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CHOIX D’ENTRAINEURS NATIONAUX
Préférence locale ou choix budgétaire

samedi 7 juillet 2012

Après le basket masculin qui a viré à la sauce locale, le football tangue vers le local. Toutes ces deux disciplines ont le même objectif : figurer aux Can 2013, en Afrique du Sud pour le ballon rond et en Côte d’Ivoire pour la balle orange. Mais, le nationalisme peut bien cacher une crise financière.

Le 5 juillet, les Lions connaitront leur adversaire pour la Can 2013 (du 19 janvier au 18 février). Cette équipe contre qui, le Sénégal (chapeau 2du tirage) livrera deux matches pour décrocher le ticket qualificatif ouvrant les portes de Durban, du Cap, Port Elizabeth, Johannesburg … Accéder en Afrique du Sud sera une énième chance pour les Lions d’effacer l’échec sénégalais répétitif en Can depuis 2006. Et le summum de l’humiliation fut enregistré à Bata 2012. La ville équato-guinéenne, théâtre du dernier cauchemar à vite ranger dans les tiroirs avait aussi fini de condamner, voire de bouter l’expertise locale du banc des Lions. Mais depuis le désistement de Pierre Lechantre à diriger l’équipe sénégalaise la donne a changé. Les plans d’Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football connaissent, depuis, quelques retouches. Aux critères de bon vécu africain, d’ancien vainqueur de la Can, de bonne connaissance de l’Afrique, il revient au « profil ne nous lie pas ». Ainsi, les novices, les jamais vainqueurs de la Can, les inexpérimentés d’Afrique et les anciens perdants voient leurs chances s’agrandir. Mieux, les Sénégalais, presque éliminés d’office en mai se voient de plus en plus maîtres de leur destin de coach national dont le choix est prévu en fin juin.

Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football faisant le point de la séance avec le comité exécutif chargé de recruter le futur patron des Lions évoque : « Nous avons passé en revue les dossiers en notre possession et nous avons analysé la possibilité d’un choix local. » Pourquoi ? « D’abord par rapport à ceux qui ont assuré l’intérim, ensuite par rapport aux autres entraîneurs », répond Augustin Senghor dans l’Observateur. En tout cas, Joseph Koto, l’intérimaire a bien tenu la baraque en éliminatoires de la Coupe du Monde Brésil 2014. Premier du groupe J avec ses 4 points en deux matches, une victoire à Dakar contre le Libéria et un nul réalisé à Kampala devant une équipe d’Ouganda malmenée par les Lions, l’ex-coach des Lions locaux, Joseph Koto, l’intérimaire est en pôle position avec ses résultats en trois sorties jugées satisfaisantes : victoire sur le Maroc et sur le Libéria et un nul devant l’Ouganda. Koto, désigné adjoint de Lechantre, flirte avec les équipes nationales depuis 2009.

Autre candidat local, Lamine Dieng, ex-coach du Jaraaf, champion du Sénégal 2010 et deux fois patron de la Tanière. La liste s’est allongée à Pape Fall, actuel coach du Stade Malherbe et ancien international de football. Il était à Caire 86. Le défenseur de 86 se retrouve sur les tablettes de la fédé sur la demande d’Augustin Senghor : « j’ai été contacté par Augustin pour coacher les Lions », confie-t-il dans l’Observateur du 18 juin 2012. Seul sénégalais présent sur les bancs de la Ligue française de football, il rêve d’apporter son expérience et son vécu. Comme l’ont déjà fait ses coéquipiers et partenaires Jules Bocandé et Boubacar Sarr Locotte, Lamine Ndiaye, Joseph Koto. Pape Fall veut réhabiliter les anciennes icônes de la génération Caire 86 et toiser le sommet de l’Afrique. Ces trois Sénégalais font face aux candidatures d’Alain Giresse, ex-coach du Mali et du Gabon, François Zahoui, ex-finaliste de la Can 2012 avec la Côte d’Ivoire, Alex Dupont, Gernot Rohr, Patrice Neveu…

La restriction budgétaire, l’autre critère

Léger avantage à la couleur locale avec cette récession budgétaire notée au Sénégal sous Macky Sall. Dans le quotidien Walfsports du 23 avril 2012, Malick Gackou, le ministre des Sports mettait en garde : « L’Etat n’est pas prêt à mettre des sommes faramineuses, car la situation actuelle du pays ne le permet pas. L’Etat est prêt à accompagner le football mais dans les possibilités de ses moyens. L’Etat est prêt à payer un entraîneur moins que les coaches étrangers qui sont passés à la tête des Lions. Et pour être clair bien moins que ce que percevait Henri Kasperszack (16 millions). »

L’offre salariale plafonnée à 13 millions et trois mois d’avance sur salaire, peu d’étrangers se bousculeraient pour les Lions. D’ailleurs, c’est cette offre « modique » qui est à l’origine du désistement de Pierre Lechantre, admis sur le banc des Lions en mai dernier. Malick Gackou jugeait le 13 mai dans l’émission « Grand Jury » de la Radio Futur Média (Rfm) : « Lechantre ne voulait pas venir ». Le Français réclamait 6 mois d’avance sur salaire. Une exigence loin des normes administratives en vigueur au Sénégal. « L’Etat était prêt à déroger aux règles en payant une avance de trois mois mais pas six mois », juge le ministre Gackou.

Du Local au basket, un choix dicté par les performances et la crise

Le Sénégalais plus fort que l’Etranger ! A la balle orange après l’intermède d’Alain Weisz, Baba Tandian, le président de la Fédération sénégalaise de basket revire chez les locaux. Il porte son choix sur le tournoi de la Zone II (10 au 22 août 2012) sur les ex-adjoints de Weisz, Cheikh Sarr et Parfait Adjivon. Les coaches de l’Ugb et du Duc vont driver la machine pour décrocher le ticket qualificatif pour l’Afrobasket Côte d’Ivoire 2013. Au tournoi de la Zone II, ils vont tenter de qualifier le Sénégal après les flops de 2007, 2009 et 2011. A Dakar 2010, le Sénégal se qualifie en remportant le tournoi de la Zone II coaché par Abdourahmane Ndiaye « Adidas », mais c’est Alain Weisz, entraîneur de Toulon, qui va défier l’Angola à l’Afrobasket Madagascar 2011. Le Français échoue à la cinquième place.

En 2012, la banqueroute étatique est venue s’adjoindre à la contre-performance. Car au basket, l’expertise étrangère n’a jamais fait recette. Ni résultat. « Les étrangers n’ont jamais fait mieux que les locaux », confirme le Directeur technique national (Dtn), Ado Sano. Cinq fois vainqueur avec les Lions et neuf fois champion avec les Lionnes, le Sénégal de la balle orange s’ajuste au train de vie de l’Etat déficitaire et prend le raccourci nationaliste. Baba Tandian, président de la Fédération sénégalaise de basket-ball :« J’ai reçu beaucoup de lettres de coaches français, italiens et serbes mais je n’ai pas donné suite ». Parce qu’à l’affiche des résultats, les Lions ont connu leur pire résultat suite au non déplacement de Sam Vincent en Angola avec cette neuvième classe. L’agonie et la crise se sont invitées dans le monde orange masculin en 2007. Depuis, on cherche la voie du Salut. Cheikh Sarr va-t-il la tracer ?

Cheikh Sarr pour rallier Côte d’Ivoire 2013 : Ancien adjoint d’Alain Weisz et d’Abdourahmane Ndiaye Adidas, il prend momentanément du galon en Equipe nationale. Promu chez les Lions, l’entraîneur des Etudiants de l‘Université Gaston Berger (UGB), championnat et vainqueur des Coupes du maire et du Sénégal 2011 avec l’As Douanes, se voit responsabilisé après 6 ans d’assistanat. A Praia, il va coordonner le chantier de la reconquête des titres avec ses pairs habitués aux bancs des Equipes nationales, Parfait Adjivon du Duc et Raoul Toupane de l’Asfa. Le trio a une expérience forte de trois Can. Du 10 au 22 août au Cap-Vert, il vise le billet pour Abidjan où « l’objectif, c’est de figurer dans les trois premières places », assigne d’emblée Ado Sano. Mais, la qualification passera par de meilleures conditions de travail des techniciens qui courent après leurs arriérés de Madagascar 2011.

Pour survoler la Zone II, il est prévu un stage interne à Dakar du 25 juin au 30 juin. Puis, un stage externe en Espagne du 30 juin au 6 août avant de s’envoler le 8 août au Cap-Vert. La zone II regroupe le Sénégal, le Mali, la Guinée Bissau et le Cap-Vert.

Les Lionnes, elles, après deux Can avec Moustapha Gaye, suspendu pour 5 ans après une couronne de Reine d’Afrique en 2009 et une médaille d’argent à Mali 2011, tombent sous les bras de Moussa Touré, l’ex de la Tunisie. Ici, le chantier semble moins corsé. Il s’agit juste de reprendre le flambeau perdu au Mali devant les Angolaises, championnes d’Afrique 2011. A moins que l’Angola ne se dessine le même destin qu’en garçon avec l’ouverture de son palmarès féminin.

Boly BAH

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