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39EME EDITION DE LA JOURNEE MONDIALE DE L’ENVIRONNEMENT
La réduction inquiétante des forêts

dimanche 19 juin 2011

A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a célébré la 39ème édition de la Journée mondiale de l’environnement. L’occasion de revisiter la situation alarmante dans laquelle se trouvent les forêts, sources de vie et de moyens de subsistances.

La Forêt classée de Mbao a accueilli samedi dernier la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. Pour cette 39ème édition, le thème choisi par la communauté internationale est : « Forêts : la nature à votre service ». Un thème rempli de significations. En effet, alors que les biens et services que procurent ces écosystèmes à l’humanité sont considérables, leur dégradation avance à pas de géant, compromettant le bien-être de millions de personnes. Les forêts du monde reculent. Selon les estimations de l’Organisation mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), 13 millions d’hectares de forêts ont été détruits à travers le monde au cours de la décennie 2000-2010. L’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes en payent le plus lourd tribut. Au Sénégal, la situation est aussi alarmante, notent les chercheurs. Sur cette même période, « ses forêts ont reculé en moyenne de 42 500 hectares », estime le Professeur Bienvenue Sambou, Directeur de l’Institut des Sciences de l’Environnement (Ise) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Des données corroborées par le rapport sur la Situation Economique et Sociale du Sénégal, édition 2009 de l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (Ansd). Selon cette étude, la superficie des forêts naturelles du Sénégal est passée de 11 millions d’hectares dans les années soixante à 6,3 millions à nos jours, citant la FAO. Soit une baisse de 42,7% du potentiel des forêts naturelles.

Plusieurs éléments expliquent, au Sénégal, cette tendance à la dégradation des forêts. Parmi ces derniers figure la production de charbon de bois estimée à 59 948 tonnes en 2009. Soit une hausse de 34,6% par rapport à 2008. Autres éléments pointés du doigt : la production de bois de chauffe et les feux de brousse. En 2009, ces derniers ont occasionné la perte de 184 419 hectares note le rapport de l’Ansd.

Souvent passées sous silence, certaines décisions politiques ont aussi largement contribué au recul des massifs forestiers sénégalais. « C’est le cas notamment de la tendance au déclassement de certaines forêts » note le rapport sur l’Evaluation de la Biodiversité et des Forêts tropicales au Sénégal de l’Usaid. Cette pratique a connu une recrudescence au cours des deux dernières décennies. Touchées par ces mesures, les forêts classées de Pout, de Khelcom, de Diass et de Bandia en sont des exemples patents. Par cet acte, l’Etat participe à l’accélération du processus de dégradation de certains massifs forestiers déjà fragilisés par les conditions climatiques désastreuses qu’a connues tout le sahel.

Support de la biodiversité

Pourtant les biens et services que procurent les forêts sont nombreux et variés. La vie, les systèmes économiques et les sociétés doivent leur existence à ces écosystèmes. En plus de leurs apports considérables aux industries du bois et de la biotechnologie, les forêts abritent l’essentiel de la biodiversité terrestre. Elles participent à la prévention de l’érosion des sols, à l’entretien de la fertilité des sols, et à la séquestration du carbone atmosphérique. Une solution pour faire face au réchauffement climatique ! Les forêts offrent également des moyens de subsistances locaux, fournissent du combustible, apportent méthodes de soin traditionnels et aliments aux communautés locales. Enfin, elles sont le fondement de nombreuses cultures. La récolte des produits forestiers soumet les forêts du monde à une grave pression.

Initiée pour la première fois en 1972 lors de la conférence de Stockholm (Suède) et célébrée le 05 juin de chaque année, la journée mondiale de l’environnement est un moyen par lequel la communauté internationale tente de susciter une prise de conscience du grand public concernant la protection de l’environnement. Une urgence planétaire au vu du rythme auquel l’environnement terrestre se dégrade. Trente-neuf ans après Stockholm, les résultats restent mitigés. En attendant le grand sursaut, les forêts continuent leur recul.

Ahmed DIAME


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