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CONFERENCE DEBAT
Le nouveau code de la presse disséqué

dimanche 28 juillet 2013

Le nouveau Code de la presse en gestation a fait l’objet d’un panel, samedi 20 juillet dernier. Les problèmes qui secouent la presse ont été abordés par les participations.

Le Code de la presse a été disséqué au cours d’une conférence-débat organisée par la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) le samedi 20 juillet dernier, à la Fondation Frederich Ebert. Ce texte qui suscite espoirs et craintes, assurances et suspicions, est revu sous plusieurs angles. Le riche panel était animé par Moustapha Diakhaté, président du groupe parlementaire Benno bokk yakaar (Bby, majorité), Pape Amadou Sow, juge ; Moussa Paye, journaliste ; Ibrahima Khaliloulah Ndiaye et Mallé Ndiaye du Ministère de la Communication.

Dans son intervention, le député Moustapha Diakhaté, s’est engagé à faire, avec ses collègues, des efforts pour améliorer le texte et le voter au niveau de l’Assemblée nationale. « Le texte est bon parce qu’il améliore le cadre juridique de la presse, l’environnement de la presse, et renforce les activités de la presse. Il permet au paysage médiatique de connaître des progrès », a assuré le député. Mais, il précise que « le projet de loi n’est pas encore parvenu aux députés ». La plupart des interventions ont été axées notamment sur la notion de dépénalisation ou « déprisonalisation ». Sur cette question, le député a montré sa désapprobation. « Je ne crois pas aux privilèges de juridiction. La République ne peut pas accepter des privilèges de situation ou de naissance. Ça aussi fait partie du combat républicain », dit-il, affirmant que tous les citoyens doivent être égaux devant la loi, quelles que soient leur naissance ou situation. « Un délit doit être puni. Pourquoi vouloir le dépénaliser ? », s’interroge Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, Sg du Synpics. Un avis partagé par le juge Pape Amadou Sow, qui pense que la dépénalisation des délits de presse ne veut rien dire. Les journalistes ont fait cette proposition car ils ont peur de la prison.

Selon lui, le fait de procéder à la dépénalisation relève de la cacophonie. « Substituer une peine financière à une peine d’emprisonnement est une erreur. Car, le meilleur moyen de tuer une entreprise de presse au Sénégal est de lui infliger une sanction pécuniaire », avertit le magistrat Pape Amadou Sow. Pour le député Diakhaté, les journalistes se servent de ce prétexte pour échapper aux deux peines : pécuniaire et privative de liberté. « Les entreprises de presse sont très pauvres. Chaque jour, elles ferment et licencient pour des raisons économiques. Et vous voulez qu’on vous sanctionne pécuniairement. Avec cette sanction, vous avez la certitude que la somme ne sera pas payée », déplore-t-il. D’après le juge Sow, c’est le Code de procédure pénale qui doit être revu, notamment en ce qui concerne le délit de diffamation. Car, poursuit-il, le délai imparti au journaliste pour apporter ses preuves est de 10 jours. Et passé ce délai, la sanction est immédiate.

 Le manque de modèle économique des entreprises de presse a été décrié. Pour Mamadou Ibra Kane, propriétaire des quotidiens « Stades » et « Sunu Lamb », par ailleurs membre du comité technique qui a élaboré le nouveau code : « On ne parlait pas d’entreprises de presse auparavant, mais d’organes de presse. Mais avec le nouveau Code la presse qui est un nouveau souffle, cette donne va changer », souligne-t-il. Sur ce problème financier, Moustapha Diakhaté a proposé des pistes de solution pour aider les entreprises de presse, notamment privées, à s’en sortir. De son avis, la presse publique doit être budgétisée totalement par le contribuable sénégalais. Par conséquent, on peut soustraire ces médias publics à l’emprise de la publicité et donner cette manne financière à la presse privée. Pour les aider, le député propose que la presse publique soit prise en charge par le contribuable et qu’une part du budget de communication de l’Etat soit allouée aux entreprises de la presse privée.

De son côté, le journaliste Moussa Paye a mis l’accent sur la situation des journalistes pour déplorer le manque de prise en compte de leurs intérêts dans le code. Car estime-t-il, « les patrons de presse ont comploté avec l’Etat pour défendre leurs intérêts, au détriment de ceux des journalistes ». Il en veut pour preuve, l’adoption de cette loi avant l’élaboration d’une convention collective qui montre que la préoccupation du pouvoir et des patrons n’est pas l’amélioration des conditions morales et matérielles des travailleurs de la presse.

Pape Mayoro M NDIAYE (Stagiaire)

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