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CHAMBRE DE COMMERCE DE KAOLACK
Cent ans et des ambitions

mardi 12 juillet 2011

Le président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de la région de Kaolack Serigne Mboup invite l’Etat à une relecture de son compagnonnage avec les structures consulaires. Les chambres doivent être une interface avec les associations économiques et agricoles.

Kaolack comme Singapour, c’est le rêve de Serigne Mboup le président de la Chambre de Commerce, d’Indusrie et d’Agriculture de la capitale du Saloum. Opérateur économique d’envergure, Serigne Mboup n’a d’yeux que pour la cité-Etat Singapour dont le taux de croissance tournait autour des 15% l’année dernière. C’est un pays qui n’a comme potentiel économique que la force de travail de ses fils et leur intelligence.

Singapour n’a ni du pétrole, ni de l’or ni du diamant. Trouver de l’eau sur l’île est un véritable casse-tête et pourtant c’est l’un des pays les plus développés au monde. Une réussite qui fascine et dont veut s’inspirer Serigne Mboup qui connaît bien Singapour. Porté à la tête de la Chambre de commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Kaolack, Serigne Mboup se réjouit d’avoir présidé le centenaire de l’institution qu’il dirige depuis un an seulement. « Nous avons fêté avec faste cet événement en présence de hautes autorités de la République et en déroulant plusieurs panels qui auront permis aux différents secteurs de la Chambre de comprendre quels étaient les enjeux de la région au plan économique. »

Région carrefour aux potentiels économiques fort intéressants, Kaolack ambitionne de jouer un rôle de premier plan dans l’économie sénégalaise. La nouvelle équipe de la Chambre de Commerce de Kaolack a mis en place un plan stratégique 2010-2015 qui doit lui permettre de réaliser de manière méticuleuse ses ambitions en comptant surtout sur ses propres forces. Les points forts de ce plan stratégique tournent essentiellement autour de la réhabilitation du port de Kaolack et la réalisation d’un port sec. La capitale du Saloum peut jouer un rôle majeur dans l’économie sous régionale africaine en desservant des pays comme le Mali, la Gambie, la Guinée, le Burkina Faso. Parmi les autres axes prioritaires du plan stratégique, la réfection de l’aérodrome de Kanda et le développement du tourisme. L’objectif étant de créer un hub des affaires et une grande cité religieuse. Le président de la Chambre de Commerce insistera également sur l’ambition de réaliser l’industrialisation par la création de zones industrielles de petites tailles, le développement du textile et la promotion de la transformation. A ce propos Serigne Mboup fait le point sur l’usine de textile Sotexka qu’il a acquise et rebaptisée Domitexka. Une structure qui est au centre d’une grosse polémique. Serigne Mboup rassure à ce propos en indiquant que les tribulations sont presque finies concernant le sort des travailleurs car l’Etat va gérer les arriérés de salaires. Le redémarrage de l’usine est suspendu à ce règlement.

Domitexka est un enjeu de taille confie Serigne Mboup car l’Etat y a investi plus de 50 milliards et il n’a pu démarrer. « J’ai visité la structure, j’ai la conviction qu’elle peut être très opérationnelle mais le climat social est vicié par la question des arriérés de salaires. Les travailleurs voulaient m’obliger à les(arrièrés) prendre en charge, j’ai dit non par principe car ce n’était pas ma gestion. J’ai refusé de créer un précédent dangereux car demain d’autres investisseurs pourraient se trouver dans la même situation que moi à Kaolack ou ailleurs dans ce pays. »L’agriculture a toujours été le fer de lance de l’économie régionale. Il est prévu l’amélioration de la production et des circuits de commercialisation mais aussi la compétitivité des producteurs agricoles. A ce niveau, l’accès au crédit bancaire, la mise en place de mutuelles de fourniture de matériels et intrants agricoles seront privilégiés. Kaolack veut également son label « produits du terroir » pour mieux se positionner dans l’agrobusiness. La réussite de ses différents projets passe par un partenariat avec l’Etat et des institutions internationales. Le commerce kaolackois malgré son dynamisme est encore trop informel. Le meilleur produit sur le marché doit bénéficier d’une bonne promotion et d’un circuit de commercialisation adéquat pour être bien valorisé. La stratégie reposera à ce niveau sur la réalisation du « cœur de Kaolack » qui sera un vrai centre d’échanges et commercial, la modernisation du marché existant. Un grand chantier qui sera déroulé jusqu’en 2015. Serigne Mboup rebondit sur l’exemple de Singapour en sortant une photo d’archives datée de 1869, le port de Kaolack était plus beau et plus développé que celui de Singapour révèle-t-il en s’appuyant sur les illustrations de la monographie de l’étude historique, juridique et économique des origines à 1958 de « Kaolack : un port secondaire de la Côte Occidentale d’Afrique. » « Si Singapour est devenu le premier port du monde, c’est le 2ème plateau financier du monde alors que ce n’est qu’un grand louma. On y vend que du commerce et des services. » Les singaporiens et les japonais ne sont pas plus intelligents que les sénégalais, estime Serigne Mboup. « La seule différence se situe au niveau de l’encadrement. Le génie sénégalais est reconnu à travers le monde » D’où son engagement : « je peux vendre Kaolack mieux que Diamnadio où est implanté l’aéroport de Diass. »

Le patron de la Chambre de Commerce de Kaolack veut plus de moyens et invite l’Etat à avoir une relecture de sa démarche. Ainsi s’appuyant sur la gestion des registres de commerce qui doit être mis à jour par les chambres selon un décret présidentiel, Serigne Mboup s’interroge « comment voulez-vous mettre à jour des données que vous ne maîtrisez pas ? Si on nous laissait délivrer les registres de commerce, nous pourrions faire le travail de mise à jour. » Les Chambres de Commerce sont une instance de fédération de toutes les activités économiques dans une région relève Serigne Mboup. A ce titre, l’Etat devrait leur déléguer plus de pouvoirs en leur permettant d’être une interface qui prendra en charge toutes les questions soulevées par des organisations telles que l’Unacois, le CNCR et autres, selon lui. Le plaidoyer s’appuie sur les relations entre des pays comme la Gambie, le Mali, la Guinée et d’autres avec leurs chambres consulaires. Le Sénégal est largement en retard dans ce domaine révèle Serigne Mboup. Au moment où « les Chambres de commerce et d’industrie, doivent affirmer le rôle primordial qu’elles ont à jouer en tant que médiateur entre le secteur public et le secteur privé, les ONG et les entreprises, entre le formel et l’informel, ou encore en tant que structures autonomes. » « Osez entreprendre » est le slogan de la Chambre de Commerce de Kaolack qui ne néglige aucun aspect de la vie des populations de la région du Saloum. « Ainsi concernant le sport et surtout le football, la vision stratégique est de faire participer les jeunes dans l’économie sportive et d’augmenter leurs revenus. « Ceci peut se réaliser en sortant de l’amateurisme. Je peux aider le football et je le fais mais j’invite les dirigeants de club à sortir des chantiers battus. Les grandes nations de football ont une approche claire avec les investisseurs. Ce ne sont pas des bons samaritains mais des gens qui se fixent des objectifs sportifs et financiers. Je l’ai dit aux dirigeants du football kaolackois et je reste ouvert à leurs propositions », relève Serigne Mboup.

Recadrage

La sortie de l’ancien ministre des Sports dans l’émission « Sortie » sur walf TV accusant Serigne Mboup de l’avoir fait éjecter du gouvernement est formellement démentie par Serigne Mboup le patron de CCBM. Ce dernier explique qu’il a certes saisi les plus hautes autorités de l’Etat qui ont donné instruction à l’ancien ministre des Sports pour le règlement des véhicules achetés auprès de sa structure au profit des fédérations et du mouvement navétane. Une démarche que Bacar Dia a acceptée pleinement en donnant des instructions pour que le règlement soit fait. Ainsi Serigne Mboup dit ne pas comprendre la sortie de l’ancien ministre. « S’il a été viré du gouvernement, ce n’est pas de ma responsabilité » prévient-il.^

Pape Amadou FALL


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