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NOUVEAU LIVRE D’ABDOU LATIF COULIBALY
Lumière sur une « formidable escroquerie politique »

samedi 23 juillet 2011

« La République abîmée : Lettre à Abdoulaye Wade Yinghou » est le 6 è ouvrage de Abdou Latif Coulibaly. Présenté le dimanche dernier au public, le livre porte un regard dur sur la marche de l’Etat et les hommes qui nous gouvernent. Que de coïncidences ! Le livre que vient de publier le journaliste écrivain Abdou Latif Coulibaly, La République abîmée : Lettre à Abdoulaye Wade Yinghou, publié aux éditions « Sentinelles », arrive en effet au lendemain d’une journée d’émeutes au Sénégal. « C’est une heureuse coïncidence avec la journée du 23 juin », lâche le secrétaire général du Parti socialiste (Ps) Ousmane Tanor Dieng. Son propos a quasiment été repris par le gratin politico-intellectuel dakarois venu assister à la cérémonie de dédicace du dernier livre de A. L. Coulibaly le dimanche dernier. En plus du patron du Ps, il y avait le Pr Abdoulaye Bathily (Ld), Amath Dansokho (Pit), Mamadou Lamine Diallo (Tekki), le Pr Madior Diouf (Rnd), Mes Mame Adama Guèye et Boucounta Diallo, Bara Tall de Yémalé et nombre d’universitaires et d’écrivains comme Alioune Badara Bèye, Racine Senghor, entre autres. Présidant la séance, le philosophe Hamidou Dia tout comme le journaliste Soro Diop du quotidien a laissé entendre que le livre n’était pas un « brûlot ». « La grande originalité, c’est le biais pris par l’auteur à travers une mort de continuer son interrogation. C’est une réflexion sur le concept de république et de démocratie », précise Dia. Soro Diop, invité à livrer sa « lecture » du livre y découvre « la tragédie de la solitude d’un homme. Cet homme n’a pas besoin d’entourage ». La couleur est alors annoncée.

Même si le livre n’est pas un « pamphlet » comme le soutient Hamidou Dia, il inspire déjà aux lecteurs un regard bien critique, voire pamphlétaire. « Pourquoi les hommes qui ont longtemps séjourné dans l’opposition changent une fois aux affaires », s’interroge Mamadou Goumbala. Puis de se demander s’il est nécessaire de porter les hommes politiques au pouvoir. Le Pr Abdoulaye Bathily ne répond pas à la question mais délivre une certitude : « ce qui nous est arrivé avec Wade peut encore se reproduire ». Est-ce à dire que la politique relève de la fiction, du théâtre ? Il ya sans doute une bonne dose de comédie. C’est ce que sûrement le journaliste Bakary Domingo Mané a voulu dire. Lui qui a eu le privilège d’avoir lu Richard Muller, ce penseur français qui compare les hommes politiques à des comédiens dans son ouvrage « Ces comédiens qui nous gouvernent ». Pourtant, le livre Abdou Latif Coulibaly qui emprunte certes au registre romantique fait de pathétique, d’amour et de mort, se démarque de la fiction. A l’en croire, ce livre est le résultat d’une indignation et d’une révolte profonde. « La mort de ce garçon (Ndrl : Abdoulaye Wade Yinghou), martèle Latif, est la preuve d’une formidable escroquerie politique. Sa mort symbolise la mise en abîme de la République ». Le journaliste-écrivain dénonce dans ce nouvel ouvrage, présenté ce dimanche à Dakar, la répression policière. Il s’élève aussi contre l’irresponsabilité d’un ministre de l’Intérieur sous l’alternance qui eut la maladresse de dire protéger ses hommes quel que soit ce qu’on peut leur reprocher. Voilà sans doute ce qui fonde le Pr Pape Mody Niang (Afp) à dire : « les difficultés que nous avons aujourd’hui ne relèvent pas de l’ordre politique, mais de l’ordre moral ». Un mal que la jeunesse a commencé à régler. Le regard de Mamadou Lamine Diallo (Tekki) ne dit pas autre chose : « la jeunesse a tranché la gestion du présidentialisme en fort ».

Une allusion bien sûr à la journée du 23 juin. N’empêche, il ya encore du chantier. Et tel Lénine, selon le président de séance Hamidou Dia, « ce livre pose les jalons d’une réflexion endogène autour de la question « Que faire ? » Abdou Aziz Diop, politologue, lui voit que la charte de bonne gouvernance démocratique des Assises nationales s’incruste parfaitement dans le logiciel Trops. Un logiciel qui mesure les performances démocratiques. Vaste interrogation tout de même qui a commencé à opposer l’auteur à la classe politique notamment Ousmane Tanor Dieng. Ce dernier comprend l’impatience des hommes politiques à revenir aux affaires après 2 ans de transition comme suggéré par Bennoo siggil senegaal. Latif dégage en touche et plaide pour un mandat complet de 5 ans en faveur du Président de transition. Ce qui à l’en croire, nous mettrait à l’abri d’une série d’élections coûteuses. Et là, il ne suffit pas de dire que « la démocratie a un coût » pour convaincre le directeur de publication de La Gazette. S’inspirant de l’auteur d’André Gide, auteur du roman « Si le grain ne meurt », Abdou Latif Coulibaly voit en la mort du jeune Abdoulaye Wade Yinghou, tué lors d’une manifestation en banlieue contre les coupures de courant, « le présage d’un avenir meilleur ».

Hamidou Sagna


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