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La bonne gouvernance en cent jours
Un chantier à polémiques !

mercredi 25 juillet 2012

La volonté affichée des nouvelles autorités d’assainir les finances publiques, faire le point sur les gestions antérieures et récupérer au besoin les biens mal acquis n’est pas, sans susciter des interprétations. N’empêche, le gouvernement d’Abdoul Mbaye semble plus que jamais décidé à faire la lumière sur toutes les questions afin de revenir à une gestion orthodoxe.

Cent jours, ce n’est certes pas suffisant pour juger l’action d’un gouvernement, mais la symbolique qu’ils renferment fait que traditionnellement, les régimes nouvellement installés marquent souvent une pause pour faire le point sur les différents actes posés ça et là. Le pouvoir du président Macky Sall ne pouvait donc pas faire exception à cette règle. La coalition qui a suppléé le Sopi à la tête de ce pays a, en trois mois, fait beaucoup mieux que ses prédécesseurs, en ce qui concerne la bonne gouvernance. En vérité, au Sénégal, jusqu’à un passé récent, les populations étaient habituées à une gestion opaque des ressources publiques, foyer de toutes les dérives, de toutes les entorses à la morale républicaine, sans que les conséquences de droit ne soient tirées. C’est la raison pour laquelle, la nouvelle équipe gouvernementale a trouvé l’assentiment des citoyens lorsqu’elle a annoncé son intention de rétablir la transparence au sommet de l’Etat. Ce qui consiste à adopter une pratique, une démarche inclusive faisant participer les populations à la recherche de solutions, chaque fois qu’une question majeure le nécessite. Cet Etat transparent vise par ailleurs à s’approprier la bonne gouvernance afin de favoriser une administration compétente et vertueuse capable d’offrir des prestations de qualité aux ayant-droits. C’est en ce sens qu’une série de mesures ont été arrêtées dès la prise de fonction du nouveau chef de l’Etat. Des décisions dont les plus saillantes ont été rendues publiques à la suite du Conseil des ministres du jeudi 03 mai 2012. Ce jour-là, après avoir rappelé l’attachement des populations sénégalaises aux questions de gouvernance, de lutte contre l’impunité et de justice, le successeur de Abdoulaye Wade a prescrit aux membres du gouvernement d’identifier, par un examen approfondi de leur dossier de passation des services, tout ce qui aurait pu, dans le passé, déroger à la bonne gouvernance et lui en rendre compte.

Les nouvelles autorités étatiques ont également mis en exergue la corrélation que les Sénégalais font entre, d’une part, le train de vie dispendieux de l’État et la distraction des ressources nationales au profit d’intérêts particuliers et, d’autre part, leurs difficultés quotidiennes.

Cette démarche, du reste nouvelle, reflète un souci de justice, d’équité mais surtout de transparence dans la gestion des deniers publics. Une attitude qui était attendue des nouveaux gouvernants, élus pour remettre de l’ordre dans le pays, presque à genoux du fait du gaspillage, de la malversation, de la gabegie mais surtout du détournement des ressources publiques ayant marqué la présidence de Abdoulaye Wade. Les rapports d’institutions spécialisées telles la Cour des comptes, l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), l’Inspection générale d’Etat et la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) qui dormaient dans les tiroirs ont tous été dépoussiérés, la Cour de répression de l’enrichissement illicite ressuscitée. D’où le débat autour de l’enrichissement illicite de dignitaires du pouvoir sortant. De nombreux dossiers, visant ce délit, ont été transmis à la Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Aminata Touré.

Du coup, des enquêtes contre toutes les personnes qui détiennent illégalement des biens de l’Etat ou qui se sont enrichies de façon insoupçonnée ont été engagées. Ainsi, du président du Sénat, Pape Diop au fils de l’ancien chef de l’Etat, Karim Wade, en passant par Ousmane Ngom, Ndongo Diaw, Amadou Kane Diallo, Thierno Ousmane Sy…toutes les personnalités épinglées par des missions de contrôles ont été soit auditionnées à la Brigade de recherches de la Gendarmerie, soit à la Division des investigations criminelles. Et si leurs cas ont nécessité d’être présentés au Procureur, ceux qui ont mené les enquêtes ne se sont pas faits prier.

Si le président du Sénat et plusieurs responsables de l’ex-pouvoir dont d’anciens ministres et directeurs généraux ont été interrogés dans le cadre de ces enquêtes sur leur gestion passée, d‘autres auditions sont attendues. Aussi le débat a-t-il tourné, durant ces premiers mois du pouvoir de Macky Sall autour des dizaines de véhicules illégalement détenus par des dignitaires de l’ancien régime. Autant d’actes interprétés diversement, selon le bord où l’on se trouve. Les partisans de Bennoo Bokk Yakaar, la coalition au pouvoir applaudissent et se réjouissent pendant que le camp opposé, composé essentiellement du Pds et de Bokk Gis Gis, accusent le pouvoir d’avoir lancé ces audits afin de les intimider et de les harceler en plus de vouloir masquer son incapacité à satisfaire ses promesses de campagne.

Alioune Badara COULIBALY

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