Accueil du site > Actualités > Monde > Aide n’est pas charité

IVè CONFERENCE DES PMA
Aide n’est pas charité

samedi 11 juin 2011

Les mêmes diagnostics qu’à Bruxelles sont établis à Istanbul. Tous souhaitent plus d’avancées pour réduire le nombre de Pays moins avancés.

La IV è conférence des Pays les moins avancés s’est ouverte quasiment sur le même refrain : l’aide n’est pas la charité. Ces mots ont été martelés à la fois par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon et le président de la Commission de l’Union européenne José Manuel Barroso. Ces deux personnalités s’exprimaient ce matin du lundi 9 mai 2011 à l’occasion de la IV è Conférence des Pays les moins avancés. Tous les orateurs se sont penchés sur les statistiques dans les pays les moins avancés. Ainsi, à l’instar du secrétaire général des Nations unies, ils se sont tous souvenus de 1971. A cette date, la Communauté internationale avait recensé 25 PMA. Aujourd’hui, ils sont 48 avec près de 900 millions d’habitants. Là, une personne vit avec 1 euro par jour. Le plus dramatique est que dans les 15 pays où interviennent les forces des nations unies, 8 sont des PMA. De quoi faire dire au chef de l’Etat béninois, Boni Yayi que de nombreux défis restent à relever. Il s’agit pour lui des progrès lents dans la lutte contre le Vih et le paludisme, de l’emploi des jeunes, du taux de scolarisation des filles encore bas et des crises multiformes. Sans compter les longs trajets que des enfants continuent de faire pour aller à l’école, selon Jhalanath Khanal, Premier ministre du Népal.

Justement, se faisant plus précis, le président de la Commission de l’Union européenne José Manuel Barroso dira que les « PMA sont à l’épicentre d’une crise de développement permanente ». En témoigne la faiblesse de leur part dans le commerce mondial, soit 1 % seulement. N’empêche, le chef du gouvernement népalais est loin d’être affecté. « Nous sommes à l’aube d’une période de confiance », a-t-il laissé entendre. Même s’il reconnaît que les PMA sont les plus en retard pour les OMD. Que faire ? Le chef de l’Etat béninois veut un paquet de mesures pour un partenariat renouvelé, Barroso appelle le secteur privé à créer des richesses pour des emplois, Ban Ki Moon plaide pour une gestion avisée et une gouvernance soutenue par les principes de démocratie. En tout cas, les potentialités reconnaissent que les intervenants sont là. Il s’agit des nombreuses ressources naturelles et d’une population essentiellement jeune. C’est à cela qu’il faut ajouter l’aide des pays développés. Et dans ce registre, Barroso semble se réjouir des 53 milliards d’euros de l’Ue. Une manne financière jamais déboursée en faveur des PMA. Puis de rappeler l’objectif de son institution de porter cette aide de 0,15 à 0,20 d’ici 2015. Mais, à l’en croire, l’aide est une base pas une condition au développement. Cette aide pourra, selon Ban Ki-Moon, insister sur l’agriculture qui compte plus de 70 % des travailleurs des PMA.

Là, il suffit pour Ban Ki Moon de savoir investir. Une chose est sûre pour le Premier ministre du Népal : cette conférence doit donner les grandes lignes d’orientation. Une façon de dire que la conférence sur les PMA à Bruxelles est restée au stade des vieux pieux. Tirant la leçon, le chef de l’Etat de la Turquie, président de la séance et premier à prendre la parole a appelé à une conférence de suivi pour garantir le succès de la rencontre.

AHMET DOVUTOGLU, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE TURQUIE
« Il faut changer le concept de Pays les moins avancés »

« Le concept de Pays les moins avancés est péjoratif ». C’est la conviction du ministre des Affaires étrangères de la Turquie, M. Ahmet Dovutoglu. Il est d’avis que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon soutient que le terme est problématique. Beaucoup de ces pays n’étaient pas des Pma. C’est le cas du Népal, du Bengladesh. Ce dernier pays était au 19 è sicle un grand producteur de soie. Le Mali est un concentré de civilisations et de richesse incarné par Tombouctou avec sa mosquée miraculeuse qui remonte au 13 è siècle. A la place de Pays les moins avancés, M. Dovutoglu demande de réfléchir sur des termes comme Pays à développer, Pays à potentiel de développement, Pays face à un défi. « Il faut y réfléchir pour respecter la dignité des Pma », dira-t-il, fortement ovationné, à la veille de la clôture de la IV è Conférence d’Istanbul.

EGALITE DES SEXES ET AUTONOMISATION DE LA FEMME
Investir sur les femmes

La problématique femmes a fait l’objet d’un certain examen à la IV conférence des Pma. Tous s’accordent à investir plutôt sur les femmes. « Investir sur les femmes a un effet multiplicateur. » C’est la conviction du ministre d’Etat ; ministre chargée des Femmes et des Enfants de Bengladesh Mme Shirin Sharmin Chowdhury. Elle s’exprimait ainsi lors du forum portant sur le thème « Le développement humain et social, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ». Au cours de la rencontre qui a réuni plusieurs sommités du système des Nations unies et de fortes personnalités telle l’ancienne présidente du Chili Mme Michelle Bachelet, tous se sont presque accordés pour reconnaître que les femmes sont le moteur du développement. « Si les femmes réussissent, elles tirent vers l’avant toute leur communauté », a martelé le Directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population, M. Babatunde Osotimehin. Pour lui, « le temps est venu d’investir dans les femmes, surtout les jeunes femmes », précise-t-il. Pour s’en convaincre, le Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, M. William Lacy Swing alerte : « les femmes envoient plus d’argent que les hommes ». Dans ce même plaidoyer, la Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive de l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme Mme Michelle Bachelet, par ailleurs ancienne présidente du Chili dira que 90 % des revenus des femmes sont injectés dans la sécurité alimentaires et les frais scolaires. De quoi faire dire à William Lacy Swing que les femmes ont la clé pour déverrouiller le développement social et humain. A cette compétence, Mme Bachelet ajoute leur efficacité pour consolider la paix. En quoi il faut les associer aux accords de paix. Mieux, « les femmes doivent être au cœur de l’agenda de la sécurité et de la paix », dira Mme Bachelet. Elle qui a, en outre, plaidé pour qu’on soutienne l’engagement politique des femmes. Ainsi, on pourra, sans doute, améliorer la représentativité parlementaire des femmes estimée aujourd’hui, sans doute, améliorer la représentativité parlementaire des femmes estimée aujourd’hui à 19 %. Même s’il est vrai que le Rwanda passe pour un modèle positif dans ce domaine avec 56 % de femmes parlementaires. Pour y arriver, il faudra inverser la tendance. Faire alors en sorte d’octroyer plus des 10 % de crédit pour les femmes, multiplier leur taux d’accès à l’école et réduire la mortalité maternelle.

Hamidou SAGNA, Envoyé spécial à Istanbul


  Dans la même Rubrique :
« Pour moi, il n’y a pas de doute, c’est l’exécution d’un complot visant mon élimination physique »
« Les hommes d’affaires doivent penser à faire des investissements en partenariat avec leurs homologues des Pma »
Le Sénégal vote Christine Lagarde
Aide n’est pas charité
La société civile déçue

Réagir à cet article

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)