Accueil du site > Actualités > Politique > La guerre des générations

AVENIR DU M23
La guerre des générations

vendredi 28 décembre 2012

Le M23 se fracture. Jeunes et secrétariat permanent n’émettent plus sur les mêmes ondes.

Janvier de tous les dangers pour le M23. Le 12 janvier, il va en assemblée générale pour se pencher sur l’avenir de l’organisation née lors du vote avorté de la loi sur le ticket de le Vice-présidence en 2011. Le mouvement qui a traversé des périodes de lutte intense en décembre 2011, janvier et février 2012 à la présentation-validation de la candidature de d’Abdoulaye Wade, a enregistré près de 10 morts. Il traverse aujourd’hui une zone de turbulence. C’est la guerre des tranchées entre les jeunesses du M23 dont les structures sont dites gelées par le secrétariat permanent. Sa cohésion s’effrite et un grand décalage fait jour entre le sommet et la base. Leaders et jeunesses se mènent une guerre fratricide suite à la sentence du 30 novembre : « L’Assemblée générale du M23 a dissout toutes les instances dans la période de finalisation de ses nouveaux textes, dont l’adoption est prévue le 12 janvier 2013 lors de la prochaine session. Durant cette période de transition, l’Assemblée générale a désigné le Comité de Coordination du M23 comme seul organe habilité à engager le mouvement et à communiquer en son nom ».

Les coups pleuvent sur la tête des leaders accusés de rouler avec le pouvoir. Les leaders subissent depuis les foudres des amis d’Abdourahmane Sow qui répondent par ce communiqué du 7 décembre : « Nous n’accepterons jamais qu’une autorité autoproclamée, s’arroge le droit de nous démarquer de cette orientation indispensable au contexte actuel. Si Bassirou Sarr a le droit de se référer au palais pour le contenu de sa communication. Nul groupe, nulle personne ne saura nous détourner de notre mission. » Ils poursuivent dans la caricature : « Nous respectons leur subjectivité. De toutes les manières, nous préférons les calomnies et quolibets au silence incompréhensible, complice et attentiste sur la situation nationale de certains au détriment de la vérité et des intérêts des Sénégalais. » Le M23 s’effondre et souffre de légitimité. Faut-il signer son acte de décès ?

En tout cas son identité actuelle est source de polémique. Et de critiques. Tantôt étiqueté collabo, le M23 essuie les critiques acerbes de la part des familles des détenus. A Colobane, on reproche aux leaders du M23 de sacrifier leurs fils torturés et privés de liberté. Au même moment l’antenne du M23 de Mbour réclame la levée de l’immunité parlementaire de Ousmane Ngom, ex-ministre de l’Intérieur, commanditaire de la répression policière contre les manifestants de l’opposition d’alors. Si les rebelles-jeunes du M23 ont reporté leur marche du 9 décembre, se proclament porte-flambeau des sentinelles de la République, la structure-mère, elle, se penche sur sa mutation et invite les députés à une proposition de loi d’amnistie. Accusée d’être des partisans, avec l’avènement de Macky Sall à la présidence de la République, c’est la guerre ouverte. Les jeunesses « recommandent la mise en place d’une nouvelle Constitution et le règlement définitif de la crise casamançaise », en août et quatre mois plus tard, elles théorisent la mise « en place d’un vaste cadre de conscience citoyenne pour, porter ensemble un projet commun allant dans le sens de se dresser contre l’impunité, la corruption, la mal gouvernance. Sans oublier l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais » dans un communiqué fait le 7 décembre. Compagnons d’hier, adversaire d’aujourd’hui, la force du M23 avec son melting-pot se révèle une grande faiblesse à l’épreuve du pouvoir. Qui va remporter la bataille de la légitimité. Verdict le 12 janvier ! En attendant, les jeunes cherchent des alliances avec « des personnes et des structures qui partagent les mêmes convictions que nous quant à la nécessité de se démarquer des positions partisanes et clientélistes pour consacrer la république, la démocratie, l’éthique, la justice et la bonne gouvernance ».

Boly BAH

Publicité
  Dans la même Rubrique :
« Il faut casser le mythe de la croissance démo graphique infernale des villes africaines »
« L’Apr a le choix entre viser l’hégémonie ou consacrer la coalition comme la seule plateforme capable de gouverner de façon stable le Sénégal »
« Il faut un large rassemblement autour du président Macky Sall parce qu’un parti présidentiel doit être fort sinon il ne renforce pas la démocratie »
La guerre des générations
TOS, Azimut et la spiritualité !

Réagir à cet article

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)