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OUMAR ET FRED
La dérision : un remède au désastre de notre temps

mercredi 6 juillet 2011

Un duo est toujours délicat parce qu’il y a nécessité à fonctionner à deux avec le même entrain. Omar et Fred que connaissent bien les téléspectateurs de Canal étaient à Dakar pour le lancement de la ligne de vêtement D’OF DKR de la styliste Claire Kane. L’humour est leur crédo.

Omar et Fred sont venus à Dakar pour une opération caritative dont l’initiatrice est la styliste Claire Kane qui a conçu une ligne de vêtement ( Sweet det accessoires) aux initiales de Omar et Fred et les bénéfices sont allés à la pouponnière de Médina. Une ligne de vêtement conçue selon Claire Kane sous le signe de la dérision. Oumar et Fred, animateurs de sketch dans le Grand Journal de Canal sont deux amoureux de la vie qui ont pris le parti de semer la bonne humeur sur scène et sur petit écran. Ils adorent détourner les situations les plus douloureuses, en fou rire. « Nous aimons la vie mais en même temps nous sommes des craintifs, des sensibles. Toutes situations horribles, dures nous perturbent et notre manière de les combattre, c’est de mettre en évidence leur absurdité par le rire. Finalement, les situations les plus dures sont les plus drôles ». Telle est la conviction de Omar qui dans un sketch avec son alter égo Fred mettent en scène un immigré déflaté par son patron mais qui ne peut admettre cette situation. Alors, il fait semblant de ne rien com prendre aux propos de ce patron qui veut le jeter à la rue comme un vulgaire papier kleenex. Situation tragicomique ponctuée de quiproquos, de supplications et de franche rigolade. On sent qu’entre les deux comiques s’instaure une relation d’amitié qui a commencé il y a treize ans de cela et que tous deux sont de bons camarades de jeu.

L’humour que mettent en place Omar et Fred est un pot pourri de comique de situation, de jeu de mots et d’histoires drôles. Leur humour peut naitre tout aussi d’un silence, d’un mot, d’un mot au milieu d’un silence ou un silence au milieu d’une situation. Pour tester l’idée qui leur saute à l’esprit, ils la tournent et la retournent dans tous les sens pour en jauger la valeur, avant de la servir au public : « Egoïstement, dit Omar, si un sketch que nous tentons de mettre en place, nous fait rire, nous l’adoptons et le proposons au public. Je pense que nous deux, sommes un bon échantillon du monde. Si cela nous fait rire, nous savons qu’il fera rire une partie de l’humanité. Au fond nous sommes tous pareils. » Leurs historiettes sont écrites à deux mains. Un vrai travail d’équipe dans lequel chacun se considère le complément de l’autre ; le client de l’autre. Une écriture collégiale qui nécessite une adaptation en fonction du public car Omar et Fred naviguent de la scène au studio de télé : deux publics différents, deux exercices totalement différents. Ce n’est pas évident, mais, ils aiment les deux. « A la télévision, explique Omar, nous déposons notre cassette, pour nous sauver ensuite. Si le coup est raté, c’est raté. Or sur scène, la sanction du public est immédiate, mais il y a possibilité de se rattraper ». D’entrée de jeu, le contact avec le public n’est jamais acquis d’avance. Il faut savoir prendre la température, traquer les indices qui vous donnent une claire vision de la nature du public. A-t-on à faire avec un public conquis d’avance ? Un public avec qui on est en contact pour la première fois et qui ignore le contenu de votre spectacle ? Ou est c e un public qui attend de voir ? Tout est question de sensation et de la manière avec laquelle le public accueille l’artiste. Ce contact avec le public et la sensation qu’il laisse est selon Omar, quelque chose d’inexplicable, d’indéfinissable mais très jouissive.

Le travail télévisuel fourni par les deux comédiens est de toute autre nature. Il s’agit de jouer devant une caméra sans public alentour et capturer les blagues sur bande tout en simulant le direct. Le sketch doit passer comme lettre à la poste dés la première ou seconde prise. S’il faut recommencer et recommencer encore, cela signifie tout bonnement que le travail d’écriture n’est pas abouti et qu’il va falloir le ranger dans le tiroir « à peaufiner plus tard ». S’il est franchement mauvais, c’est aux oubliettes qu’on le retrouvera estampillé : « Pas le purgatoire pour celui-ci ». Donc pas de réécriture. La complicité de Fred et Oumar date de 13 ans. Fred était stagiaire dans une radio. Omar faisait les faux auditeurs dans la même radio. Ils se retrouvèrent quelques temps après dans la même émission. Un jour, ils furent envoyés en séjour par Canal à Cannes. Le budget pour les stagiaires dans cette télé n’était pas consistant on les mit dans la même chambre d’hôtel. Ils devaient se partager le même scooter pour leur déplacement. Ils se retrouvèrent à faire les mêmes choses. Ils découvrirent une complicité qui fit d’eux, un duo. Après leur premier passage devant le public sénégalais, l’envi de revenir avec des textes plus adaptés a pris Omar, franco sénégalais originaire du Fouta et Fred. Ils ont signé des autographes et des dédicaces jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Baba DIOP


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