais. Depuis plusieurs années, le secteur était dans un coma profond. Partout à travers le Sénégal, la dernière décennie a été marquée par d’énormes problèmes de santé. Même les soins primaires de santé ont été hors d’atteinte pour les populations, les couches défavorisées en particulier. Véritable luxe, la couverture médico-sanitaire est restée de loin en-deçà des normes internationales. Résultat : 80 % de la population sénégalaise n’ont toujours pas accès à la couverture médicale ! Décès en couche, morts par milliers liés au paludisme, aux maladies chroniques comme l’insuffisance rénale, coût élevé des prestations, accessibilité aux soins…La santé est peut être le secteur qui a le plus souffert de la mauvaise gestion de l’Alternance. A preuve, les grèves de 72 heures des syndicats ont régulièrement paralysé le secteur sous l’ère Wade. Dialogues stériles en cascade, chaîne des soins perturbée, patients à l’abandon, impact financier considérable…les négociations entre autorités et syndicats n’ont jamais rien donné de satisfaisant.

Aujourd’hui, le climat social est apaisé et il n’y a aucune grève à l’horizon encore moins d’appels à manifester. De plus, le retour du Pr Awa Marie Coll Seck au ministère de la Santé, semble bien accueilli dans tout le secteur. Outre la gratuité de la dialyse et le retour au calme dans le secteur, le gouvernement a également pris les devants dans la lutte contre le paludisme pour disposer de 3 millions de moustiquaires afin de couvrir les régions qui n’ont pas encore bénéficié de l’opération « un lit, une moustiquaire » dont l’objectif est d’atteindre et de sécuriser 100% des couchages et des lits. De même, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la drépanocytose le 19 Juin dernier, les nouvelles autorités ont promis l’ouverture prochaine d’un centre de prise en charge et une assistance financière conséquente pour venir en aide à des milliers de malades souffrant de cette pathologie. Dans cette dynamique de prise en charge, les autorités sanitaires s’activent également pour trouver des systèmes de financement alternatifs afin d’arriver à couvrir les populations…gratuitement.

La couverture maladie universelle en vue

« Je m’engage à ce que toutes les personnes qui en ont besoin puissent trouver dans leurs régions les conditions d’une meilleure prise en charge de leurs problèmes de santé, si je suis élu », lançait Macky Sall alors candidat à la Présidentielle. Dans son adresse à la nation le 3 avril 2012, le président a réitéré cette volonté que « le programme de couverture médicale universelle (Cmu) devra résoudre le problème de l’accessibilité financière. J’ai proposé la couverture médicale universelle qui, dans un premier temps, devrait s’appuyer sur une dotation de 90 milliards FCFA en dehors du budget actuel de la santé dont nous allons assurer le financement dans des secteurs identifiés et à travers la réduction du train de vie de l’Etat qui va permettre des économies substantielles », a-t-il rappelé. Comme pour insister que ce ne sera plus aux malades et à leurs familles de supporter seuls le poids financier de la maladie et des soins. A l’image de nombreux pays africains, le nouveau gouvernement compte ainsi s’appuyer sur la Couverture maladie universelle pour promouvoir des mécanismes de solidarité et de couverture des soins à l’ensemble de la population.

Toutefois, les acteurs attendent encore davantage d’actions en vue de mieux stabiliser le secteur.
D’ailleurs, dans son dernier communiqué, le Syndicat unitaire des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) après s’être félicité des mesures importantes prises par le gouvernement, rappelle l’urgence de mettre en place « un véritable code de la santé, une loi portant réglementation de la médecine traditionnelle, une loi portant sur la transfusion sanguine, une loi portant sur la transplantation rénale et le don d’organe humain etc. » entre autres. En attendant, par les mesures importantes et le dynamisme salué par l’ensemble des acteurs, les cent premiers jours des nouvelles autorités sanitaires, permettent de garder bon espoir pour rétablir un système sanitaire longtemps en souffrance.

Papa Adama TOURE

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