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Aminata Wade dite babita l’humanitaire
Une « liane » au service de l’hémodialyse

mardi 17 juillet 2012

Aminata Wade plus connue sous le nom de Babita est une humanitaire. Cet ancien mannequin qui s’est converti au stylisme organise miss humanitaire dont les retombées financières seront remises à l’Association sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux (ASHIR).

La mort de sa tante Yaye Ramata au cours d’une séance de dialyse a bouleversé Aminata Wade plus connue sous le nom de Babita. Une mort brutale pour elle car Yaye Ramata était pleine de vie et de dynamisme. Elle avait les moyens de faire face à la maladie car ce ne sont pas les moyens qui lui manquaient. Assistante de Bruno Diatta, chef de protocole des présidents Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, sa tante pouvait compter sur les moyens de l’Etat pour sa prise en charge. On lui avait d’ailleurs proposé de choisir entre le Maroc et la France pour aller se soigner. Le destin en décidera autrement. Une séance d’hémodialyse à l’hôpital Principal qui tourne mal, l’arrache à l’affection de ses proches. Le drame a eu lieu depuis une quinzaine d’années, mais quand Babita évoque les souvenirs, c’est comme si c’était hier. « Ma tante était comme une jumelle à ma mère. Elle était belle, jeune et généreuse. » Cette disparition est donc comme une meurtrissure pour Babita. Une marque indélébile qui a amené la jeune femme à s’investir dans la lutte en faveur des hémodialysés. Face à l’ampleur de la maladie et prise en charge extrêmement coûteuse, Babita a choisi d’investir le créneau qu’elle connaît le mieux pour aider les personnes qui souffrent d’insuffisances rénales : la mode.

Miss humanitaire

Aminata Wade-Babita a été mannequin. C’est une beauté. Une liane qui porte aisément son âge. Aujourd’hui, c’est une femme épanouie qui se rappelle les beaux moments de sa jeunesse. Elle a défilé pour Collé Ardo et Diouma Dieng qu’elle considère comme ses mamans. « Elles m’ont marqué par leur professionnalisme et c’est des modèles pour moi car ce sont de très grandes travailleuses qui sont d’une grande générosité. » Aussi prenant exemple sur ces icônes de la mode sénégalaise, elle a créé sa boutique de mode sise à Sacré cœur3. Mais cela ne suffit pas à la combler. Babita veut partager. Chez elle, c’est un besoin. L’anecdote fuse : « une de mes connaissances m’a parlé d’une camarade de promotion qui avait des soucis de santé. Sa prise en charge coûte plus de 700 000 FCFA. Je n’ai pas hésité à l’aider avec mes modestes moyens. Pour moi partager est un véritable besoin. C’est dans cet univers d’ailleurs que j’ai vécu. Partager avec l’autre est une nécessité. Depuis ma plus tendre enfance, c’est ainsi que je vis. » Un sacerdoce. Après moult cogitations, Babita a décidé de s’engager de manière plus conséquente dans l’humanitaire. Elle a déjà exploré la voie mais c’est la première fois qu’elle s’investit véritablement au Sénégal. « Aux USA, je faisais partie de l’association Sister Cities International. Les membres de l’association seront à Dakar pour soutenir ma démarche qui est d’organiser « miss humanitaire » », dit-elle.

La mode, c’est son monde à elle. Elle se plaît dans la mode et c’est tant mieux, car elle a des atouts à revendre. Babita est styliste modéliste, une manière pour elle de rebondir sur les ambitions de sa maman qui s’était lancée dans le métier de couturière. A l’âge de cinq ans, se souvient Babita, elle était tout le temps dans l’atelier de sa mère qu’elle regardait dessiner, couper et pédaler. Plus tard, après des études à l’école Yalla suuren, le bac en poche, elle s’envole pour les Etats Unis. Elle opte pour des études dans le domaine de la mode, qui seront sanctionnées par un diplôme mais elle veut élargir son horizon en s’inscrivant en communication deux années durant. « J’aurai pu faire journalisme, c’est un métier que j’adore », souffle-t-elle d’une voix caressante.

Miss dialyse

Le projet, selon Babita est d’organiser une manifestation d’envergure pour mobiliser des ressources financières au profit des personnes qui souffrent d’insuffisance rénale. « C’est un problème extrêmement difficile que le gouvernement seul ne peut prendre en charge. Je me rends compte heureusement que je ne suis pas la seule à m’engager. Elhadj Ousseynou Diouf va également organiser un match de gala à Saint Louis pour soutenir les hémodialysés. » En parlant de l’insuffisance rénale, Babita récite son bréviaire. « J’ai rencontré les néphrologues qui m’ont parlé de la maladie. C’est une maladie terrible car elle est sournoise. Vous pouvez vivre avec elle des années durant sans qu’elle ne se manifeste. Et un beau jour, c’est le drame. Une vie qui bascule. Un univers qui s’écroule. C’est cela que ma tante a vécu. » Babita a des trémolos dans la voix en parlant de sa tante et de l’insuffisance rénale. Non pas que son entreprise soit difficile mais parce qu’au moment où nous échangions, des centaines de personnes mouraient de la maladie à travers le monde. Elle se désole de l’indifférence de certains médecins qui, cyniquement disent : « on ne prend en charge que ceux que l’on peut prendre en charge. » « Il y a des gens dans ce pays qui se savent condamner. Dès qu’on leur a annoncé qu’ils étaient des insuffisants rénaux, ils ont commencé à se poser des questions dont la plus cruciale est : où vais-je trouver de l’argent pour me soigner ? C’est une question vitale. Imagine un jeune, quelqu’un à la fleur de l’âge qui n’a plus aucun espoir de vivre. La maladie le ronge et il attend simplement que la faucheuse passe. C’est le cas d’une jeune femme qui s’appelle Aïssatou Niang. Elle est titulaire d’un bac S. elle est l’espoir de sa famille », regrette-t-elle.

L’engagement des ministres Eva Marie Coll et Youssou Ndour à soutenir l’opération Miss humanitaire a renforcé les convictions de Babita. « Ils sont les premiers à se manifester mais j’espère que tout le gouvernement et le président de la République seront à nos cotés pour donner plus d’éclat à la manifestation qu’on organise le samedi 7 juillet au Terrou bi. J’ai choisi 12 jeunes femmes qui vont courir pour miss humanitaire. A chacune d’elle, un portefeuille a été confié. Elles doivent collecter le plus d’argent possible et cet argent sera reversé à l’association des insuffisants rénaux (Achir) », informe Babita qui salue la démarche de la fondation Servir le Sénégal de la première dame Marième Faye qui s’est engagée dans la prise en charge des insuffisants rénaux. « C’est un énorme engagement qu’aucune fondation au monde ne peut seule satisfaire, aussi je souhaite faire une jonction avec elle », se réjouit-elle. L’implication dans cette maladie n’est pas évidente, mais Babita est convaincue que si les gens sont bien informés, ils seront prêts à soutenir les belles initiatives. « Les élèves de l’école Fadilou Diop ont contribué à hauteur de 100 000 CFA quand je leur ai expliqué mon initiative, je suis sûre que d’autres feront plus et mieux pour aider les malades », s’enthousiasme Babita.

Pape Amadou FALL

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