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HISSENE HABRE, 69 ANS, ANCIEN PRESIDENT DU TCHAD
« Pour moi, il n’y a pas de doute, c’est l’exécution d’un complot visant mon élimination physique »

lundi 25 juillet 2011

­Sé-ré-ni-té. Ce dimanche, vers 16 h, à quelques heures de son « extradition » vers le Tchad, Hissène Habré, ex-homme fort de Ndjaména affiche plutôt une mine déconcertante. La menace d’une mort certaine ne semble guère l’ébranler. Mental de rebelle ou confort d’une solidarité savamment mijotée avec ses hôtes ? Sans doute, les deux à la fois. Blessé de guerre et maintes fois miraculé, Habré, 69 ans, ne vit pas la mortification d’un supplicié en sursis. A l’entrée de son domicile, où les forces de sécurité restent médusées de nous entendre dire que nous avons rendez-vous avec le maître de céans, rien n’indique que le monde entier bruit de la folle décision de renvoyer Habré au Tchad. Calme plat.

L’immense portail en fer lourd franchi, on aperçoit Habré, lunettes correctrices au montant gris, sur le perron de sa villa cossue nichée au quartier résidentiel des Almadies. Sa belle demi-saison en lin d’un blanc immaculé, joliment brodée, semble quasiment mouler un corps chétif. L’écharpe et le bonnet blancs sont toujours là, en fidèles compagnons. A l’annulaire gauche, une bague légèrement flottante sertie sans doute de diamant. Habré est quasiment resté le même. Il a certes davantage blanchi. Mais l’homme entretient toujours une fine moustache et une barbiche grisonnantes. Sa poignée de main est vigoureuse, son débit lent, sa voix parfois gutturale. Une double entrée donne accès au salon où Habré et son épouse nous accueillent.

A l’intérieur, sur les murs sont tapissés de tableaux de paysage, de représentations humaines. Et cette odeur d’encens qui titille les narines. Pas l’ombre d’un journal ou d’un livre. Moquettes, lustres, meubles de coins complètent un décor bien sobre et charmant. « Vous êtes là depuis vingt ans et Wade décide de vous extrader… » A cette question, son épouse, une ancienne présidente de l’Association des étudiants tchadiens de France, assise à côté, lunettes correctrices au cadrant marron vissé au visage, fait faire à sa tête un balancement avant arrière d’indignation. Elle prenait note.

Le temps d’ajuster la caméra, de tester le son, Habré croise et entrecroise les doigts, raffermit les lèvres. Point de doute, il a envie de se libérer. « Cela fait vingt ans que je suis au Sénégal. C‘est la première fois que l’occasion m’est donnée de parler à un média », confie-t-il. Son propos se déchaîne et laisse entrevoir un tournant dans sa vie. Désormais Habré parle. La France, Kadhafi, Wade sont pour lui au centre d’un complot qui cherche à l’éliminer. Apparemment nullement ébranlé, il prévient de vendre cher sa peau. Ce qu’il appelle la légitime défense. Lui qui assume son statut d’ancien rebelle, partage son temps entre ses deux maisons, ses enfants, ses lectures sur l’univers, ses promenades matinales et ses visites à son médecin. Une équipe de la rédaction de La Gazette lui a rendu visite ce dimanche 9 juillet 2011, dans l’après-midi, dans sa villa des Almadies. Au sortir de l’entretien, l’enchantement d’avoir brisé un silence de vingt ans se mêle à un autre : Wade a rapporté la mesure d’extradition. Vite, on compose son numéro.

Le Président Habré réagit : « J’ai entendu comme tout le monde le ministre des Affaires étrangères Madické Niang dire que la mesure a été suspendue. Cela veut dire qu’elle n’est pas levée. Il a justifié la décision de suspension par le fait que Mary Robinson président de la Commission des Droits de l’Homme aux Nations Unies a demandé de surseoir à la mesure. Je reste donc très prudent et vigilant car le ministre a déclaré que le Sénégal va engager des discussions avec les Nations Unies, l’Union africaine et l’Union européenne pour trouver une décision définitive au dossier Habré. J’observe les choses se dérouler et attends l’évolution du dossier ».

La Gazette : Nous avons appris comme tous les Sénégalais, les Africains et le monde entier que le gouvernement du Sénégal notamment le président de la République vient de prendre une décision importante qui pourrait être lourde de conséquences consistant à vous extrader chez vous au Tchad. Etes-vous surpris par cette mesure ?

Hissène Habré : Je voudrais d’abord dire un mot à l’endroit du Sénégal et du peuple sénégalais. Cela fait vingt ans exactement que je suis au Sénégal. C‘est la première fois que l’occasion m’est donnée de parler à un média. Je voudrais à cette occasion donc dire mon profond sentiment de gratitude à l’endroit du Sénégal et du peuple sénégalais. Moi-même, ma famille, disons notre fierté, notre profond sentiment de reconnaissance, notre amitié, notre fraternité à l’endroit du Sénégalais. Ce pays nous a accueillis, ce peuple magnifique, merveilleux nous a traités comme ses propres fils. Nous nous sentons chez nous, ici. Nous sommes vraiment chez nous ici. C’est donc l’occasion pour moi de dire merci au valeureux peuple sénégalais, merci au Sénégal. Et en toutes circonstances, le peuple sénégalais nous a témoigné son amitié, son soutien durant toutes les péripéties que nous avons connues, tous les problèmes que je pense profondément injustes qui nous ont été faits…. Le peuple sénégalais a été à côté de nous, près de nous…

Avez-vous obtenu une notification de la décision du gouvernement sénégalais de vous extrader au Tchad ?

Je n’ai reçu aucune notification sous quelques formes que ce soit. Ni par écrit, ni oralement. Et comme je disais tout à l’heure, je ne sais même pas s’il s’agit d’une expulsion ou d’une extradition tellement dans la réalité, il s’agit bien d’un kidnapping. S’il faut appeler les choses par leur nom. Ils préparent un kidnapping pour me remettre à leur ami Idriss Déby. Voilà la situation. Le gouvernement sénégalais en procédant de la sorte se retrouve dans l’illégalité la plus totale. Mes avocats, mes amis, moi-même ne resterons pas les bras croisés. Nous allons tous agir. Si vous me demandez ce que je vais faire : quand quelqu’un ou des personnes défoncent votre porte, pénètrent chez vous et tentent de vous agresser, qu’est-ce que vous ferez ? Il y a des gens pris de panique qui vont baisser la tête, baisser les bras pour se laisser prendre comme des lapins. D’autres vont bomber le torse, se tenir bien sur leurs jambes et faire face. Cela s’appelle dans le jargon juridique la légitime défense. Et c’est le choix que je ferais dans pareille situation. Quiconque violerait mon espace, ma maison pour m’agresser, alors je serais dans mon droit de légitime défense.

Attention, vous parlez à un Etat.

Nous sommes totalement dans une situation où sévit la loi de la jungle. Qu’on use des moyens de l’Etat pour m’agresser, ou que les initiateurs de l’agression viennent eux-mêmes, ce dont je doute fort, dans tous les deux cas, ça ne peut pas être l’Etat, mais plutôt une utilisation des moyens de l’Etat. En le faisant, on viole la légalité républicaine sénégalaise et les lois internationales. C’est pour cela que j’ai dit qu’on est dans une situation semblable à la loi de la jungle. Dans la jungle, quand des bêtes vous attaquent, qu’est-ce vous faites ? Ces gens là se comportent comme des hyènes vis-à-vis de Hissène Habré. La ligne rouge a été franchie. C’est inadmissible et inacceptable.

Voulez-vous dire que vous avez réussi votre intégration au Sénégal ?

Absolument !

Mais revenons à cette…

Maintenant concernant votre question. J’ai été surpris et non. Surpris parce que dans des situations comme celle-là, généralement, tout Etat prend la précaution d’en informer le concerné soit par un émissaire, soit par un papier. Ça n’a pas été le cas.

Vous n’avez pas été informé par le Sénégal…

(Il coupe) Absolument pas ! J’ai appris la nouvelle comme tout le monde par les médias.

Vos avocats n’ont pas été contactés.

Ni avocats ni moi-même, personne de mon entourage ! Je ne suis pas surpris pour la bonne et simple raison que c’est la suite de tous les problèmes que j‘ai connus depuis dix ans. Des problèmes plus bizarres les uns que les autres, les uns plus choquants que les autres, les uns plus injustes que les autres. D’ailleurs, rappelez-vous, il ya quelques années, j’ai appris comme ça, comme c’est le cas aujourd’hui, qu’un mystérieux avion est venu me chercher…

Pour vous envoyer où ?

(Hésitation). Ben, officiellement on disait que le Président Hissène Habré devait être remis au président de l’Union africaine, à l’époque c’était Olesegun Obasanjo. On disait aussi que cet avion avait pour destination Ndjaména ou Tripoli. On disait également qu’Abuja était un transit. Mais toujours est-il que j’étais à un doigt d’être transporté ailleurs. Dieu merci, ça ne s’est pas déroulé comme prévu. Donc ce n’est pas totalement une surprise (Ndrl : cette mesure d’extradition).

Avez-vous des appréhensions quant à votre retour à Ndjaména ?

Appréhensions… Avant de parler d’appréhensions pourquoi cette décision. Sur quelles bases une telle décision a été prise ? Tantôt on parle d’extradition, tantôt on parle d’expulsion. A quoi obéit cette logique ? Pour moi, il n’y a pas de doute, c’est l’exécution d’un complot visant mon élimination physique. Disons un complot politique visant mon assassinat.

Qui impliquerait ce complot ?

La façon dont les choses se sont faites antérieurement et vu comme elles se font aujourd’hui, il n’y a l’ombre d’aucun doute. Et je vous dirais que toute cette « affaire Hissène Habré », c’est quoi dans ses fondements, dans ses péripéties ? C’est un complot à dimension politique, financière, drapé dans le manteau d’une affaire judicaire, au propre comme au figuré. Qui sont ceux qui sont derrière ? Vous avez le colonel Kadhafi. Il n’a pas caché sa position par rapport au dossier. Il l’a officiellement dit à plusieurs occasions et vous savez ce qui m’oppose au colonel Kadhafi ? La bande d’Aouzou et la région du Bornou Tibesti. Effectivement tout le monde pense à la bande d’Aouzou, mais Kadhafi voulait un peu moins de la moitié du Tchad. Il a perdu dans sa politique d’annexion et d’hégémonie. Alors, il tient coûte que coûte à se venger. Bien sûr, il y a les dirigeants français, que ce soit hier Mitterrand , Chirac, aujourd’hui Sarkozy.

Voulez-vous dire que Mitterrand comme Chirac ont eu les mêmes visées à votre endroit ?

Les colonialistes et les néo-colonialistes ont la haine tenace. Ils ne sont pas comme les Africains, ils n’oublient pas vite. Ceci est lié à mon parcours politique. A la fin de mes études, j’ai regagné le Front de libération nationale (Frolinat). J’avais mes raisons. Vous savez, au moment des indépendances, les Français ont estimé qu’il fallait passer le pouvoir à une région où il y avait une petite élite formée à l’école occidentale, des chrétiens et des adeptes des religions traditionnelles. Les Français pensaient que c’étaient les meilleurs alliés, il fallait donc passer le pouvoir à cette petite élite. Malheureusement, ces Tchadiens à qui on a passé les rênes du pouvoir au moment de l’indépendance sous la présidence de Tombalbaye ont mené une politique désastreuse d’oppression, de répression et d’abus de toutes sortes. Au lieu de conduire une politique d’unité nationale de développement, au contraire, ils ont fait tout pour diviser le pays, et même entraîner une partie du Tchad dans la révolte. Pour mettre fin à cette injustice, à cette situation désastreuse, j’ai rejoint, pratiquement à la fin de mes études, le Frolinat. J’ai une formation de juriste et d’économiste. Je me suis alors mis à la disposition du Frolinat pour renverser ce régime, pour conduire une nouvelle politique, avec un idéal d’un Tchad réellement indépendant, qui n’obéit pas aux ordres de Paris, un pays libre, qui décide de son destin, qui a une politique défendant ses intérêts nationaux. En 1982, quand j’ai pris le pouvoir, c’est cette politique que j’ai mise en place. Ça ne plaisait pas à Paris. Ni à Mitterrand, ni à Chirac, ni ce qu’on appelle la Françafrique !

Vous avez donc payé votre hostilité à la Françafrique ?

Moi, je n’appartiens pas à la Françafrique. Je ne connais pas la Françafrique. La France a besoin en Afrique, principalement en Afrique francophone, d’un béni oui-oui. La France n’a pas besoin d’hommes libres, de vrais interlocuteurs, de gens qui défendent les intérêts de leur pays. Ce n’est pas dans le schéma de la Françafrique. Et j’ai eu des relations franchement mauvaises avec Mitterrand, Chirac, Sarkozy évidemment je ne le connais pas, mais enfin, c’est leur successeur. Donc dans cette affaire, il y a la France. Quand Sarkozy était venu ici à Dakar, il a insulté toute l’Afrique, tous les Africains, à l’université Cheikh Anta Diop. Il a dit que le jugement de Hissène Habré est une bonne chose. La France est donc pleinement dans cette affaire. Comprenons-nous bien, je parle de l’élite politique française.

Voulez-vous dire que sous le couvert des droits de l’Homme, c’est la France qui se bat contre vous ?

Tout à fait ! Pas seulement la France, il ya la Lybie. Le colonel Kadhafi, hier, tout puissant, menait comme il voulait un bon nombre de chefs d’Etat qui passaient leur temps à aller à Tripoli comme si c’était leur Mecque. Alors qu’en public, il les (Ndrl : les chefs d’Etat africains) méprisait. Il les traitait de gorilles du parc de l’Elysée.

L’avez-vous entendu dire cette expression ?

L’expression venait de Kadhafi lui-même, pas de quelqu’un d’autre.

Mais Kadhafi c’est le passé aujourd’hui…

Ah ben, moi je vous ai tout dit à l’époque où il était tout puissant. A l’époque où il se permettait tout ! C’est lui qui a créé l’Union africaine, n’est-ce pas ? Il rêvait de devenir le président des Etats-Unis d’Afrique. Donc, il y a Kadhafi qui a juré de perdre Hissène Habré. Il ne l’a pas caché, il l’a toujours dit. D’ailleurs, un journal sénégalais a dit, ici, qu’il ne peut pas souffrir de terminer une réunion avec le Président Wade sans poser le problème Hissène Habré. C’est clair, il y a Kadhafi dans cette affaire. Maintenant que ça se passe au Sénégal, c’est le Président Wade qui est pleinement impliqué et qui exécute le plan visant à m’éliminer.

Avez-vous une fois rencontré le Président Wade ?

Je ne le connais pas, il ne me connaît. Je ne l’ai jamais rencontré.

Avez-vous une fois rencontré un émissaire de Wade ?

Je n’ai jamais rencontré un émissaire.

Lui avez-vous une fois parlé au téléphone ?

Je n’ai jamais parlé avec le Président Wade au téléphone. C’est curieux même qu’un chef d’Etat qui a un ancien chef d’Etat chez lui ne soit, ne serait-ce qu’au nom des valeurs africaines, jamais venu lui rendre visite. J’avais une fois demandé une audience avec lui, mais je ne l’ai jamais eue.

Et avec Abdou Diouf ?

Avec Diouf, ce n’est pas le cas. Je l’ai rencontré au moins deux fois. Et Diouf a eu même l’élégance de venir me rendre visite avec son épouse.

Mais à l’époque il n’y avait pas ce contentieux…

(Rires) Est-ce que j’ai un contentieux avec le Sénégal ? Je n’ai pas de contentieux avec le Sénégal.

Avec les organisations des droits de l’Homme…

(Il affermit le ton) Le Sénégal est un pays indépendant. Le Sénégal a des traditions. Le Sénégal c’est un pays de grands saints. Le Sénégal, c’est le pays de Cheikh Anta Diop. Quand même… Au Sénégal certaines Ong s’amusent. Il n’ya qu’au Sénégal où certaines Ong s’amusent.

Voulez-vous dire qu’on laisse trop faire ?

Mais bien sûr.

Est-ce que ce n’est pas à cause de cela que vous avez eu un règne extrêmement dur au point qu’on vous reproche un certain nombre d’actes criminels ?

Mais non, non. Vous trouvez normal ce que les Ong sont en train de dire ? Elles m’ont condamné avant jugement. Elles me traitent de criminel, c’est normal çà ? Est-ce que Hissène Habré n’a pas de droits ? La présomption d’innocence, ça n’existe pas ? Moi je condamne ce genre de dérives. Hissène Habré n’a jamais fait quoi que ce soit contre le Sénégal. On ne peut rien reprocher à Hissène Habré. D’ailleurs, mes relations avec le Sénégal datent de très longtemps, bien avant que je ne devienne homme politique. Durant mes études en France, j’ai connu énormément de Sénégalais. Quand j’étais président de la République du Tchad, j’avais les meilleures relations avec le Sénégal. Et croyez-moi, le Sénégal a été à mes côtés durant le conflit tchadien. C’était l’un des rares pays africains dont les dirigeants , Senghor et ses collaborateurs, n’avaient pas peur de Kadhafi. Il avait ouvertement soutenu la cause du Tchad. Moi-même, j’ai rendu quelques services au Sénégal, dans le cadre de ces actions.

Quels services ?

Non, n’entrons pas dans ces détails.

Le Sénégal vous a également rendu service.

Le Sénégal a été l’un des premiers soutiens du Tchad. D’ailleurs, le Sénégal nous a rendu service avant même notre arrivée au pouvoir en 1982, quand j’étais maquisard.

Est-il vrai que c’est le Sénégal qui a organisé votre ravitaillement en armes via le Maroc ?

Non, le Sénégal ne nous a pas ravitaillés en armes. Votre pays m’a ouvert des portes, le Président Senghor m’a ouvert des portes. C’est ce qu’il disait lui-même (rires). Mes relations avec le Sénégal étaient excellentes. On s’entraidait mutuellement, mais pour la bonne cause et non pour faire assassiner quelqu’un.

Revenons au Président Wade…

Justement ! Moi je l’appelle Président Wade, bien que lui m’appelle Hissène Habré. Il m’appelle toujours Hissène Habré. Il paraît que des gens lui ont rapporté que Hissène Habré a financé le Parti socialiste du temps du Président Diouf. Je le démens formellement. J’ai toujours dit et c’est une occasion pour le répéter : je n’ai jamais financé le Parti socialiste. Et d’ailleurs, ni le Parti socialiste, ni aucun autre parti politique n’a demandé un concours quelconque à Hissène Habré. Jamais ! De plus, compte tenu de mon statut, de ma ligne de conduite, de mes principes, je ne me suis jamais mêlé des affaires intérieures du Sénégal. Les gens racontent n’importe quoi.

Avez-vous décelé dans le comportement de Wade des signes annonciateurs de cette mesure soudaine d’extradition ?

D’abord, sur quelle base, au nom de quoi, comme un objet, comme un mouton, on décide de prendre un ancien président en exil au Sénégal pour le convoyer dans son pays ? Sans même l’informer. Est-ce un enlèvement ? Est-ce un kidnapping ? Alors que tout le monde connaît mes relations avec Déby. Au Tchad, tout le monde sait que Déby s’est levé pour condamner Hissène Habré à mort. Mais qui ignore que mon ancien commandant en chef (Ndrl : Déby) qui a trahi Hissène Habré, son chef, qui a été retourné par les services de renseignements français lors d’un stage en France, a reçu de l’Hexagone et du Soudan une armée clé en mains ? Des pays (Soudan et France) dont le rêve est de voir Hissène Habré mourir. C’est à cet homme qu’on voudrait me remettre. Et de la façon la plus immédiate. On agit exactement comme agissent les mafieux. En violation de toutes les règles de droit, de toutes les valeurs, de tous les principes.

Comment expliquez-vous qu’au Tchad il n’y ait aucune voix discordante en rapport avec la mesure de Wade ? N’avez-vous plus d’amis au pays ?

Contrairement à ce vous dites, je vous fais savoir que le Tchad est une grande prison à ciel ouvert. Les gens ne peuvent pas aujourd’hui publiquement défendre leur point de vue. C’est une question de vie ou de mort.

Revenons au complot que vous avez dénoncé. Il y avait, effectivement, d’une certaine manière une collusion entre la France et la Lybie. Mais votre régime a été très sévère. Il ya eu une répression menée sur le terrain par Déby mais sous votre responsabilité.

Bien, je vous réponds. D’abord vous dites que « votre régime a été très dur », « très sévère », c’est ce qu’on dit, c’est ce que tout le monde dit. Mais est-ce qu’on s’est posé la question de savoir si c’est vrai. Est-ce que c’est vrai ? Quels éléments nous avons pour dire que ce régime a été un régime dictatorial, un régime criminel ? Mais je vais le dire : le Tchad a connu une histoire tout à fait extraordinaire. Moi, je ne suis pas venu au pouvoir comme la plupart des chefs d’Etat africains. Je suis un combattant. J’ai fait la guerre avec tout ce que cela comporte. Nous avons fait la guerre contre un régime qui tuait les femmes ou rasait leur têtes, les enfants, confinait une grande partie du pays dans une misère totale. Donc nous avons pris les armes pour remplacer ce régime par un autre véritablement patriotique, qui a une vision pour le Tchad. Et la guerre, ce n’est pas un festival de joie. Nous n’avons pas fait comme l’armée française qui a déversé des produits toxiques sur les pauvres populations, violé des femmes, empoisonné des puits d’eau rares dans le désert. Chez nous, c’était le peuple qui combattait face à des Libyens qui voulaient annexer un peu moins de la moitié du Tchad. Nous nous sommes sacrifiés, nous avons versé de notre sang, souffert du froid, de la faim au point que nous ne pouvions même pas tenir pour faire nos prières. Mais nous avions la foi, des objectifs nobles : libérer notre pays aux potentialités énormes. Avec très peu de moyens comparés aux Libyens et aux Français qui faisaient un jeu de balancier.

Monsieur le président, est-ce que vous ne pensez pas que dans ces conditions un procès juste et équitable vous permettrait de montrer à la face du monde que tout ce qui est rapporté est faux ?

J’y viens. La France a joué un jeu de balancier, elle a un pied en Libye où elle a de grosses affaires et un pied au Tchad. Ces deux pays avaient des intérêts stratégiques, ils avaient besoin du Tchad, nous, nous avions besoin d’eux, alors on procédait à des négociations. Mais la France n’a jamais été un soutien ferme ni de Hissène Habré, ni de son régime. La preuve, la France n’est venue au Tchad que sous la pression de ses amis africains. Parce qu’il n’était pas question pour la France de se fâcher avec Senghor, Houphouët Boigny, ou d’autres chefs d’Etat africains qui ne comprenaient pas pourquoi elle ne faisait rien alors que le Tchad était occupé dans sa moitié nord. En plus, à Ndjaména, il y avait beaucoup de mouvements de libération contre le Niger, le Cameroun durant la période Goukouni. C’est dans ces conditions qu’ils sont venus au Tchad. Et effectivement je ne dois pas cacher que sa présence a été utile pour nous. Cette présence avait quand même une dimension de dissuasion. C’était important. A un moment donné, quand la Libye avec ses Antonov qui ont fait escale au Nigeria, à Maiduguri, sont venus bombarder la piste de Ndjamena, les Français ont réagi en bombardant la piste de Walidoum parce qu’ils étaient directement visés. Parce que la base française Epervier était tout près de l’aéroport. D’ailleurs, là encore, je ne sais pas comment ils ont fait, ils ont jeté quelques bombinettes sur la piste de Walidoum mais la piste était opérationnelle 24 heures après. Ils disent partout qu’ils ont détruit la piste de Walidoum, mais c’était un gros mensonge.

Votre régime a tout de même été très répressif…

Je ne nie pas que sous mon régime, il y a eu des dérives ou ce qu’on appelle des bavures. Le Tchad est large de 1 284 000 Km2. Quand je suis arrivé au pouvoir, le pays était divisé en onze tendances. Chaque tendance avait son territoire, son Etat, son armée, son administration. Qui en souffrait ? C’était la population. Rendez-vous compte : onze Etats dans un Etat ! Nous avons déployé tous les efforts imaginaires et imaginables pour ramener la paix et mettre en place, en peu de temps, un Etat qui fonctionnait. Dans un pays comme ça en proie à la guerre, forcément tout le monde n’est pas saint dans l’armée, dans la police et dans la gendarmerie. Dans un pays comme le Tchad qui a traversé des guerres et des guerres dans tous les sens, incontestablement, il y a des règlements de comptes, je ne le nie pas. D’ailleurs il y a eu même des cas où la justice tchadienne a condamné des gens à mort pour des exactions.

C’était sous votre règne ?

Oui sous mon règne. A l’époque de mon régime. Donc le problème n’est pas là. Je ne suis ni contre la Justice ni contre la poursuite des gens qui auraient commis des actes criminels ou délictuels. Ce que je dénonce, c’est le complot qui vise non pas à faire la lumière mais qui vise à éliminer un homme, plutôt que de rendre justice. J’ai essayé de me renseigner sur les gens qui ont porté plainte à Dakar.

Et qui sont-ils ?

Vous savez, j’ai toujours des liens avec mon pays d’origine. Je n’ai trouvé parmi eux personne que je connaisse. Il n’y a parmi eux ni un ancien ministre, ni un ancien homme politique connu, ni ancien Pdg, ni ancien Dg, ni un ancien général, ni un ancien colonel, ni un ancien commerçant connu, ni un ancien directeur d’une administration connu. Donc on veut faire croire qu’Hissène Habré ramassait des gens dans la rue et les tuait et ces gens là viennent porter plainte. On tue quelqu’un pour une raison donnée.

Mais ils peuvent avoir perdu un père ou un parent proche…

(Il coupe) Oui mais même dans ce cas il faut se demander ce que son père a fait ? Pourquoi Hissène Habré a tué un pauvre citoyen qui n’avait ni une activité politique, qui n’était ni un militaire, qui n’était rien du tout. Pour quelle raison le ferais-je ? Mais enfin, l’affaire a démarré en 2000, un Sénégalais est sorti de je ne sais quel trou pour porter plainte en disant avoir été torturé par Hissène Habré.

Est-ce un sénégalais qui a porté plainte ici à Dakar ?

Oui un sénégalais qui fait beaucoup de bruit, il voyage à Paris, parle à Rfi, voyage un peu partout.

N’est-il possible qu’il ait été arrêté et torturé …

Mais comment expliquez-vous que quelqu’un qui a été torturé, alors que l’affaire a commencé en 2000, se lève un beau matin en 2006 pour porter plainte ? Prenons l’hypothèse que cet homme a été torturé comme il le dit lui-même, il dit qu’il était un bijoutier, dit parfois qu’il était venu dans un avion militaire français, il donne trois versions : il dit tantôt qu’on l’a arrêté au marché, à la base militaire française. Donc il dit qu’il était venu pour écouler des pierres précieuses et que la police l’a arrêté, torturé puis libéré. Mais en quoi Hissène Habré est responsable de ce genre de choses. Un président qui passe son temps derrière les voleurs de poulets, derrière les trafiquants de drogue ou de pierres précieuses. Mais partout dans le monde, les trafiquants de pierres précieuses, les dealers sont arrêtés, certains subissent des tortures. Est-ce qu’on a poursuivi et arrêté un président de la République au Sénégal parce qu’on a pris des trafiquants ? Jamais ! En quoi je suis concerné ? Pourquoi il n’est pas parti à Ndjamena porter plainte contre ses prétendus tortionnaires ? Certainement que quelqu’un l’a torturé si sa version est vraie.

Ce cas excepté, vous avez eu quand même à répondre au rapport que votre « ennemi » a produit à la suite de votre départ et selon lequel il y a eu 40 000 morts tchadiens sous votre régime. Comment vous considérez la crédibilité de ce rapport qui est le principal document qui est aujourd’hui brandi contre vous par les organisations des droits de l’Homme. Vous avez quand même quelque chose à répondre surtout que les conditions de détention des prisonniers politiques étaient fortement décriées ?

Vous-même dites que ce rapport a été confectionné par celui qui m’a renversé. C’est un rapport confectionné par les services spéciaux de Déby, ceux qu’on appelle la police politique. Ce rapport n’a aucune valeur. (Il répète). Ce rapport n’a aucune valeur. Comment celui, qui par un coup d’Etat a renversé quelqu’un peut faire rédiger un rapport crédible sur son prédécesseur.

Mais est-ce que vous pouvez répondre aux accusations portées contre vous et contre votre régime ?

Oui je vais répondre. Quand Idriss Déby a pris le pouvoir au Tchad, dans une interview qu’il avait accordée à Jeune Afrique, Sennen Adriamirado lui a posé cette question : « quand vous êtes arrivé à Ndjamena qu’est-ce qui vous a le plus fait plaisir ? », il a répondu : « la chose qui m’a le plus fait plaisir, c’est d’avoir trouvé vivants tous mes compagnons qui ont été faits prisonniers ». Dans le volumineux dossier constitué par le juge belge, vous ne trouverez nulle part quelqu’un dire que Hissène Habré l’a torturé. Personne, je vous dis, personne. Tout le monde accuse le régime d’Hissène Habré, la Direction de la Documentation et de la Sécurité (Dds), la police, ainsi de suite. Personne ne m’a mis en cause nommément. A tel point que le procureur général de la République, dans l’examen du dossier d’extradition a dit que la plupart des plaintes semblent motivées par des raisons politiques. Et c’est écrit noir sur blanc.

Dans le rapport de quel procureur ?

Dans le réquisitoire du procureur de la Cour d’Appel du Sénégal. Maintenant, il s’est passé beaucoup de choses au Tchad. Des Libyens ont massacré des milliers de Tchadiens, ont déporté de jeunes tchadiens chez eux, les ont réduits en esclaves. Ils ont pris de jeunes tchadiens qu’ils ont envoyés dans les théâtres de combat au Liban et en Iran. Ils ont emporté des milliers et des milliers d’animaux sauvages tchadiens : des éléphants, des girafes, des gazelles. Car le Tchad a une faune extrêmement riche. Les libyens ont détruit le Tchad en usant même du gaz napalm. Les palmeraies ont été brûlées, le bétail détruit. Ne doit-on pas interpeller la Libye si on veut rendre justice ? Le Tchad a traversé une période de guerre interminable. Moi même je l’ai subi durant huit années de mon passage au pouvoir et dix ans de maquis. Les Français eux-mêmes ont tué, violé, massacré, empoisonné nos puits, bombardé notre bétail et tué des tchadiens par centaines. Pourquoi ils ne doivent pas répondre de leurs crimes devant la Justice ? Au Tchad, il y a eu onze tendances politico-militaires à qui on ne reproche rien. A l’époque de Tombalbaye, tout s’est passé au Tchad. Avec Déby ce sont les pires régimes que le Tchad ait connus. Mais qu’est-ce que fait Déby ? Il règne par la terreur.

Donc vous voulez dire que Déby est le principal acteur de tout ce qu’on vous reproche ?

On veut rendre justice au Tchad et aux Tchadiens, n’est-ce pas ? Je suis totalement consentant. Je suis totalement d’accord qu’on organise une justice internationale indépendante, selon les normes du droit et que tous les Tchadiens à qui on reproche quelque chose viennent se présenter devant cette juridiction. Y compris Hissène Habré, y compris les anciens présidents du Tchad. Mais choisir un homme sur des bases tout à fait politiques, pour des intérêts économiques et financiers, chercher à l’éliminer et utiliser une couverture juridique, ce n’est pas sérieux.

Vous voulez dire que l’histoire du Tchad et celle de ses principaux acteurs doivent être jugées sans aucune exception.

Absolument. Pourquoi je dois être le seul à être jugé. Tout cela est ridicule.

Quel reproche faites-vous précisément à l’Union africaine (Ua) dans le cadre de votre dossier et par rapport à ses différentes positions qui n’ont pas été nécessairement marquées du sceau de la clairvoyance et de la clarté ?

L’Union africaine, c’est quoi ? Elle est venue après l’Organisation de l’unité africaine (Oua). Je connais de l’intérieur cette organisation. C’est un panier à crabes. Vous vous rencontrez dans des couloirs où on arrange et règle certaines choses et ensuite on organise une plénière pour applaudir à chaque résolution. Voilà comment les choses se passent. L’affaire Hissène Habré a suivi le schéma que suivent toutes les affaires importantes. On a réglé le problème à huis clos quelque part et on l’a amené au sommet de l’Union africaine. La deuxième chose, à l’Oua comme à l’Ua, qui mène ces organisations ? Ce sont trois ou quatre pays. Pas plus. C’est ça la réalité. L’Union africaine n’est pas une cour de justice. C’est ce que la Cedeao a dit. Est-ce que vous avez vu dans l’histoire de l’Oua ou de l’Ua un cas similaire ? Est-ce qu’il y a un seul cas similaire à celui de Hissène Habré ? Non, il n’y en n’a pas eu. Mais posez-vous la question. Pourquoi l’union africaine, au lieu de régler les grands problèmes de l’Afrique s’occupe de Hissène Habré ? Vous ne trouvez pas cela bizarre ?

Parce que Abdoulaye Wade le lui a demandé et il y a eu un précédant avec Charles Taylor.

En fait, cette décision d’amener l’affaire d’Hissène Habré à l’Union africaine, c’est Abdoulaye Wade et Mouammar Kadhafi. (Il insiste). C’est Wade et Kadhafi. Parce que la Justice a réglé le problème. Ils ont réfléchi et se sont demandé ce qu’ils peuvent faire. Habré a gagné sur le plan judiciaire, il a été blanchi par la plus haute juridiction sénégalaise. L’affaire est définitivement morte. Mais ils ont cherché à lui redonner vie et c’est comme ça qu’ils sont partis à l’Union africaine. Quelle est la position de cette organisation sur l’affaire Omar El Béchir ? Quelle est sa position par rapport à Kadhafi ? Vous voyez bien qu’elle fait deux poids deux mesures.

Expliquez-vous

Ces exemples en eux-mêmes sont des explications. Le rapport de force milite contre Omar El Béchir qui n’a pas en lui-même des amis chefs d’Etat pour faire le contrepoids…. C’est le rapport de force.

Aujourd’hui, vous avez tellement avalé des couleuvres au Sénégal que vous êtes dégoûté. Avez-vous envie d’aller ailleurs ?

Les gens ont l’habitude de juger des situations passées avec des lunettes du présent. Quand je demandais l’asile politique au Sénégal, il y avait au moins trois autres Etats qui étaient prêts à me recevoir. Mais j’avais des raisons de venir au Sénégal, car c’était une très bonne décision. Je ne regrette pas de l’avoir fait. Peut-être, si j’avais choisi une autre destination, ç’aurait été pire. Les populations sénégalaises ne m’ont jamais posé de problèmes. Au contraire. Elles sont restées mes amis, mes frères et sœurs. C’est cela qui est important. Si quelques politiciens pour des intérêts sordides cherchent à avoir la peau de Hissène Habré, c’est leur problème. Et cela, il y a des Sénégalais qui en souffrent. Mais oui ! Beaucoup de Sénégalais souffrent de cette dérive. Alors, je ne regrette pas d’avoir choisi le Sénégal, bien au contraire.

Avez-vous toujours tous vos documents qui vous permettent de voyager ?

Non (il insiste) ! Le président Diouf avait accordé des passeports diplomatiques à ma famille et à moi-même, mais les nouvelles autorités du pays les ont retirés. Elles ont repris ces documents qui pouvaient nous permettre de voyager.

Mais vous avez quand même votre statut d’exilé politique…

Officiellement oui !

Que peut-on retenir de votre passage à la tête de l’Etat ?

Je suis un être humain comme vous tous. L’humain est capable de bonnes choses comme de mauvaises choses. J’ai consacré l’essentiel de ma jeunesse à mon pays pour me mettre au service de mon peuple. J’ai combattu les armes à la main, et j’ai failli mourir plusieurs fois en attestent mes trois blessures de guerre. En tant que politique : j’ai des principes, des valeurs et des objectifs. J’ai œuvré pour l’unité nationale. J’ai aussi, avec très peu de moyens, travaillé pour le progrès économique et social. J’ai mis en place l’administration tchadienne. J’ai initié un certain nombre de projet dont celui pétrolier qui justifie en grande partie la position de la France. Pour moi le pétrole doit servir au peuple. Le Tchad avait 51% de parts dans l’exploitation. Il y avait en outre un programme de formation de cadres et un autre programme d’investissement avec les bailleurs de fonds, tout à fait dans les normes, pour la construction de la raffinerie du Tchad. Tout cela devait arriver à terme en 1992. Et ça allait profiter véritablement au peuple tchadien. Mais les gens d’en face n’en voulaient pas.

Ne regrettez-vous pas de n’avoir pas pu finir ce travail ?

Je ne regrette rien parce qu’objectivement les conditions étaient telles que je m’étais trop exposé. Je pouvais faire comme les autres. Etre un valet. Et c’est ça le problème de nos rapports avec la France. Elle veut des valets et non des interlocuteurs. J’ai donc pris le risque d’être libre et indépendant, et cela, je ne le regretterais jamais.

Votre position vous a coûté votre pouvoir…

Le pouvoir en soi était franchement contre mon objectif. Je le percevais comme un moyen, et non un acquis que je devais coûte que coûte garder. Je pouvais continuer la guerre pour m’accrocher au pouvoir, mais j’ai dit non, ce que j’ai bâti, je ne devais pas le détruire

Êtes-vous prêt aujourd’hui à retourner dans le maquis. Vous êtes très vieux, le maquis c’est fini

(Il éclate de rires) Je ne dis jamais c’est fini !

Interview réalisée par Abdou Latif COULIBALY, Pape Amadou FALL et Hamidou SAGNA


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1 Message

  • Le président Hissene Habré est un grand Africain, persoone n’en doute. Il fait parti de mes références dans ce domaine depuis les années 70, quand il était dans la rebellion. L’affaire Claustre nous a émerveillé au moment ou rares étaient les africains osant tenir tête au blanc colonisateur. Il est de la trempe des THOMAS SANKARA..., il s’est battu contre les français sans presque aucun moyen. Oser défier les français en ce temps la et de quelle manière, il faut avoir un idéal saint et du cran pour le faire. Cet acte de Wade n’honore ni l’Afrique encore moins le Sénégal. On ne peut pas se débarasser de quelqu’un d’aussi important de cette façon. Il faut que Wade cesse de chercher la diversion à chaque fois qu’il se sent coincé. S’il veut faire plaisir à sarkozy et se racheter en même temps de ses bourdes vis à vis de Khadafi, il faut qu’il sache que la vie d’un Homme a autrement plus de valeur que les manigances politiciennes destinées à positionner coûte que coûte son fils. Le président Habré ne se laissera pas faire, il faut voir son passé pour y croire.

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